L’émancipation,
une construction consciente.

L’astronomie en Afrique

Comme la plupart du corpus scientifique des peuples d’Afrique, l’histoire de l’astronomie et de la cosmologie africaine a été soit détruite, reléguant les Africains dans l’imaginaire raciste à des gens sans connaissance du monde qui les entoure ou alors copiée puis falsifiée pour être intégrée dans le corpus occidental, ni vu ni connu! Connaissez vous les noms que les Africains donnaient aux astres? Saviez-vous que les scientifiques de la  NASA s’abreuvent régulièrement des informations issues des savoirs traditionnels de l’arrière pays du continent ? Elimu vous dévoile plusieurs millénaires de savoirs ancestrales cachés!

 

I. Qu’est-ce que l’astronomie ?

L’astronomie est la science de l’observation des astres. Elle est associée depuis son origine à la cosmologie et la cosmogonie. Par définition, la cosmologie est la connaissance de l’Univers, de son origine (cosmogonie), de sa structure et de son devenir. Chez tous les peuples, le mythe, la spéculation philosophique et la science ont permis d’élaborer, au cours des temps, des savoirs relatifs à cette connaissance de l’Univers.

Pour le peuple San (un des plus vieux du monde), le ciel est la demeure de tous les êtres et esprits divins des morts. Les «choses du ciel» n’influencent et ne reflètent généralement pas les affaires de l’homme, ni n’affectent le temps, la croissance de la végétation ou d’autres conditions de la terre; ils sont dans un domaine qui leur est propre. Pour les Tswana d’Afrique australe, l’idée traditionnelle est que les étoiles sont des trous dans la voûte rocheuse qu’est le ciel. Les Ibibio du Nigéria parlait de façon pittoresque des étoiles comme du «sable de la lune». Les Dogon sont réputés pour leur connaissance du ciel, bien avant l’usage du télescope. Beaucoup de peuples parlent également de leurs Ancêtres comme étant des gens venus du ciel pour habiter la Terre (Anciens Egyptiens, Dogons, Peuls, Banyarwanda …etc) … Quoiqu’il en soit, les Africains se sont toujours interrogés sur la nature des phénomènes astronomique et cosmiques, ces sciences étant aussi vieilles que l’Humanité et que celle-ci a pris naissance en Afrique.

Nous ne pourrons pas donner ici une liste exhaustive des noms des astres dans toutes les langues du continent, mais nous essayerons de mettre en lumière la longue tradition astronomique des peuples d’Afrique.

II. L’observation du Soleil et de la Lune à l’origine du calendrier

Vous êtes peut-être sans ignorer que les calendriers que nous utilisons encore aujourd’hui prennent leur origine dans l’observations des cycles lunaires et/ou solaires. Ce n’est pas pour rien que dans la plupart des langues africaines, pour désigner « un mois » on utilise le mot de la lune!

Officiellement, l’astronomie tire son origine des Chaldéens, les ancêtres des Sumériens. Il semblerait pourtant que cela soit une autre tentative de déplacer l’origine de la civilisation en Mésopotamie, supposée être « blanches ». Pourtant, malgré cette tentative, cela n’empêche pas les Chaldéens comme les Sumériens (qui sont d’origine africaine), d’être peuple mélanoderme…

L’année solaire, qui est à la base du calendrier contemporain, vient d’Egypte Antique qui, outre ses indénombrables inventions, offrit au monde son premier calendrier. C’est donc en Afrique que l’humain commença à se repérer dans le temps en observant les deux plus gros astres visibles dans le ciel. N’en déplaise aux révisionnistes de l’Histoire!

L’humain utilisa également les astres pour se repérer dans l’espace et notamment dans les endroits sans indicateurs terrestres visibles comme le désert ou l’océan. C’est de cette manière que les Africains sont sortis de l’Afrique pour peupler tous les autres continents et notamment les îles reculées comme celles de l’océan Indien, celles de Mélanésie ou encore l’île de Pâcques.

