L’émancipation,
une construction consciente.

Qui est Kofo Akinkugbe, la Nigériane qui produit des SIM ?

 

Le talent, l’innovation et la détermination résument le parcours de cette jeune dame nigériane qui s’est imposée dans un domaine d’avenir. Il s’agit de Kofo Akinkugbe l’un des leaders d’opinion africains en matière d’entrepreneuriat et d’innovation dans le secteur de la technologie. Aujourd’hui, elle a une compétence inédite lui permettant d’être propriétaire de la première entreprise de fabrication de carte SIM et de carte à puce en Afrique de l’Ouest.

Fondatrice et PDG de SecureID Nigeria Ltd, leader du marché de la technologie des cartes SIM et de la sécurité numérique, Kofo Akinkugbe est reconnue partout dans le monde entier pour sa réussite entrepreneuriale et ses solides compétences en commerce, le second aspect qui la rend performante. Il n’était pas évident de se lancer, et encore moins d’obtenir la souscription du plus grand nombre lorsqu’on est une jeune femme d’Afrique qui souhaite se lancer dans un domaine comme la technologie de pointe. Kofo brise les clichés et redonne l’espoir à la jeunesse africaine, notamment aux femmes entrepreneures.

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Pilotée par Kofo, l’entreprise numérique nigériane, SecureID est une firme à standard mondial. Elle est spécialisée dans la production des cartes à puce en Afrique de l’Ouest et l’une des six du continent. L’entreprise exporte dans 21 pays africains. Par sa qualité de production, elle est complètement certifiée par VISA, Verve et MasterCard. Son travail de qualité a été salué en 2012: elle a remporté le prix Africa Awards for Entrepreneurship Mature Business Award.

Kofo Akinkugbe vient de loin

Diplômée en mathématiques de l’Université de Lagos, celle qui rêvait de révolutionner le monde numérique a débuté sa carrière dans le secteur bancaire. Avec 12 années d’expérience en commençant par International Merchant Bank (filiale locale de la First National Bank de Chicago) avant de rejoindre l’équipe de la banque en tant que membre du personnel pionnier.

Très ambitieuse, elle a créé Interface Technologies, une entreprise de gestion de la sécurité et de technologies biométriques. Titulaire d’un Master de l’Université de Strathclyde, elle a eu le privilège de diriger avec succès Interface Technologies Ltd. (ITL) durant neuf ans, avant de créer SecureID Nigeria Ltd, la première usine certifiée VISA en Afrique subsaharienne, qui fait aujourd’hui la fierté de l’Afrique en générale et la sous-région ouest africaine en particulier.

Elimu

6 choses à savoir sur le Dr Mark Dean, l’inventeur noir responsable du PC moderne

Il y a des histoires que personne n’a intérrêt à raconter aux Noirs. Celle du Dr Mark Dean est symptomatique du déni que la société occidentale accole au génie Noir. Une simple requête wikipedia sur son nom vous en convaincra. Nous avons donc la responsabilité d’honorer nos génies et nos figures historiques. C’est précisément ce que nous faisons ici en vous racontant l’histoire d’un des hommes et des femmes qui ont contribué à changer la face du globe, rien de moins.

Lorsqu’on parle de révolution numérique, de l’âge du digital, on ne parle jamais de lui. Pourtant il est aussi important, si ce n’est plus, que les plus grands noms des GAFAM.

Parlez-en a vos enfants, cette personne peut-être une inspiration pour les générations futures qui devront, quoi qu’il arrive, vivre avec le produit de ses inventions: l’informatique moderne.

Début de carrière et éducation du Dr Mark Dean

Mark Dean (2 mars 1957) a commencé sa carrière chez IBM en tant qu’ingénieur travaillant sur les tout premiers ordinateurs personnels dans les années 1980. Dean devrait être aussi célèbre que Steve Jobs, Bill Gates et Steve Wozniak pour ses contributions exceptionnelles aux PC, ordinateurs portables et autres appareils modernes.

En 1979, il est major de promotion  dans sa discipline à l’Université du Tennessee et a ensuite travaillé pour IBM. Dean a également obtenu un diplôme en génie électrique (computer science) de la Florida Atlantic University en 1982 et un doctorat dans ce même domaine à la Stanford University en 1992.

Un PC plus efficace et plus productif

En 1981, au cours de ses premières années chez IBM, Dean et un collègue ont créé le bus ISA, qui était destiné à rendre les PC plus utiles dans les bureaux et les entreprises. Les imprimantes, scanners, moniteurs et pilotes de disque pouvaient désormais être connectés directement aux ordinateurs eux-mêmes. L’image ci-dessus montre à quoi ressemblait le premier bus ISA.

 

Dean détient 20 brevets

Dean a passé toute sa carrière à travailler chez IBM. En fait, son travail était si révolutionnaire qu’il détient trois des neuf premiers brevets de la société informatique sur les inventions sur lesquelles tous les PC sont basés. Par exemple, il a travaillé sur la première carte graphique couleur qui permettait aux moniteurs d’afficher la couleur. Dans l’ensemble de sa carrière, Dean détient 20 brevets pour ses diverses inventions et la plupart d’entre elles proviennent d’inventions IBM.

Ordinateurs intelligents

En 1999, Dean a dirigé une équipe de programmeurs pour développer l’un des tremplins de la technologie informatique moderne – la première puce gigahertz. La puce du microprocesseur CMOS est remarquable car elle a traité un milliard de calculs et de grandes quantités de données en une seconde. Un cap a été franchi avec cette puce révolutionnaire.

 

Leader chez IBM

Avec tout son succès sur le PC, IBM a choisi Dean pour devenir vice-président des performances de la division RS / 6000 en 1997. Dans son nouveau rôle, il a agi comme un homme d’idée, proposant de nouveaux produits qui changeraient la façon dont la technologie affectait la vie courante. L’une de ses idées était pour la tablette électronique. Deux ans plus tard, il est devenu directeur du Austin Research Lab d’IBM, où il a développé la puce gigahertz. À la fin des années 90 et 2000, il a été vice-président de plusieurs départements IBM.

Héritage

En 1996, Dean a été nommé IBM Fellow, ce qui fait de lui le seul employé noir de l’entreprise à obtenir cet honneur. Pour ses réalisations incroyables, il a également été intronisé au National Inventors Hall of Fame et a reçu le prix du président du Black Engineer of the Year Award en 1997. En 2001, il a été élu membre de la National Academy of Engineers (NAE).

Elimu

source

Qui était GERONIMO PRATT, parrain de 2Pac et membre des Black Panthers?

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Geronimo Pratt est né Elmer Pratt le 13 septembre 1947 à Morgan City, en Louisiane. Il était l’un des six frères et sœurs nés de Jack et Eunice Pratt. Ses parents possédaient une petite entreprise de récupération de ferraille. En grandissant, Pratt appréciait ses études et était un excellent élève. C’était aussi un bon athlète. Il était le quarterback de son équipe de football au lycée.

Armée

En 1965, Pratt, âgé de 18 ans, entra dans l’armée américaine. Il a été envoyé au Vietnam, remplissant deux mandats avec distinctions. Il a remporté deux étoiles de bronze, une étoile d’argent et deux coeurs violets. En 1968, il a reçu une distinction honorable.

Éducation

À son retour du Vietnam, Pratt s’est installé à Los Angeles, en Californie. Profitant du GI Bill, il a étudié à UCLA. Alors qu’il fréquentait l’école, il a rencontré Alprentice ‘Bunchy’ Carter, chef du chapitre du sud de la Californie du Black Panther Party (BPP). Après l’assassinat de Bunchy (paix à son âme) en 1969, Pratt décida de rejoindre le BPP. Il a pris le nom de « Geronimo », en hommage à un chef apache éminent et chef de la résistance à la domination américaine et mexicaine, et à « Ji-Jaga », au nom d’un peuple d’Afrique Centrale

Black Panther Party

En rejoignant le BPP, Pratt a été déclaré ministre de la Défense et chef du secteur de Los Angeles. Maintenant affilié à un parti politique considéré comme une menace pour la sécurité nationale, Pratt est devenu une cible. Le FBI et son programme de contre-espionnage (en réalité de contre-insurrection ndlr), de surveillance et de destabilisation des activistes Afrodescendants, COINTELPRO, surveillaient de près Pratt.

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Persecutions

Peu de temps après son adhésion au BPP, Pratt est victime de COINTELPRO. Les autorités l’ont accusé du meurtre de l’institutrice Caroline Olsen en 1968. Olsen a été abattu lors d’un braquage à Santa Monica. Johnnie Cochran (avocat célèbre pour son procès gagné en faveur de OJ Simpson ndlr), qui faisait partie de l’équipe juridique de Pratt, a affirmé que celui-ci se trouvait à une distance de 350 km pour assister à une réunion du BPP pendant la période du meurtre. En dépit de ce fait et du fait que le mari d’Olsen avait déjà identifié le tireur, Pratt a été reconnu coupable. Son verdict de culpabilité peut être attribué en grande partie à la supposée déposition de Julius ‘Julio’ Butler, témoin.

Prison

Pratt a été condamné à 27 ans de prison. Huit de ces années ont été passées en isolement. Cochran a travaillé sans relâche pour faire en sorte que Pratt voie justice. En 1996, il a obtenu un nouveau procès et a été libéré en 1997. Le président du tribunal a annulé la décision parce que le bureau du procureur général n’a pas informé le jury initial que Julio Butler était un informateur rémunéré du FBI.

Famille

En 1971, sa femme Saundra a été tuée alors qu’elle était enceinte de 8 mois et son corps a été laissé dans un fossé. L’assassinat a été attribué à l’époque à un schisme entre les partisans de Huey Newton et ceux d’Elddridge Cleaver; Pratt et sa femme appartenaient à la faction Cleaver. Plus tard, Pratt pensa que ce récit était un mensonge du FBI et que le meurtre de Saundra n’était pas lié à ses activités au sein du Black Panther Party.

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Activisme

Pratt a également gagné un procès pour emprisonnement injustifié et a reçu 4,5 millions de dollars. À sa libération, il a consacré sa vie à faire du lobbying auprès des personnes incarcérées à tort. Au cours de ses dernières années, il a effectué un rapatriement en Tanzanie, avec la fille des ex-membres du BPP, Eldridge et Kathleen Cleaver. Geronimo Pratt est décédé le 2 juin 2011. Il avait 63 ans.

2pac lui a dédié son morceau « I ain’t mad at cha » ainsi qu’a son père adoptif, Mutulu Shakur qui n’était autre qu’un proche amis et partenaire chez les BPP de Geronimo Pratt. 

Traduit par la Team OJAL

T.I rachète des quartiers d’Afrodescendants à Atlanta

La conscience d’une responsabilite communautaire

Connaissez-vous Yacouba Sawadogo? Vous devriez: il s’agit de l’homme génial qui a arrêtré la progression du desert dans son village natal de gourga au Burkina Faso. Quel rapport avec un rappeur multimillionaire T.I? A priori à part leur couleur de peau pas grand chose.

 

Viacom Summer TCA
CREDIT: Phillip Faraone/Getty Images pour Viacom

T.I n’arrête pas le desert mais il s’est attaqué à un phénomène économique et social qui touche de très nombreux quartiers afro-américains: la gentrification. C’est ce phénomène qui veut que des bobos fils à papa blancs viennent dans ton quartier car il leur évoque la dure vie du ghetto qu’ils ont vu dans les clips des années 90 et qu’ils s’y installent en masse, faisant ainsi grimper le prix du loyer. Qui dit hausse du prix du loyer dit disparition des classes laborieuses qui ont justement donné l’âme au quartier. S’en suit une paupérisation, un nouvel exode des plus démunis vers des zones encore moins bien pourvus d’infrastructures, écoles hopitaux etc. Un grand remplacement à l’envers en somme.Tout comme le sable avait repris ses droit sur la forêt.

Un partenariat entre de grands acteurs, tous Afrodescendants

Ce phénomène n’est pas nouveau mais la plupart des gens le voient comme une conséquence logique et innarrêtable de l’urbanisation des grandes villes. Ce n’est pas le cas de tout le monde. Comme vous le savez aux states les renois sont organisés à des degrés qu’on n’imagine même pas dans nos villes européennes. Tenez vous bien, c’est le genre de collaboration qui envoie du lourd. Donc le gars T.I s’associe avec une société immobilière nigeriane (Dynasty Real Estate) et une organisation dont l’objectif est toute une inspiration pour l’OJAL: « Revitaliser et reconstruire des communautés, un quartier à la fois. »Il s’agit de la Urban Planning Management, qui s’attèle à ce gros problème depuis plus de trente ans.

 

Redonner vie a des quartiers entiers


Ce trio panafricainement éclatant a donc eu pour objectif de racheter des quartiers entiers où vivent des Afrodescendants pour revitaliser et « dégentrifier » ces quartier d’Atlanta, ville d’origine du rappeur. Ce mouvement est connu sous le sloggan « buy back the block ». En clair il vont redonner vie à des quartier en rachetant des immeubles pour en faire des logements accessibles pour la communauté qui avait historiquement donné vie à ces quartiers. C’est tout bonnement revolutionnaire et foutrement inspirant. Ca change des business du genre « je vais créer ma marque de Whisky » ou bien « je vais ouvrir une chaîne de fastfood ». Il s’agit d’une initiative ultra positive, communautaire, qui donne du sens à ce mot et crée de l’unité en même temps qu’un avenir moins sombre pour des milliers de gens. Car ils l’achètent ensemble leur quartier, ce qui est gage d’une preservation de l’habitat. Que demande le peuple? 

Big Up au talentueux T.I pour ce geste qui on l’espère inspirera d’autres personnes de sa stature. SALUTE!

pour en savoir un peu plus sur ce mouvement dont nous devrions nous inspirer asap: 

https://www.buytheblock.com/

source: vibe.com

Ojalezvous!  

Adebayo Ogunlesi, le milliardaire afro qui possède 5 aéroports européens!

L’excellence chez les Nigerians

Il y a un esprit appelé esprit d’excellence associé à tous les Nigérians (et par extension à tous les Africains), peu importe où nous nous trouvons partout dans le monde. En dépit de tous les défis auxquels nous avons été confrontés en tant que nation, nous sommes restés tenaces, résilients et repoussons les limites. (c’est une traduction d’un article Nigerian ndlr).

Mr Adebayo Ogunlesi avec sa femme le Dr. Amelia Quist Ogunlesi

French Days

La methode OGUNLESI: Travail et discretion

Adebayo Ogunlesi n’est pas connu au Nigéria comme Dangote, Adenuga, etc. Mais au Royaume-Uni, il est une icône, un pionnier de l’industrie aéronautique, il a été le premier à avoir L’aéroport de Gatwick et aussi il a acheté 4 autres, tous au Royaume-Uni. Ogunlesi est un homme qui ne croit pas au buzz et aux phénomènes de médias, c’est quelqu’un qui laisse parler son travail.

Alors que le Nigeria envisage d’avoir sa compagnie aérienne nationale, Nigeria Air, qu’en est-il de quelqu’un comme Adebayo Ogunlesi qui peut transformer l’aéroport de Lagos en un aéroport d’affaires et touristique de classe mondiale, comme il a pu le faire avec l’aéroport de Gatwick. Il a également racheté l’aeroport d’Edimbourg. Il est plus connu au royaume unis qu’au Nigeria, c’est un comble!

 

Un parcours  brillant

Ogunlesi est originaire de Makun, Sagamu, État d’Ogun au Nigeria. Il est le fils de Theophilus O. Ogunlesi, le premier professeur de médecine nigérian à l’Université d’Ibadan. Sa famille est d’origine yoruba. Ogunlesi est allé à King’s College, à Lagos, une école secondaire à Lagos, au Nigeria. Il a reçu un B.A. avec mention très bien en philosophie, politique et économie de l’Université d’Oxford en Angleterre (major de promo). En 1979, il a reçu un J.D. magna cum laude de la Harvard Law School et une maîtrise en administration des affaires de la Harvard Business School, qu’il a poursuivie en même temps. Durant son séjour à Harvard, il était membre de la Harvard Law Review.