 

III. Planètes, étoiles et constellations dans l’imaginaire africain

Les peuples d’Afrique ont par de nombreux aspects démontré leur faculté à observer et à tirer le meilleur de la Nature. Processus qui a débuté aux confins de l’histoire humaine, l’observation des astres demande une méthodologie pointue et surtout s’étend sur la longue durée (rotation des astres, symétrie et relation entre les constellations …etc).

Le « Centaure »

La constellation dîte « du Centaure » dans l’astronomie occidentale et les deux pointeurs lumineux Alpha et Bêta Centuari sont probablement les plus reconnaissables des étoiles du sud, et elles occupent une place de choix dans la tradition des étoiles africaines. C’est la constellation la plus proche de la nôtre.

Dans les traditions Sotho, Tswana et Venda, ces deux étoiles (Alpha et Bêta Centuari) sont Dithutlwa (« Les Girafes »). Les étoiles brillantes sont des girafes mâles et les deux pointeurs sont des femelles. Les Venda appelent les étoiles plus faibles de la Croix du Sud, Thudana, « La Petite Girafe ». Ils disent également que le mois Khubvhumedzi commence lorsque le croissant de lune peut être vu pour la première fois et, en même temps, les deux étoiles de girafe inférieures sont juste en dessous de l’horizon et les deux supérieures sont juste visibles. La tradition de Sotho raconte que lorsque les étoiles de girafe sont vues près de l’horizon sud-ouest juste après le coucher du soleil, elles indiquent le début de la saison de culture.

Les San considéraient les deux pointeurs comme des lions mâles; ils étaient autrefois des hommes, mais une fille magique les a transformés en étoiles. Les trois étoiles les plus brillantes de la Croix du Sud, elles, sont vu comme des lions femelles. Pour les Khoikhoi, les pointeurs étaient connus sous le nom de Mura, «Les yeux», d’une grande bête céleste.

Le long axe de la Croix du Sud pointe vers une étoile brillante appelée Achernar. Cette étoile s’appelle Senakane (Sotho, Tswana) et Tshinanga (Venda), ce qui signifie «La petite corne».

 

Le « Scorpion »

La constellation dîte du Scorpion avec sa mince rangée d’étoiles incurvées est célèbre pour l’étoile rougeâtre brillante Antares. Cette étoile a été appelée par les San, Xu! «L’étoile de finition du feu» car non seulement elle a une couleur rougeâtre, mais (à certaines périodes de l’année) elle se couche très tard dans la nuit, lorsque les incendies de camp sont éteints.

Le long du corps incurvé du scorpion, juste avant la section de la queue, se trouve une paire d’étoiles proches, que les Khoikhoi ont appelé Xami Di Mura, «Les yeux du lion».

 

Le « Grand Chien »

La constellation dite « du Grand Chien » est connue notamment grâce à l’étoile la plus brillante du ciel (après le Soleil évidemment), Sirius. Les Egyptiens de l’Antiquité la nommaient Sopdet, en Ouganda on l’appelle Kyabihembezi et les Banyarwanda l’appellent, Rusiza. Ce sont les Dogon, peuple d’Afrique de l’Ouest qui informèrent les Occidentaux de la particularité du système de Sirius. En effet, elle est composée de

  • Sirius A, nommée Sigi Tolo (l’étoile du « sigi »).
  • Sirius B est nommée Po Tolo. Elle tourne autour de Sirius A et sa durée de révolution est d’environ 50 ans. Elle serait la plus importante de toutes les étoiles, avant même Sirius A, puisqu’ils la considèrent comme le centre du monde stellaire. Po Tolo signifie l’Étoile du commencement. C’est l’œuf du monde pour les Dogons. Ils la considèrent comme le réservoir, la source de toutes choses.
  • Sirius C est nommée Emme ya tolo, (l’étoile du sorgho femelle). Toutefois, si Sirius A et Sirius B sont attestées par l’astronomie moderne, l’existence de Sirius C reste hypothétique.

Voici quelques noms d’astres en runyankore :

  • Turumwabashatu (constellation d’Orion)
  • Kakaaga (constellation des Pleiades)
  • Rumaranku (étoile Aldebaran de la constellation du Taureau)

Voici quelques noms d’astres en kinyarwanda :

  • Mboneranyi (la planète Vénus)
  • Nyamuheshera (la planète Mars)

 

Il est évident que nous n’avons pu faire une liste exhaustive des appellations des astres dans les langues africaines, n’hésitez pas à complétez dans les commentaires!