 

Adebayo « Bayo » O. Ogunlesi (né le 20 décembre 1953) est un avocat et banquier d’investissement né au Nigeria. Ogunlesi est actuellement président et associé directeur de la société de capital-investissement Global Infrastructure Partners (GIP). Ogunlesi était l’ancien responsable de Global Investment Banking chez Credit Suisse First Boston avant d’être promu au poste de Chief Client Officer et Executive Vice President. Il est marié à l’optométriste de renom, le Dr. Amelia Quist Ogunlesi. Il est le seul africain dans le think tank Forum Strategique et Politique, un groupe de 16 puissants PDG qui conseil Donald Trump. Gageons que l’expression « Pays de merde » n’était pas son idée!

Esperons également qu’on le rencontrera dans les politiques Africaines et notamment peut-être à la Banque Africaine de Developpement (BAD) vu ses talents de banquier. L’excellence induit une responsabilité communautaire, l’un des mentra de l’OJAL que vous n’oublierez pas de sitôt…

Source : HowAfrica.com
Elimu

 

De la Martinique à Mayotte en passant par Lyon : Guide de survie afro en territoire français

5 choses à savoir pour survivre sous suprématie blanche
On se rappelle de la vidéo de l’artiste Kalash dénonçant l’emprise des Béké sur l’île de la Martinique, qui est comme la Réunion, la Guyane, Mayotte et la Guadeloupe ainsi que les nombreux « Territoires d’Outre-Mer » UNE COLONIE FRANCAISE. 
 
 
 
On dirait que ces dernières années, la jeunesse afrodescendante de France se réveille et constate de la place qu’on leur donne dans ce pays qu’ils pensaient être le leur… On peut remercier Internet et les différents médias et pages Facebook qui informent quotidiennement notre jeunesse sur la réalité du monde mieux que les médias nationaux et la TV… En effet, il est de plus en plus difficile de nier les faits qui nous sautent aux yeux : l’affaire Naomi Musenga, « la Nuit des Noirs » de Dunkerque et leur blackface soutenu par les autorités locales comme nationales, la récente crise à Mayotte, en Guyane, les meurtres de la police française …etc Aujourd’hui, nous sommes informés, et ceux qui ne veulent pas entendre n’ont qu’à mettre des boules quiès!
 
A l’Organisation de la Jeunesse Afrodescendante de Lyon, ce sont des choses que nous dénonçons depuis plusieurs années déjà, car nous sommes au fait du racisme institutionnel français. C’est Kwame Ture (Stokely Carmichael) qui a mis à jour la notion fondamentale de « racisme institutionnel » : Le racisme institutionnel est la forme la plus sournoise de racisme puisque non seulement il échappe aux lois qui généralement condamnent les actes de racisme dans les sociétés occidentales, mais encore parce qu’il s’insinue dans la législation elle-même, y compris dans la législation censée lutter contre le racisme. 
 
Le système politique français est en principe égalitaire n’est-ce pas? C’est ce que tout le monde nous dit … Pourtant, comment expliquez-vous toutes ces formes d’inégalités? Entre les discriminations à l’embauche ou au logement, les meurtres de la police sans qu’il n’y ait de justice ensuite, la qualité honteuse des services de santé en Guadeloupe, l’intoxication illégale des terres en Martinique avec le chlordécone … etc les exemples sont bien trop nombreux pour en faire ici une liste exhaustive. Ceux qui préfèrent voir le doigt plutôt que les étoiles nous répondront que c’est de la victimisation… Qu’ont-ils donc à répondre à ces faits que nous citons? …rien évidemment. Nous devrions accepter l’inacceptable sans jamais dénoncer les responsables et les complices, travailler sans cesse plus pour enrichir les privilégiés qui sont bizzarement toujours Blancs … Bref, la suprématie blanche régit ce pays depuis plusieurs siècles maintenant (depuis au moins le début de la traite négrière transatlantique donc depuis au moins le 17ème siècle), et ce n’est pas près de changer, à part dans la forme qui, elle, s’adapte pour que la domination sois plus swagg et que les dominés ne s’en rendent pas compte ou ne veuillent pas en sortir. 
 
 
 
Nous devons nous aussi nous adapter aux nouvelles formes pour survivre d’abord et élaborer notre plan d’émancipation : comment quitter la plantation et rejoindre les campement marrons qui subsistent dans la forêt? C’est pour cette raison qu’à L’OJAL nous faisons la promotion de l’Initiative Communautaire, c’est-à-dire selon la définition du dictionnaire: de proposer, d’organiser le premier quelque chose, de faire quelque chose de soi-même, sans recourir à l’avis, au conseil de quelqu’un d’autre, et ce dans l’intérêt des membres de sa communauté. 
 
Nous allons donc vous donner quelques pistes pour survivre en territoire hostile, quelques afro conseils pour vivre sous la république française.
 
La toute première des choses à avoir en tête s’il on veut survivre dignement en territoire sous domination de la suprématie blanche, c’est que nous devons nous unir. Bien que nous soyons des communautés assez hétérogènes avec des particularismes qu’il ne s’agit pas de gommer, nous devons avoir en tête que c’est notre africanité qui est visée et non pas nos particularisme ethniques, régionaux, culturels …etc. Comme nous le disons souvent, on ne vous refusera pas du travail parce que vous êtes Peul, Gwada, Bushinenge, Anjouanais, ou Bamileke, le fait que vous soyez Noir(e) suffit largement. Nous devons nous unir car l’unité des populations afrodescendantes, où qu’elles se trouvent, ainsi que l’émergence d’une conscience communautaire sont des conditions sine qua non à l’élévation politique, économique, sociale et culturelle du continent et de la diaspora. Des rencontres interculturelles pourraient être initiées pour permettre aux populations d’ascendance africaine de se connaître, de se rappeler le lien qui les unit, et donc la nécessité de l’unité des populations afro dans un projet commun.
 
 
 
Deuxième chose nécessaire à la survie, c’est l’autodétermination. Il faut qu’on se positionne de manière ferme contre l’impérialisme et le paternalisme de toutes sortes. Nous promouvons de manière inconditionnelle l’indépendance réelle de notre peuple. Nous estimons que notre communauté a assez mendié, et qu’il est grand temps que nous comprenions qu’il est inadmissible que nous attendions que d’autres fassent pour nous ce que nous sommes amplement capable de faire pour nous-même et par nous-même. C’est-à-dire que nous devons nous enlever de la tête que nous avons besoin de l’avis/accord de quiconque (et en particulier celui qui souhaite nous dominer) pour faire ce que nous voulons faire! L’autodétermination demande de recentrer nos préoccupations, nos priorités sur nous-mêmes et notre sort : revalorisation de l’esthétique afro au naturel par exemple, réappropriation de notre histoire et patrimoine culturel …etc. 
 
 
 
Ensuite, notre communauté a besoin pour survivre de solidarité et de responsabilité communautaire. Il est impératif que notre communauté s’organise afin de créer de vrais réseaux de solidarité. Indéniablement les destins des populations afrodescendantes sont liés, il est donc dans notre intérêt de nous entraider et de collectiviser ressources et connaissances. Il faudrait que lorsque un(e) Afrodescendant(e) se retrouve dans une situation critique, tout la communauté se sente concernée, que lorsqu’une famille se retrouve seule face à la justice par exemple, elle se sente portée par toute la communauté pour pouvoir gagner la justice qui lui est dûe (la famille Musenga ou la famille Traoré par exemple).
 
 
 
Après, un point TRES important : faire des  gros sous !! L’OJAL est consciente que l’amélioration de nos destinés, ne passera que par la maîtrise de notre économie (promotion de l’auto-entreprenariat, soutien aux entreprises et institutions afro-descendantes) et la coopération productive. Notre communauté doit comprendre qu’elle s’appauvrit à chaque fois qu’elle dépense chez les autres. Cela veut dire privilégier de consommation chez un membre de notre communauté avant d’aller ailleurs, soutenir les producteurs de chez nous et faire ce qu’on appelle de la coopération économique. Les Chinois ont très bien compris ce point et ils font des gros sous : alors qu’ils étaient encore colonisés jusqu’en 1949, voyez aujourd’hui comment le monde tremble devant la Chine à cause de son économie florissante!
 
 
 
Enfin, une dernière chose à garder en tête, c’est que jamais ici nous ne serons chez nous. Que l’on y soit attaché ou non, ce territoire a une histoire propre auquel le peuple est attaché et jamais nous ne serons comme eux des acteurs (officiels en tout cas) de cette histoire de France. En gros, c’est « travaillez pour nous et fermez-là, ensuite vous pourrez dire que vous êtes français »  : L’OJAL appel au rapatriement des forces vives de la diaspora vers notre continent (ou des territoires majoritairement noir). L’histoire des Afrodescendants prouve que l’offre d’intégration est hypocrite et mensongère, et affaiblit notre communauté au profit des autres. Investissez chez vous, reprenez le contrôle sur les territoires encore sous colonie mais qui sont majoritairement noir (Guyane, Martinique, Guadeloupe, Mayotte, Réunion) ! Comme on le dit souvent, un médecin de moins à Lyon c’est rien, mais un médecin de plus à Saint Laurent du Maroni, à Mamoudzou ou Béni ça change des choses !! 
 
 
 
Avec ces 5 conseils, n’importe quelle communauté afro, où quelle soit est assurée de survivre et même de prospérer, paroles de l’OJAL !! 
 
 

Les stratégies de défense des Noirs face à la suprématie blanche par Dubois

L’extrait du livre de W.E.B Dubois que nous allons vous présenter a été écrit entre 1897 et 1903. Certaines occurences ne sont plus d’actualité comme parler « des juifs » ou bien des races. Mais pour le reste, regardez autour de vous et dites nous si en tant que groupe racisés nous n’avons pas affaire aux mêmes mécanismes de défense encore aujourd’hui. Entre les intégrationniste et les partisans du rapatriement. Entre les adeptes du metissage comme solution et les traditionnalistes Noirs. Les élites bourgeoises du continent et la diaspora laborieuse, les anticapitalistes et les freres dans la finance etc. Alors, que prendrez-vous?  Mensonge ou aigreur et amertume?

« La ruse est la défense naturelle du faible contre le fort et le sud l’a utilisée pendant des anneés contre ses conquérants; aujourd’hui le Sud doit se préparer à voir son prolétariat noir retourner cette arme à double tranchant contre lui. Et c’est bien naturel! »

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W.E.B Du Bois

La mort de Denmark Vesey et de Nat Turner a prouvé au Noir il y a déjà bien longtemps l’inutilité de la défense physique. La défense politique est de moins en moins accessible et la défense économique n’est encore que très partiellement efficace. A l’évidence il ne dispose pour se défendre que d’une seule voie – celle de la ruse et de la flatterie, de la cajolerie et du mensonge. C’est ce que firent les Juifs (dans l’édition de 1953 Dubois a remplacé « juifs » par « paysans ») au Moyen Age pour se défendre, et qui a imprimé sur leur caractère sa marque indélébile.

Aujourd’hui le jeune Noir du Sud qui veut réussir ne peut pas se permettre d’être franc et carré, honnête et sûr de lui, au contraire, il est tenté tous les joues de se montrer silencieux, prudent, astucieux et rusé; il doit flatter et se rendre agréable, endurer les injures mesquines avec un sourire, fermer les yeux devant le mal; trop souvent il trouve dans la ruse et le mensonge un réel avantage personnel. Ses vraies pensées, ses vraies aspirations, doivent être protégées par des murmures; il ne doit pas critiquer, il ne doit pas se plaindre. La patience, l’humilité et l’adresse doivent remplacer, chez cette jeunesse noire en croissance, la spontanéité, la virilité et le courage. C’est seulement avec un tel sacrifice qu’une ouverture économique est possible – peut-être même la paix, et la prospérité. Autrement, c’est l’émeute, l’émigration ou le crime. Cette situation n’est pas propre au Sud des Etats-Unis – n’est-ce pas plutôt la seule méthode par laquelle des races sous-développées peuvent gagner le droit à partager la culture moderne? La prix de l’acculturation, c’est le mensonge. 

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D’un autre côté, dans le Nord la tendance est à l’exagération du radicalisme noir. Maintenu par la loi du sang dans le Sud dans une situation contre laquelle chaque fibre de sa nature ouverte et audacieuse se révolte, il se retrouve sur une terre où il peut à peine gagner décemment sa vie, confronté qu’il est à une concurrence impitoyable et à la discrimination raciale. En même temps, par l’école, les journaux, les discussions et les conférences il s’anime et s’éveille intellectuellement. Son âme, si longtemps contenue et empêchée de croître, s’ouvre soudainement à cette nouvelle liberté. Il n’y a pas à s’étonner que toutes les tendances soient à l’excès – lamentations radicales, remèdes radicaux, dénonciations amères ou silence buté.

Certains coulent à pic, d’autres se redressent. Le criminel et le sensualiste quittent l’église pour la maison de jeu et le bordel, remplissent les taudis de Chicago et Baltimoer; les classes plus élevées se séparent spontanément des autres groupes noirs et blancs, et forment une aristocratie, cultivée et pessimiste, aux critiques dures cinglantes, mais qui ne propose aucune issue concrète. Elle méprise la soumission et l’obcéquiosité des Noirs du Sud, mais ne propose pas d’autre moyen à une minorité pauvre et opprimée pour exister aux côtés de ses maîtres. Ces « aristocrates »ont une conscience aiguë des tendances et des opportunités de l’époque dans laquelle ils vivent; leurs âmes sont aigries contre le destin qui a déployé le Voile entre eux et l’autre monde; et le fait même que cette amertume soit naturelle et justifiable ne sert qu’à l’intensifier et à la rendre plus insupportable. 

C’est entre ces deux types extrêmes d’attitude éthique que je viens chercher à éclaircir, qu’évolue la grande masse des millions de Noirs au Nord et au Sud; leur vie et leur activités religieuses sont partie prenant de ce conflit social interne.  »

W.E.B Dubois, Les âmes du peuple Noir, p194-195.
traduction Magalie Bessone, selectionné pour vous par la Team Elimu

Le philosophe qui croyait que l’art était la clé de la libération des Noirs

La volonté d’Alain LeRoy Locke de révolutionner la culture noire a été alimentée en grande partie par son sens de l’auto-importance. «Quand un homme a quelque chose à vanter, écrivait-il, je l’appelle le respect de soi.»

 

Contrairement à beaucoup de ses collègues et rivaux dans la lutte pour la liberté noire du début du XXe siècle, Locke, pionnier de la Renaissance de Harlem , croyait que l’art et la Grande Migration, pas la protestation politique, étaient les clés du progrès noir. Selon lui, les Américains noirs ne feraient que se forger un sens nouveau et authentique en poursuivant l’excellence artistique et en insistant sur la mobilité physique. Le dévouement psychologique à l’autodétermination transcenderait le racisme blanc et rendrait obsolètes les stéréotypes sur les Noirs. Comme l’écrit Locke dans un brouillon de «The New Negro», son essai fondateur de 1925: «La question n’est plus ce que les Blancs pensent du Noir, mais ce que le Noir veut faire et quel prix il est prêt à payer pour le faire. « 

 

 

La majestueuse biographie de Jeffrey C. Stewart, également intitulée «The New Negro», donne à Locke l’attention que sa vie mérite, mais le livre est plus qu’un catalogue de ces réalisations désormais largement ignorées par le philosophe et la critique. Stewart, un historien et professeur d’études noires à l’Université de Californie, Santa Barbara, rend également le nœud embrouillé de l’art, la sexualité et l’aspiration à la libération qui a propulsé l’œuvre de Locke. Locke n’a jamais complètement détaché ce nœud pour lui-même, mais il s’est débattu avec lui jusqu’à sa mort.

Locke est né à Philadelphie en 1885. Son père, Pliny, était un diplômé d’école de droit, un homme radical mais frustré  qui mourut quand Locke avait 6 ans. La mère de Locke, Mary, a fourni une vie de classe moyenne pour Alain avec son salaire de professeur. Elle a élevé son fils à prendre des postures d’aristocrate depuis qu’il était jeune. Locke s’est habillé impeccablement et a appris à ne pas embrasser ou toucher des étrangers, par peur des germes. Lui et sa mère ont dédaigné la contamination sous toutes les formes, et ont fait tous les efforts pour se distancier des pauvres noirs, pour éviter d’être souillés par l’association.