Phénomène ADOS vs PANAFRICANISME

Les propos qui vont suivre n’engagent que l’auteur.

1. Un aperçu rapide

Antonio Moore et Yvette Carnell, deux Afro-Américains qui se disent activistes (les activistes Afro-Américains les plus connus n’avaient jamais entendu parler de ces deux individus) ont créé un groupuscule (que je considère comme des identitaires « noirs ») appelé ADOS (American Descendants of Slaves c’est-à-dire Américains descendants d’esclaves ). ADOS a d’abord été un hashtag sur Twitter avant de devenir un groupe « organisé » qui a émergé (si on se base sur le nombre de followers de leurs réseaux sociaux) entre 2017 et 2019.

Le but de cette note que est juste de démontrer l’inutilité du phénomène ADOS qui n’est présenté ici qu’à titre d’information et de sensibilisation pour comprendre à quel point la confusion d’individus sur leur identité et la haine de soi peuvent entraîner la naissance de groupes xénophobes et sans aucune substance idéologique comme les ADOS. Je ne vais même pas m’attarder sur le fait que ce mouvement soit soutenu par les républicains et autres groupuscules extrémistes, xénophobes, islamophobes et racistes Américains ou encore sur la photo d’Yvette Carnell qui porte fièrement une casquette MAGA (Make America Great Again : slogan de campagne de Trump à peine codé qui en vérité signifie Make America white again). Le mouvement ADOS est un poison, c’est un groupe xénophobe d’extrême droite, isolationniste et anti-africain de personnes qui souffrent de self-hate. Leur accorder du crédit ou vouloir atténuer leur propos selon moi reviendrait à accorder du crédit ou nuancer des propos de membres du KKK. Il n’y a rien qui va avec ce mouvement.

On peut lire sur le site internet que le but des ADOS est « …to reclaim/restore the critical national character of the African American identity and experience, one grounded in our group’s unique lineage, and which is central to our continuing struggle for social and economic justice in the United States. » (de récupérer / restaurer le caractère national et important de l’identité et de l’expérience afro-américaine, ancré dans la lignée unique (?!) de notre groupe, et qui est au cœur de notre lutte continue pour la justice sociale et économique aux États-Unis. »

Les chevaux de bataille des ADOS sont les réparations (qu’ils utilisent plus comme un cheval de troie pour diviser la communauté Afro-Américaine, y semer la confusion et combattre le panafricanisme) et surtout leur volonté d’être reconnu à part comme « descendants d’esclaves » afin de les dissocier des Afro-Caribéens et des Africains venus du continent qui vivent aux états-Unis. Le mouvement ADOS est majoritairement contesté et vivement critiqué par une grande majorité des Afro-Américains heureusement (des panafricanistes Afro-Américains de renom comme Molefi Asante ou Runoko Rashidi ont dénoncé ce mouvement). Ce superbe article du rappeur et activiste Afro-Américain Talib Kweli résume bien le phénomène ADOS,  voir aussi cet article du Final Call sur la question

J’ai remarqué que certains membres du mouvement ADOS pensent que ce qui arrive aux Africains ailleurs qu’aux états-Unis n’est pas important pour les Afro-américains et je voudrais faire un commentaire (avec tout l’amour et le respect que j’ai pour mes frères et soeurs Afro-Américains) sur cette position dangereuse. C’est en partie à cause du même type de considération que je me suis toujours posé la question si le mouvement Black Lives Matter (BLM) ne devrait pas se renommer Black American Lives Matter ? Eh oui, figurez-vous chers amis de BLM qu’il existe des Africains en dehors des États-Unis. Figurez-vous que les Afro-Américains et leurs expériences de ne représentent pas GLOBALEMENT les Africains de cette planète. L’histoire de l’esclavage en Amérique est très différente de l’histoire de l’Ethiopie par exemple. Malcolm X nous avait bien mis en garde à ce sujet (résumé à ma sauce de son discours sur l’esclave de maison »: « L’esclave qui vit dans la maison du propriétaire d’esclaves pense qu’il est une version « esclave » du maître. Il a le même état d’esprit de supériorité que le propriétaire d’esclaves. Les privilèges et les miettes qu’il reçoit du propriétaire d’esclaves lui font croire qu’il est au-dessus du reste des esclaves. Il a droit comme le maître des esclaves». Ainsi puisque l’Amérique est une superpuissance, l’Africain d’Amérique (pas tous heureusement, seulement les ignorants) croit qu’il est aussi une superpuissance au sein de la société occidentale par rapport aux autres Africains.

Et beaucoup de « kneegrows » comme Candace Owens, les ADOS, Colin Powell, Condoleezza Rice sont des agents du maintien de ce sentiment de supériorité d’un grand nombre Afro-Américains sur les autres Africains. La vie des Noirs en Amérique est donc si importante que les Africains d’ailleurs doivent tout abandonner à leur profit. Cet état d’esprit de supériorité est si profondément ancré que certains Afro-Américains vont combattre les sales guerres Américaines pour le pétrole et opprimer d’autres peuples opprimés sous la bannière du drapeau Américain. Le silence de BLM sur les violences racistes auxquelles font face les Africains en dehors des états-Unis (ce n’est même pas si surprenant puisqu’ils sont tout aussi silencieux sur les problèmes de violence entre les Afro-Américains eux-même) démontre que leur désir est juste de prouver à leur oppresseur que seules les vies « noires » prises par des non Afro-Américains sur le territoire Américain comptent. Ils sont incapables d’étendre ce désir de reconnaissance d’humanité au reste du monde Africain (et c’est peut-être tant mieux car la victimisation n’a jamais résolu aucun problème). Amos Wilson nous avait bien prévenu de toujours garder une lecture globale et internationale de nos expériences d’oppression, de ne pas les circonscrire à un territoire donné.

Les ADOS ont étalé leur xénophobie notamment envers les Africains venus du continent (qu’ils avaient déjà bien affichée sur Twitter) et ignorance au grand jour l’année dernière en critiquant vivement l’actrice Nigériane Cynthia Erivo qui a joué le rôle d’Harriet Tubman (une figure féminine Afro-Américaine majeure de la résistance à la mise en esclavage des Africains par les Européens qui s’est évadée, a aidé d’autres Africains mis en esclavage à s’évader aussi et a organisé un réseau de lutte pour l’abolition de l’esclavage) dans le film « Harriet » sorti l’an dernier et en appelant au boycott du film. Le principal reproche que les ADOS faisaient à Erivo est qu’elle est Nigériane donc moins légitime pour jouer ce rôle qu’une actrice Afro-Américaine. Les ADOS se sont aussi servis du fait qu’Erivo avait écrit il y a plusieurs années des tweets dans lesquelles elle se moquait des Afro-Américains. Je voudrais faire une mise au point à ce sujet.

Le même type de comportement avait déjà surgi chez des Africains lorsque Denzel Washington a joué Steve Biko ou quand l’afro-américaine Jennifer Hudson a joué Winnie Mandela.

Je suis toujours étonné et confus de voir des Africains monter au créneau et dénoncer énergiquement ces phénomènes alors que les film en question sont tous détenus par des Européens. Cela visiblement les dérange beaucoup moins. Ces gens se plaindront que l’actrice qui a joué Harriet n’est pas une ADOS, mais vous ne les entendrez jamais se plaindre que toute la production (financeurs) du film est BLANCHE (puisqu’ils ont apprécié Black Panther, Birth of a nation etc). Seule la main-d’œuvre (réalisateurs, équipes techniques et acteurs) est généralement Africaine. Le pire c’est que si vous montrez à ces ADOS des cinéastes Africains ou Afro-Américains indépendants, jamais ils ne les mettront en avant ni ne soutiendront leur travail. C’est toujours plus facile de critiquer les représentations que les Européens font de nous ou de vouloir faire partie à tout prix de leur monde quitte à s’humilier (suivez mon regard) que de choisir l’auto-détermination. De vrais comportements de « nègres ».