 

Locke a grandi déterminé à démontrer sa valeur non pas en élevant ceux moins chanceux, mais en cultivant une révérence pour les arts. Il a été éduqué parmi les étudiants blancs riches dans l’un des meilleurs lycées publics de la ville, et s’est inscrit à Harvard à 19 ans.


Même avant l’université, Locke savait qu’il était gay et qu’il vivrait sa vie en tant qu’homosexuel. Ces engagements contradictoires – d’une part, le victorianisme noir respectable, élitiste et homophobe, et d’autre part, son style de vie gay – ont produit une friction, une dissonance cognitive, qui a déclenché le feu intellectuel de Locke. Il était discret au sujet de sa queerness, mais c’était un secret de polichinelle parmi ceux qui le connaissaient. Après un séjour à Oxford en tant que premier boursier afro-américain Rhodes, Locke est retourné à Harvard et a obtenu un doctorat. en philosophie. En obtenant son diplôme, il a marché avec confiance dans l’avant-garde intellectuelle noire, bien qu’il n’ait jamais gagné la célébrité des «hommes célèbres qui parlaient de race» hétéro-patriarcaux de son temps, comme W. E. B. Du Bois et Marcus Garvey.

De l’avis de Locke, les dirigeants noirs reconnus étaient inhibés par leur obsession de la politique, de la protestation et de la propagande. Selon Stewart, Locke pensait que «la fonction de la littérature, de l’art, du théâtre et ainsi de suite était de compléter le processus d’auto-intégration» et de «produire une subjectivité noire qui pourrait devenir l’agent d’une révolution culturelle et sociale en Amérique. « Locke a transformé ses croyances en action pendant la Renaissance de Harlem, quand il a développé sa théorie du » nouveau nègre « , qui est devenu populaire parmi les leaders d’opinion noirs. La version de Locke se distinguait par ses idées sur la migration, la modernité et la ville. Il a préféré Greenwich Village, où il a finalement acheté un appartement, mais Harlem était un symbole: un chaudron de diversité noire et de production culturelle. Le citoyen urbain noir de Harlem serait un homme nouveau, un artiste avec une voix et un but nouveaux, libéré des traditions folkloriques archaïques et de la stigmatisation raciale fatiguée.

Stewart suggère que les incursions de Locke dans la poésie et la fiction ont été retardées par son incapacité à parler ouvertement de sa sexualité. Mais il était un essayiste et critique prolifique, passant en revue le travail des auteurs noirs comme Jean Toomer, Countee Cullen et René Maran. Il a édité une série de « Livrets de bronze » influents, y compris le traité de Ralph Bunche « Une vision mondiale de la race », et a géré des relations tendues avec des patrons blancs paternalistes pour protéger les artistes dont il se souciait et renforcer sa propre position dans le monde de l’art. Au moment où Locke organisa l’American Negro Exposition à Chicago en 1940, son statut comme l’une des figures les plus en vue dans l’art noir était incontestable.


Sous la direction de Locke, la révolution des arts noirs des années 1920 était indéniablement, quoique oblique, étrange. En tant que mentor d’artistes noirs, il était sexiste et souvent exploiteur. Il ignorait presque complètement les femmes et était sujet à l’engouement pour les hommes plus jeunes et intellectuellement stimulants. Dans certains cas, ses objets d’affection tombaient dans la zone grise entre l’adolescence et l’âge adulte, bien que Stewart ne sache pas si Locke avait des partenaires de moins de 19 ans. Beaucoup de ces hommes ont accueilli les progrès de Locke et les questionnements sur leurs propre sexualité. Locke était un guide, enseignant à ses étudiants sur les beaux-arts et la virilité gay, une danse entre les gouttes de pluie dans une tempête d’homophobie et le racisme.
 
 

Les partenaires romantiques de Locke étaient aussi des muses. Il se livrait à leurs corps et à leurs idées, profitant intellectuellement de l’échange, même lorsque ses désirs sexuels étaient intacts. Peut-être le meilleur exemple de ce modèle est la cour de Locke envers Langston Hughes, le poète lauréat de la Renaissance de Harlem, avec qui Locke est tombé amoureux. Hughes n’a jamais rendu l’adoration de Locke, mais sa virtuosité était magnétique. Il propulsa Locke vers une nouvelle appréciation des crises et des triomphes des Noirs ordinaires. La conception de Locke de la brillance noire a évolué à travers son exposition à des penseurs jeunes et attrayants. 

L’ampleur du travail de Locke est stupéfiante, et Stewart refuse de souligner les activités de Locke pendant la Renaissance de Harlem au détriment d’autres contributions. Locke n’a jamais vraiment été vénéré comme un philosophe, mais il a produit des recherches originales dans le domaine de la théorie de la valeur, y compris, par exemple, sur le rôle des émotions dans la formation des valeurs et des opinions. Il fut le premier parmi ses pairs à mener l’œuvre de l’anthropologue Franz Boas à sa fin logique et à déclarer la science raciale illégitime, soulignant que les races étaient des groupes nationaux et sociaux plutôt que des catégories biologiques. Locke préconisait également un retour aux principes esthétiques africains, non pas comme un contre-discours au racisme occidental, mais comme un moyen d’exalter les formes et les techniques africaines. Il a fait une résidence à l’Université Howard, où il a travaillé pendant quatre décennies malgré des relations difficiles avec les administrateurs, qui ne se soucient pas de son style de vie ou de ses intérêts intellectuels. Fragile et sujet à diverses maladies, Locke est mort d’une maladie cardiaque en 1954.

Stewart traite apparemment toutes les phrases que Locke a écrites avec beaucoup de soin, reconstruisant ses errances à travers l’Europe et l’Afrique, le théâtre noir, le communisme et d’autres terrains géographiques et intellectuels. Le coût de ce choix est la longueur et le rythme du livre, qui est brusquement écrit mais peu susceptible de faire monter l’adrénaline des lecteurs. Les avantages de sa minutie, cependant, sont multiples. L’un des principaux avantages parmi eux est l’exemple du livre comme une classe de maître dans la façon de retracer la lignée des idées et des prédilections d’un sujet biographique. L’attachement et le désir que Locke éprouvait dans ses relations avec sa mère, ses amis et ses amants exerçaient autant d’influence sur son travail que les textes qu’il lisait et les conférences qu’il suivait. On finit le livre de Stewart hanté par la prise de conscience que cela doit être vrai pour nous tous.

Michael P. Jeffries, professeur d’études américaines au Wellesley College, est l’auteur de trois livres sur la race dans la culture américaine, dont le dernier est «Derrière les rires: la communauté et l’inégalité dans la comédie».   

traduit par la team Elimu
source: nytimes.com 

La culture centrée sur l’Afrique nous montre comment construire une coopération économique.

Afin de construire des institutions africaines réussies basées sur un modèle économique coopératif, nous devrions commencer par développer de petites unités de partenariats africains non seulement en Afrique mais dans le monde entier. Ces petits groupes peuvent être initiés dans l’enfance et poursuivis tout au long de la vie afin que, lorsque les enfants atteignent la maturité, ils aient été socialisés dans le but d’une économie centrée sur l’Afrique et la nécessité de garder la richesse dans notre propre communauté. À titre d’exemple, le pouvoir d’achat des Noirs d’un trillion de dollars aux États-Unis pourrait être réorienté afin de jeter les bases d’une infrastructure économique mondiale et d’institutions africaines permettant à nos peuples de devenir producteurs et non seulement consommateurs.

Memphis historique signale que c’est peut-être la seule photo du Peoples Grocery, qui se trouvait à l’intersection de Mississippi Boulevard et Walker Avenue connu comme « la courbe. » (Memphis historique)

L’économie est basée sur les relations sociales qu’un groupe ou un peuple a développé les uns avec les autres au fil du temps. Par conséquent, l’éducation de la petite enfance est nécessaire pour développer la sensibilisation au développement coopératif afin que les jeunes Africains puissent être socialisés pour coopérer les uns avec les autres, maintenir des relations de confiance et, par conséquent, ils pourront acheter / vendre les uns aux autres. des coentreprises et des entreprises communes.