Si les ADOS n’aiment pas Harriet (le film), pourquoi ne cherchent-ils pas l’argent pour produire et réaliser leur propre film ? De quel droit osent-ils vouloir (alors qu’ils ne soutiennent même pas financièrement leurs cinéastes indépendants) dicter aux Européens quelle est l’actrice la mieux adaptée pour un film que les Européens financent? Ont-ils investi de l’argent pour produire ce film ? Ont-ils fait passer une loi qui interdise la falsification historique des Afro-Américains ? Les Chinois n’en ont rien à faire d’Hollywood et de ses falsifications car ils se sont donnés les moyens de produire et de réaliser leurs propres films historiques. Les Indiens n’attendent rien et ne calculent pas Hollywood lorsqu’ils produisent et réalisent leurs propres films car ils savent qu’ils ont un public qui les soutient financièrement (pas avec des likes sur les réseaux sociaux) de l’Inde en Afrique du Sud, du Kenya au Royaume-Uni. Lorsqu’on leur demande de soutenir financièrement des cinéastes Africains indépendants pour produire et réaliser des films qui nous représentent positivement, ils ne le font pas ; mais ils ont le toupet de critiquer, de se précipiter dans tous leurs magazines et télévisions « black » pour dénoncer un film financé par les Européens et qu’ils ont fait pour eux alors que ces médias « noirs » n’ont jamais eu le même engouement pour le travail d’un cinéaste Africain indépendant. Quel culot ! C’est quand même incroyable ! Depuis quand la proie pense qu’il est du devoir du prédateur de raconter honnêtement l’histoire de la chasse ? Il serait vraiment temps d’apprendre comment le monde fonctionne. Nous n’avons que ce que nous méritons. Non ce n’est pas de l’auto-flagellation, juste des faits.

Je voudrais terminer cette petite digression sur le film « Harriet » par une petite observation sur le débat (un peu puéril) « qui des Africains de la diaspora ou du continent déteste plus l’autre ? ». La première chose c’est que les Africains du continent se détestent bien plus entrez eux qu’ils ne détestent ceux de la diaspora (Afro-Américains ou autre). Donc, les Afro-Américains qui ont utilisé les commentaires stupides de l’actrice Cynthia Erivo pour dire que les Africains détestent les Afro-Américains sont dans l’erreur. C’est vraiment malhonnête de prétendre cela. C’est toujours le risque de prendre ses expériences personnelles pour des généralités (« les hommes «noirs» , les femmes « noires» sont ça etc).

Deuxièmement, les Afro-Américains et les Africains de la diaspora en général sont considérés comme des héros en Afrique. Tout Africain vivant en Occident ne peut nier ce fait. La plupart des gens veut être comme eux. Même en Afrique du Sud, pendant les violences xénophobes contre les autres Africains, les vandales ne touchent pas aux Afro-Américains. Certes certains Africains n’aiment pas les Afro-Américains mais « certains » ce n’est pas « tous ». Enfin, la vraie haine vient de la diaspora (ignorante et confuse) à l’égard des Africains du continent et le phénomène ADOS en est l’illustration parfaite. Les ADOS vont jusqu’à dire (en parlant des Africains) : « ils ont des caractéristiques physiques différentes de nous (pourtant je suis sûr qu’il y a des Africains qui leur ressemblent comme deux gouttes d’eau sur le continent), ils sont différents, ils étaient des marchands d’esclaves » bref de l’ignorance totale. Il est donc clair que les ADOS sont des ennemis de notre peuple, des ennemis du panafricanisme, peut-être l’un des pires actuellement. Espérons que ce phénomène ADOS disparaisse rapidement.

Revenons maintenant au concept même d’ADOS et déconstruisons le.