L’économie coopérative est le meilleur modèle pour répondre aux besoins des populations africaines. Un exemple de modèle économique coopératif est «Us Lifting Us» (ULU), qui, en utilisant la participation collective de ses membres, développe de petites entreprises appartenant à ses membres qui serviront de base à la construction d’une infrastructure économique pour les Africains. descente en Amérique et dans le monde. De plus, ULU encourage le soutien d’autres entreprises noires fondées sur une philosophie économique coopérative / collective.

Les Africains ne sont pas pauvres, cependant, nous nous percevons pauvres parce que nous avons été mal instruits. Nos talents et notre productivité économique n’ont pas été utilisés pour favoriser notre propre développement. Une socialisation et une éducation appropriées des jeunes Africaines et Africains à travers le monde est essentielle pour le développement de la confiance, qui est la base pour établir une base économique coopérative pour nous en tant que peuple africain. Il est important de noter que, en effet, l’éducation africaine est à l’origine coopérative et collective.

C’est la culture européenne dans laquelle nous sommes élevés comme des enfants qui tend à nous rendre individualistes, égocentrés et capitalistes. Nous voyons habituellement des banques et des compagnies d’assurance envoyer des lettres aux nouveau-nés dans le but de les remercier d’être nés et, en même temps, d’inviter leurs parents à ouvrir des comptes d’épargne qui profiteront à ces institutions.

En ce qui concerne l’économie, en tant que peuple africain, nous devons renouer avec notre façon de penser originale et nous devons commencer à le faire dès l’enfance. Tous les bébés noirs devraient être connectés avec d’autres bébés africains dans le monde entier afin de construire une coopération précoce et une sensibilisation permanente. Les Africains peuvent avoir les meilleures intentions du monde, cependant, si nous ne mettons pas ces intentions à exécution, nous ne remédirons jamais à notre situation et la façon de la résoudre est d’être liés les uns aux autres dès l’enfance. De cette façon, nous jetterons les bases de l’avenir d’une structure économique panafricaine mondiale. C’est ce que ULU est en train de développer, ULU est une structure économique coopérative visant à établir des entreprises détenues et exploitées par des Noirs dans le monde entier.

Les écoles devraient être notre cible principale, car c’est là que la conscience est construite. Les écoles européennes ne sont là que pour construire des mentalités européennes dans le but ultime d’amener de nouveaux consommateurs sur le marché. L’éducation est donc le médicament de l’inconscience africaine.

Notre histoire avec la domination européenne a toujours été de nous éduquer à rester divisés entre nous afin de mieux servir leurs intérêts:
L’esclavage du XVe au XIXe siècle (division et mauvaise éducation des Africains)
Colonisation du XIXe siècle aux années 1950 (Frontières des nouveaux pays créées par les Européens en Afrique)
Immigration de la fin des années 1950 à nos jours (Méséducation et guerres civiles en cours parmi les Africains).
En accumulant des richesses et des capitaux pour construire de grands projets, la domination européenne est le résultat d’unions géographiques et culturelles – EU-UK-USA, etc. – qui ont toutes copié les modèles coopératifs africains, que les Africains devront réintégrer afin de renforcer leur autonomie. communautés. En d’autres termes, nous n’avons pas d’autre choix que de travailler les uns avec les autres, car c’est une question de vie ou de mort. Pour nous, les Africains noirs, notre avenir est la coopération ou l’extermination.

Madicke Mboup est un citoyen sénégalais vivant actuellement en Irlande, il est titulaire d’un diplôme en droit de l’Université de Montréal au Canada et parle plusieurs
langues. Madicke est engagé dans des partenariats centrés sur l’Afrique, il a rejoint le réseau ULU en 2016. Son site web est blackdiaspovoice.com et il peut être joignable à son adresse e-mail bo365online@gmail.com. Les points de vue et opinions exprimés dans cet article sont ceux des auteurs et ne reflètent pas nécessairement les points de vue, les politiques ou la position d’Atlanta Black Star ou de ses employés .

Se souvenir de ce que l’activiste panafricaniste Walter Rodney a fait pour les Noirs.

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Walter RodneyWalter Anthony Rodney était un intellectuel, un enseignant et un activiste pendant les années 1960 et 1970. Sa vie et son travail ont une importance majeure pour ceux d’entre nous qui se soucient de la justice sociale et de la libération des Noirs aujourd’hui. Rodney incarnait les dimensions transnationales de la lutte noire et brandissait une critique acerbe de la suprématie blanche. Ses recherches sur les liens entre le colonialisme, l’esclavage et le capitalisme ont éclairé des générations de personnes qui se sont engagées à comprendre l’inégalité et à la combattre. Son analyse de classe tranchante de la société l’a contraint à appeler les leaders noirs qui ont participé à l’exploitation et à mobiliser les mouvements racistes des travailleurs. Enfin, son engagement dans des interventions dans les idées et les actions signifiait qu’il mettait sa vie en danger au service d’une population habilitée, avant son assassinat en 1980 en Guyane (son lieu de naissance). A cause de qui il était et de ses contributions, il n’a pas été oublié. Des événements et des symposiums ont eu lieu partout dans le monde, notamment à Atlanta, en Géorgie, aux États-Unis; Dar es Salaam, Tanzanie; Georgetown, Guyana; et Montréal, Canada. Cette année, nous honorons ce qui aurait été son 75e anniversaire.

L’influence de Rodney a traversé le globe. Cet article présente brièvement certains de ses travaux en Jamaïque, en Tanzanie, aux États-Unis et au Guyana. En Jamaïque, il a enseigné à l’Université des Indes occidentales et dans certaines des régions les plus pauvres du pays, notamment les Rastafaris et l’adoption d’une version caribéenne de Black Power. En Tanzanie, il a enseigné au Collège universitaire de Dar es-Salaam en 1967-1968 et de nouveau de 1970 à 1974. La Tanzanie était un foyer de mouvements de libération africains, et Rodney travaillait assidûment avec ceux qui luttaient pour libérer le continent de l’impérialisme.

 

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Aux États-Unis, il a participé à l’Institut du Monde Noir, fondé à Atlanta en 1969 sous la direction de l’historien et théologien Vincent Harding. Les participants à l’IBW se sont décrits comme une «communauté d’érudits noirs, d’artistes, d’enseignants et d’organisateurs» vouée à «une nouvelle compréhension du passé, du présent et de la condition future des peuples d’ascendance africaine.» Au milieu et à la fin des années 1970 Rodney a vécu au Guyana, travaillant sans relâche pour réunir les deux principaux groupes ethniques (personnes d’ascendance africaine et indienne), mobilisant les travailleurs dans un mouvement pour le «pain et la justice». Il a aidé à développer une coalition multiraciale qui, en 1979, s’est transformée en un parti politique, l’Alliance des travailleurs. Rodney serait tué pour ces efforts pour démocratiser le pays et se battre pour la justice économique.

Le biographe politique Rupert Lewis décrit la trajectoire intellectuelle de Rodney comme «antillais, panafricaniste et marxiste». Avec des préoccupations tels que la traite négrière atlantique et la révolution russe, la gamme intellectuelle de Rodney est remarquable. Durant ses premières années, Rodney fut encadré par plusieurs penseurs caribéens importants, dont l’historienne guyanaise Elsa Goveia à l’Université des Indes occidentales à Mona et, plus tard, par Selma James et C. L. R. James dans un groupe d’étude marxiste à Londres.

À l’âge de 24 ans, Rodney a obtenu son doctorat en histoire de l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres sous la direction de Richard Gray, en parlant de l’histoire de la côte de la Haute Guinée. Guinée et Guinée-Bissau) de 1545 à 1800. Son séjour en Tanzanie a finalement consolidé son rôle de panafricaniste. Il a enseigné l’histoire africaine au Collège universitaire de Dar es-Salaam pendant un peu moins d’un an avant de retourner en Jamaïque, mais la Tanzanie n’en avait pas fini avec lui.