Voilà donc des gens a déclaré qui se définissent comme descendants d’esclaves. Certains d’entre eux vont même jusqu’à dire qu’ils sont encore des esclaves. Voilà des propos ignorants, extrêmement graves et qui représentent du mépris pour nos ancêtres qui ont été mis en esclavage ainsi que nos frères et sœurs qui sont vraiment mis en esclavage jusqu’aujourd’hui en Mauritanie, au Maghreb etc. Il faut vraiment faire attention aux mots qu’on emploie. Nous ne vivons pas du tout les mêmes conditions que nos ancêtres. Pensez-vous sérieusement que s’ils nous regardaient d’où ils sont faire du gossip sur Will et Jada sur les réseaux sociaux, faire le CHOIX dépenser votre argent librement dans les magasins tenus par les Européens (H&M, Guerlain etc), ils nous qualifieraient d’esclaves ? Ça n’a aucun sens. Nous sommes en grande majorité aujourd’hui des esclaves mentaux, mais ça c’est un esclavage que nous avons CHOISI. Et puis ne venez pas me raconter que vous êtes des esclaves parce que nous sommes victimes de discrimination à cause de la couleur de notre peau. Je suis désolé mais ce phénomène s’appelle le racisme et pas la mise en esclavage. D’ailleurs, la discrimination touche aussi les Européens de l’Est, les Arabes, les Mexicains, etc et je ne pense pas que cela fasse d’eux des esclaves.

Autre problème dans le nom ADOS, c’est une définition de victimisation. C’est comme si nous les Africains qui sommes nés après la décennie 1960, nous nous appelions les Africains post-coloniaux. C’est complètement stupide. Il suffit d’ouvrir un livre écrit avec un minimum de sérieux sur le sujet de l’esclavage pour pour s’en rendre compte. Nos ancêtres ont été mis en esclavageils n’ont jamais été esclaves. Il peut arriver qu’on le dise par mégarde, par habitude, pour être plus bref ou facilement compris mais cela est fondamentalement FAUX et c’est une erreur grave pour une association de se présenter officiellement en identifiant nos ancêtres capturés comme des esclaves. Cela semble anodin mais voir l’esclavage comme une condition qui nous a été imposée change complètement notre paradigme et notre vision du monde. Esclave n’est pas une identité. Personne ne naît esclave. L’esclavage est une condition imposée à un être humain par un groupe de personnes mais ce n’est jamais la nature d’un être humain. Malgré toutes les tentatives de déshumanisation et de terrorisme sur nos vies que les Européens ont mis en place pour faire de nous (Africains) des bêtes de somme, nous ne l’avons pas été, nous ne le sommes pas et nous ne le serons jamais .

Pour ce qui est de l’aspect « Américain » des ADOS, Cette courte vidéo de Malcolm X extraite d’un discours qu’il avait tenu lors d’un événement de l’OUAA (Organisation de l’Unité Afro-Américaine), qui redémontre (c’est important en ces temps d’extrême confusion) qu’il a été le premier à clarifier l’identité de Afro-Américains et montre que les mots « nègre » ou « negro » ne sont pas pertinents pour nous désigner, devrait suffire pour comprendre que la base identitaire sur laquelle s’appuient les ADOS relève de l’ignorance pure de leur identité. D’ailleurs ce n’est pas une hasard si les ADOS n’évoquent jamais des figures majeures comme Malcolm X ou Marcus Garvey (peut-être parce qu’ils ont des origines Caribéennes et donc ne sont pas des Américains descendants d’esclaves) qu’ils qualifient sans gêne de trop anciennes et dépassées, donc il se pourrait qu’ils n’aient pas connaissance de ce discours de Malcolm X.

 
 

Kwabena NDIE pour Elimu

Manga et jeunesse afrodescendante: l’amour fou?

le manga chez les jeunes Afro a le vent en poupe

Si vous n’avez jamais essayé, lorsque vous étiez enfant, de faire un Kamehameha, de vous transformer en Super Saiyen, d’activer votre Sharingan ou de faire un multi-clonage, c’est que vous n’avez probablement pas eu la même enfance que la majorité des jeunes des années 1990-2000… Rassurez-vous, ce n’est pas irréversible, voici un article pour les mordus de manga, pour ceux qui s’intéressent à la culture japonaise et africaine ou tout simplement pour ceux qui souhaitent intégrer la grande communauté des Afro-geek !

Le manga, phénomène mondial et promoteur culturel du Japon

Vous êtes sans l’ignorer, que vous soyez parent, jeune adulte ou adolescent, les mangas occupent une place de choix dans les divertissements favoris de la jeunesse et en particulier de la jeunesse afro.