Walter Rodney en Jamaïque

Rodney est retourné en Jamaïque en 1968 pour prendre position en tant que conférencier à l’UWI, enseignant l’histoire africaine. Là, il a été attiré par les plus marginalisés de la société et a fait une série de discours qui sont devenus la brochure politique « Groundings with My Brothers ». La fin des années 1960 a été un moment fertile pour le  Black Power dans les Caraïbes. En octobre 1968, le premier ministre Hugh Shearer du Parti travailliste jamaïcain a refusé à Rodney l’entrée en Jamaïque à son retour d’une conférence d’écrivains noirs au Canada. Shearer croyait que Rodney devait être banni parce qu’il représentait une menace pour la sécurité de l’État jamaïcain. L’État avait déjà interdit les écrits des défenseurs de Black Power, tels que Malcolm X et Stokely Carmichael, mais l’expulsion de Rodney avait provoqué des soulèvements de la part des étudiants et des citadins pauvres, près desquels Rodney s’était engagé politiquement. Les «émeutes de Rodney», comme on les appelait, représentaient une explosion de colère contre les conditions économiques désastreuses, le colorisme et l’expression des sentiments nationalistes noirs qui poussaient en Jamaïque. La vision de Rodney de Black Power en Jamaïque prônait une rupture avec l’impérialisme, le pouvoir pour les masses de Noirs (par opposition à une petite élite), et une refonte culturelle de la société. Rodney a suggéré que la Jamaïque n’avait pas de gouvernement noir. Il a souligné que les structures du pouvoir étaient blanches et que les personnes non blanches étaient «noires» – «les centaines de millions de personnes dont les terres sont en Asie et en Afrique, avec quelques autres millions dans les Amériques.» Il est important de noter que sa définition de «noir» incluait les Sud-Asiatiques des Caraïbes dont les ancêtres étaient venus en Amérique comme travail sous contrat. Cette définition flexible de la négritude fondée sur les classes lui a permis de construire avec les peuples indo-caribéens; à bien des égards, cette vision éclairerait la Révolution Black Power qui a eu lieu à Trinidad en 1970.

Révolution africaine en Tanzanie.

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Rodney est retourné en Tanzanie en 1968, prêt à s’engager dans la nouvelle vision pour l’Afrique. En 1960, année de l’Afrique, 16 pays ont accédé à l’indépendance. En 1961, Tanganyika a rejoint l’Afrique indépendante avec Julius Nyere à la barre. La Tanzanie a été formée en 1964, fusionnant Tanganyika et Zanzibar, avec Nyere comme président. La vision de Nyere pour la Tanzanie a été exprimée dans la Déclaration d’Arusha, une vision socialiste africaine pour l’autosuffisance. Rodney a choisi la Tanzanie en raison de son potentiel révolutionnaire à l’époque, la considérant comme un lieu où il pourrait apporter sa contribution et où les mouvements de libération en Afrique, dans les Caraïbes et aux États-Unis se sont rencontrés.

À Dar es-Salaam, Rodney a influencé une génération d’étudiants qui se sont engagés à réfléchir aux défis rencontrés localement et sur le continent en général. Il s’est engagé à décoloniser l’éducation et à écrire l’histoire tanzanienne d’un point de vue tanzanien d’une manière qui tienne compte des conditions locales et des distinctions de classe. Il a travaillé à la création de programmes d’études supérieures en histoire africaine, au développement d’une association d’enseignants en histoire et à l’émergence d’un esprit de débat politique sur le campus et au-delà. Il était un enseignant populaire et a participé à des débats sur le rôle de l’université dans la révolution africaine, le besoin de gouvernance démocratique, et comment recréer une société basée sur les besoins des masses.
À l’âge de 30 ans, en 1972, Rodney publie l’un de ses ouvrages les plus connus, «How Europe Underdeveloped Africa». Ce livre examine l’impact destructeur de l’esclavage et du colonialisme sur le continent et la manière dont ces forces contribuent paradoxalement au développement de l’Europe. En juin 1974, le sixième congrès panafricain s’est tenu en Tanzanie. Rodney n’a pas pu y assister, mais il a fait circuler un document controversé, «Vers le sixième congrès panafricain: Aspects de la lutte internationale de classe en Afrique, dans les Caraïbes et en Amérique», qui a été largement discuté. L’essai a mis en évidence les contradictions entre le nationalisme qui renforçait les frontières coloniales et le panafricanisme. Il a plaidé pour l’importance de représenter les mouvements de libération, pas simplement les chefs d’État. En outre, il a émis une critique cinglante de ceux qui ont conduit les États nouvellement indépendants d’une manière qui reproduisait les divisions et l’exploitation économique du colonialisme et du capitalisme moderne. Il a souligné les contradictions de classe qui affecteraient le congrès – le premier à se tenir en Afrique – si les organisateurs n’étaient pas vigilants dans la lutte contre la sur-représentation des gouvernements des États et si la libération et les mouvements populaires n’étaient pas là pour se représenter.

Rodney et l’Institut du Monde Noir (IBW): Race et Classe 

Plus tard en 1974, Rodney s’est rendu à Atlanta pour soutenir le travail de l’Institut du Monde Noir en tant que conférencier et co-coordinateur de leur symposium de recherche d’été. Le symposium de 1974 comprenait des conférences publiques, un volet de recherche de six semaines sur «La structure sociale et la lutte noire» et une conférence de trois jours pour tracer les orientations futures du Mouvement pour la liberté noire. L’historien Derrick White, auteur du livre « Le défi de la noirceur: l’Institut du monde noir et l’activisme politique dans les années 1970 », a soutenu que l’IBW était un groupe de réflexion activiste qui cherchait à établir un consensus entre les différentes luttes y compris le nationalisme noir, le marxisme et l’intégrationnisme. La Convention nationale des Noirs de 1972 (largement organisée par le Congrès des peuples africains) a attiré plus de 10 000 personnes de tout le pays. Les participants à la convention ont élaboré un «agenda noir» complet. Les militants du mouvement en viendraient à croire que certains politiciens qui ont participé ont trahi ce programme, enflammant un débat idéologique qui a intensifié les fractures dans la lutte noire américaine.

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Walter Rodney avecCheddi Jagan

Comme le démontre White, au cours des années 1970, les débats idéologiques dans le Black Freedom Movement ont souvent porté sur la race versus la classe et le socialisme contre le nationalisme noir. Ces débats idéologiques étaient également internationaux, car ils ont tourmenté le Sixième Congrès panafricain. Pour Rodney, la classe et la race étaient des catégories critiques d’analyse. Pour l’IBW dans ses tentatives d’unité à la lutte aux États-Unis et de soutien à la lutte des Noirs à l’étranger, l’économie politique était un ingrédient nécessaire à leurs analyses. Rodney – qui avait critiqué le leadership néo-colonial noir et compris profondément l’impact de la suprématie blanche et du capitalisme sur les communautés du monde entier – les a soutenus dans leur vision de tracer une nouvelle analyse à travers leur symposium de 1974. White soutient que les discussions et les conférences de Rodney ont aidé l’IBW à «élargir sa compréhension d’une économie politique racialisée».


Walter Rodney rentre à la maison en Guyane 

1974 serait aussi l’année où Rodney est rentré en Guyane. Il s’est vu refuser un emploi à l’Université du Guyana pour des raisons politiques. Il a finalement rejoint la Working Peoples Alliance, une organisation socialiste multiraciale collective. En 1979, le WPA est passé d’une alliance de plusieurs organisations à un parti politique, s’efforçant de fournir une alternative aux deux principaux partis politiques tout en se concentrant sur le travail anti-polarisation et l’éducation politique soutenue. Les organisateurs, y compris des personnalités comme Eusi Kwayana, Rupert Roopnarine et Andaiye, ont contesté les pratiques corrompues du gouvernement du Congrès national du peuple et sa politique d’intimidation tout en essayant de modeler leur vision pour la société guyanaise. Rodney a aidé à mobiliser un mouvement populaire multiracial qui a défié le gouvernement de Forbes Burnham et s’est battu pour «le pain et la justice». Ce mouvement était particulièrement important parce que les élections frauduleuses avaient permis à la PNC de maintenir le pouvoir pendant des décennies.

Les militants de l’opposition ont souvent été arrêtés et certains ont même été enlevés ou assassinés. Ils se sont battus pour le « pain » en raison de la pénurie de produits alimentaires de base et des circonstances économiques difficiles qui ont frappé les Guyanais. Peut-être le plus important, la WPA et ses alliés ont lancé un défi à la politique ethnique polarisée qui a tourmenté le pays et a abouti à des émeutes raciales entre les populations d’ascendance africaine et sud-asiatique pendant les années 1960. Rodney a joué un rôle crucial dans la lutte politique au Guyana, attirant un large public des deux groupes ethniques et s’adressant à un large éventail de personnes, notamment les travailleurs de la bauxite, les travailleurs du sucre, les étudiants, les fonctionnaires et les pauvres. Il a su inspirer ceux qui se sentaient désenchantés. Pendant ces moments, souvent sous la contrainte, Rodney a mené la recherche et a écrit son travail qui serait publié à titre posthume, « Une Histoire des Travailleurs Guyanais, 1885-1905 ». Une histoire sociale de la Guyane britannique, le livre explore l’économie politique du pays, le rôle et les luttes des travailleurs dans le développement national, les contraintes auxquelles ils sont confrontés, et comment ils ont contesté les systèmes conçus pour les contrôler.

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Pas seulement un leader

Bien que charismatique, Rodney a rejeté le concept du leader charismatique unique. Il était profondément et résolument engagé dans un leadership démocratique et centré sur le groupe. Dans un de ses discours sur le travail de la Working Peoples Alliance, il a déclaré: «Nous avons évité de nous concentrer sur une seule direction. C’est-à-dire qu’une personnalité, considérée comme le chef de file, devient le centre d’attention et, à n’en pas douter, devient le chef de file dans le style bien connu dans certains pays du tiers monde. Nous rejetons cela. Et nous pensons que, par principe, cela ne représente pas vraiment le plein développement des personnes dans n’importe quelle société.  » Dans un autre commentaire, il a maintenu ses idéaux: «Nous ne voyons vraiment pas la nécessité de suggérer au peuple guyanais qu’un seul individu, ou même une poignée de personnes, tiennent le destin du pays entre leurs mains.» Il a vécu dans le «nous « plutôt que le » je « et croyait que tout le monde pouvait contribuer à construire des sociétés plus justes.

Pouvoir populaire 

Dans un discours intitulé «Nous allons de l’avant», Rodney a noté que «la révolution est faite par des gens ordinaires, et non par des anges, mais elle est faite par des gens de tous les niveaux de la vie. -la rue. Il a écouté attentivement et a appris des communautés qu’il a engagées, souvent les personnes que l’État considérait comme des personnes qui se livraient au vol ou qui étaient importantes seulement à cause de leur travail. Leurs luttes et leurs compréhensions du monde ont joué un rôle dans son développement intellectuel et politique. Ils ont également fait de lui un croyant convaincu que les gens ordinaires pourraient fondamentalement changer leurs sociétés.

Affronter la peur

Finalement, Rodney nous a rappelé à tous de constamment affronter la peur. Dans « The Struggle Goes On », Rodney a soutenu « il faut être prêt à prendre position contre le mal et l’injustice dans la société. … Pendant trop longtemps notre nature a été vaincue par la peur; une peur justifiée. C’est vrai qu’il y a une peur de perdre des emplois. … La peur que vos enfants pourraient être victimisés et ainsi de suite. Mais il doit y avoir un point où les gens se rendent compte que même cette peur doit être surmontée. Il doit être surmonté par une nouvelle résolution parce qu’à long terme, ce n’est pas simplement que vous et moi nous battons dans des batailles individuelles. Le sens dans lequel nous pouvons nous battre dans une bataille collective est beaucoup plus important. »Il est clair qu’il est capable de parler de la peur des gens de contester le gouvernement et de s’attaquer aux problèmes omniprésents de la société. Il affronterait ses craintes à plusieurs reprises, surtout plus tard dans la vie, parce que la Working Peoples Alliance était une cible gouvernementale, et Burnham à l’époque avait ouvertement menacé la vie de Rodney. Le travail de Rodney avec le WPA mènerait finalement à son assassinat.

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Sur la mort de Rodney

Dans la soirée du 13 juin 1980, Walter Rodney était assis dans une voiture en stationnement avec son frère, Donald Rodney. Un talkie-walkie a explosé sur ses genoux et tragiquement mis fin à sa vie. Son frère a survécu, subissant des blessures mineures. L’appareil avait été construit et remis à Rodney par Gregory Smith, un expert en électronique et sergent de marine dans la Force de défense du Guyana que Rodney croyait être un allié. Peu de temps après la mort de Rodney, Smith, sa petite amie et leurs enfants, ont été sortis du pays dans un avion de l’armée.

En 2014, le gouvernement du Guyana a lancé une commission d’enquête sur la mort de Walter Rodney, 34 ans plus tard. Alors que la commission devint assez controversée, en 2016, elle compléta son rapport, concluant ce que beaucoup savaient déjà: l’assassinat de Rodney fut exécuté avec «le plein soutien, la participation et l’encouragement» de l’État, de la police et de l’armée guyanaises. Le rapport conclut: « Il n’aurait pu être tué que dans ce que nous considérons être un assassinat organisé par l’État, avec la connaissance du Premier ministre Burnham au Guyana de cette période ».

Son meurtre a laissé Patricia Rodney – sa femme depuis 15 ans qui avait lutté aux côtés de lui à travers le monde – une mère célibataire de trois enfants – Shaka, Kanini et Asha. Dans son témoignage devant la commission, elle a expliqué que sa famille avait subi tant de surveillance et de harcèlement qu’elle a dû rester avec sa famille, ses amis et dans des maisons sûres pour se protéger. Elle a témoigné que son mari s’était engagé à renforcer la solidarité entre les habitants du Guyana et a estimé qu’ils ne devraient pas céder à la peur et à l’intimidation. Cet engagement profond lui avait coûté la vie.


Walter Rodney: un intellectuel révolutionnaire

« Je pensais que le fait d’être un intellectuel révolutionnaire pourrait être un objectif auquel on pourrait aspirer, car il n’y avait sûrement pas de raison de rester dans le monde académique … et en même temps de ne pas être révolutionnaire. » Walter Rodney

Rodney passa sa vie à examiner le système capitaliste international et la formation des classes; en soulignant les façons dont la suprématie blanche a fonctionné; reconnaissant les défis auxquels les sociétés nouvellement indépendantes ont été confrontées et les luttes pour la souveraineté; la confrontation à la subordination collective dans laquelle les Noirs se sont retrouvés à l’échelle mondiale et la réalité des visages noirs et bruns qui menaient des régimes qui militaient directement contre les intérêts de leur peuple; et affirmer l’importance de la race et de la classe comme catégories d’analyse et, surtout, comme bases de l’organisation.

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À l’heure actuelle, aux États-Unis, les médias dominants mettent souvent les problèmes de classe en opposition avec les questions de race en matière de politique. Des gens comme Walter Rodney nous rappellent que la race et la classe sont fondamentalement interconnectées. Sa vie et son travail nous rappellent que nous devons prêter attention à une Afrique continentale vivante et changeante, reconnaître les interconnexions à travers la diaspora, que nous devons affronter nos peurs et participer collectivement aux luttes pour la justice.

Vous voulez en savoir plus? Si vous voulez en savoir plus, lisez quelques-uns de ses travaux, notamment «How Europe Underdeveloped Africa» ou «History of Guyanese Working People, 1881-1905». La Walter Rodney Foundation, fondée par sa famille en 2006 et basée à Atlanta, Géorgie, organise des événements en son honneur et organise une série de projets d’héritage. Sa famille a également fait don de ses papiers aux Archives et à la collection spéciale de la bibliothèque Robert W. Woodruff du Centre universitaire d’Atlanta. Cette vaste collection de ses écrits comprend également quelques bandes sonores de ses discours. Une biographie classique est la «Pensée intellectuelle et politique de Walter Rodney» de Rupert Lewis, et il y a quelques années, Clairmont Chung a édité un volume d’interviews intitulé «Walter A. Rodney: une promesse de révolution.

Nicole Burrowes est professeure adjointe au Département d’études sur la diaspora africaine et africaine de l’Université du Texas à Austin.

traduit par la Team Elimu