Depuis la fin des années 1980, différents animés (promut notamment par la télévision française) ont inondé l’espace audio-visuel jusqu’à devenir de véritables phénomènes : Les Chevaliers du Zodiaques, Dragon Ball, Ken le Survivant, Sailor Moon, Berserk …etc puis c’est au début des années 2000 qu’une nouvelle vague de manga est venu marquer une autre génération : Naruto, Pokemon, One Piece, Bleach, Full Metal Alchemist, Death Note…etc et encore aujourd’hui les Japonais réussissent à susciter l’intérêt de nos petites têtes crépues avec des œuvres comme L’attaque des Titans, Hunter X Hunter, One Punch Man, Fairy Tales …etc

 

Ce sont des millions de bandes-dessinées, de cassettes ou DVDs vendus de par le monde, et peut être encore plus de millions d’heures de visionnage sur les plates-formes de streaming ! Après le Japon, les premiers consommateurs sont la France et les Etats-Unis, loin devant la Corée du Sud, l’Allemagne et la Chine. Peut-être que la présence d’une importante communauté afro dans ces deux pays n’y est pas pour rien … sachant que le Brésil est aussi un pays où la consommation de manga augmente très rapidement !

Tout cela constitue un pouvoir indéniable pour le Japon : des millions de jeunes à travers le monde s’abreuvent de folklore japonais et en langue originale ! Le manga est une véritable source de revenus pour le pays de l’empereur Naruhito car il promeut sa langue et sa culture à travers la planète et garantit ainsi sa place parmi les premières puissances mondiales en termes de soft-power: l’influence culturel sur des populations étrangères.

 

Pays du Soleil Levant et Terre du Soleil

Mais alors pourquoi autant de succès, en particulier chez les Afrodescendants ? Peut-être ne le saviez vous pas mais la culture japonaise et les cultures africaines ont énormément de points communs, et sûrement est-ce une des raisons pour l’attrait des jeunes Africains pour la culture japonaise et les mangas en particulier.

 

Tout d’abord, rappelons ici que les premiers habitants du Japon sont les Aïnous (« les humains » en aïnou). D’après certains scientifiques, le groupe ethnique dont descendraient les Aïnous est issu de la Grande Migration Côtière, qui, venue d’Afrique, a longé les côtés de l’Océan Indien pour donner naissance à une grande partie des populations australoïdes et mongoloïdes. Ce sont donc des gens qui venaient « directement » d’Afrique qui ont peuplé le Japon, comme les Andamans, premiers habitants d’Inde et d’Asie du Sud ainsi que les Aborigènes d’Australie. La majorité des habitants actuels du Japon sont venus bien plus tard, de Corée et de Chine. La culture traditionnelle japonaise, comme celle d’Inde et des autres peuples d’Asie du Sud transpire encore de ses origines africaines. Vous pouvez constater comment les esthétiques japonaises et africaines se marient parfaitement notamment dans la mode

Un homme Aïnou photographié en 1881

Dans le folklore japonais par exemple, et cela se voit notamment à travers les mangas, l’importance des symboles est frappant. L’utilisation de symboles permet une multiple lecture de l’histoire, avec souvent différents degrés de profondeur dans la compréhension du message, et les Africains le savent bien ! Demandez à vos parents qui connaissent sûrement les contes racontés dans l’Afrique traditionnelle (dont il reste des traces même après des siècles dans la diaspora), ils vous diront comment ceux-ci sont une source d’enseignement pour l’enfant comme pour le vieillard. Dans les mangas également, l’enseignement philosophique n’est pas toujours explicite, mais toujours présent sous forme de symboles.

 

Dans des mangas comme Naruto, Dragon Ball ou One Piece la présence de différents clans avec totems, de différents cercles d’initiés  et autres corporations rappelle les constructions claniques des sociétés africaines. En effet, l’Akatsuki dans l’univers Naruto peut faire penser à une société secrète comme on peut en trouver en Afrique, les Anioto du Congo par exemple.

Les Anioto, la société secrète qui assassine déguisé en léopard tout collaborateur au système colonialiste au Congo (début 20ème siècle)
Akatsuki, la société secrète qui veut changer le monde shinobi (Naruto)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Japonais ont réussi aussi à retranscrire leur paradigme et leur cosmogonie à travers leurs histoires, quelles soient sous forme de bandes dessinées ou en animés. Il n’est pas rare d’entendre des histoires d’êtres venus de l’espace sur Terre pour la peupler et donner naissance aux humains, ce qui laissent penser aux histoires similaires connues en Afrique, chez les Dogon ou chez les peuples de la région des Grands Lacs (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie, RDC).

 

L’intervention de divinités de la tradition japonaise (Amaterasu, Izanagi, Izanami, Ashura, Indra …etc) dans les affaires humaines est également quelque chose de récurrent  dans les mangas. Tout comme les mythes africains de l’Antiquité jusqu’à nos jours (Yoruba, Akan, Egypte Ancienne, Peul ..etc). On peut dire que le surnaturel n’est pas quelque chose d’étranger à la culture africaine, mais aussi japonaise. Tous ces faits corroborent le fait que les histoires du pays du Soleil Levant ont de quoi plaire aux enfants de la Terre du Soleil, l’Afrique ( Kitara ou TaRa « terre du Soleil », nom du continent chez les Egyptiens Anciens, Ibuzuba ou Abzu « terre du Soleil », nom du continent chez les Sumériens).

 

      Amadiora, jeunesse africaine et 21ème siècle

 

Nous connaissons maintenant les ingrédients qui ont fait le succès des mangas auprès de nos petites têtes crépues, mais la question que nous pouvons nous poser est : « A quand des histoires similaires afro ? » L’Afrique et sa diaspora regorge de mythes, de légendes, de contes les plus extraordinaires les unes que les autres.

 

Verrons-nous un jour en bandes dessinées ou sur nos écrans l’histoire de la princesse Pokou, qui sauva son peuple en sacrifiant son fils et en faisant léviter son peuple par-dessus les fleuves ? Ou de Boni, l’Africain qui se révolta contre l’esclavage en Guyane et mena son peuple vers la liberté en fondant une nation dans l’Amazonie ? Ou encore de Gihanga, le héros fondateur des royaumes de la région des Grands-Lacs ? De Sunjata Keita ? L’histoire d’Osiris et Seth ? De Kimpa Vitaa ? Ou bien d’autres histoires imaginaires ou non d’auteurs africains ou issus de la diaspora ?

 

Afro-Samurai

A l’heure où le 21ème siècle prend de plus en plus les couleurs du Continent-Mère, l’importance de développer un imaginaire fait par ou pour les Afrodescendants est une nécessité. Certains ont lancé le mouvement, grâce notamment à une plate-forme de promotion et publication d’histoire d’auteurs africains : amadiora.net Il existe également des œuvres cinématographiques afro-américaines comme The Boondocks ou Afro-Samurai qui sont d’ors et déjà à votre disposition pour libérer votre imaginaire et celui de vos enfants !

Team Elimu

Il achete un distributeur de friandises a sa fille pour lui apprendre à gérer l’argent

Cette histoire est devenue virale aux Etats-Unis. Un jeune homme de 28ans a décidé d’investir dans l’éducation financière de son enfant par un moyen très futé: il lui a donné en guise de cadeau non pas une paire de chaussure, pas même une voiture ou un spectable mais bel et bien une machine à cash: le distributeur de friandises que nous connaissons tous.

«J’ai regardé autour de ma communauté et j’ai vu où nous en sommes en tant que Noirs en ce qui concerne la richesse. Je l’ai vu et j’essayais de trouver un moyen de toucher personnellement ma communauté. J’ai donc décidé d’enseigner la littérature financière aux enfants, et je viens d’étudier des idées sur la façon de créer de la richesse. »

L’éducation financière dès le plus jeune âge. Sa fille n’a que 10ans, mais ce jeune père nommé Oxendine veut absolument qu’elle « devienne patronne » selon ses termes.

«Lorsque nous vendions des bonbons dans les salons et les salons de coiffure locaux, j’ai établi un climat de confiance avec les gens qui y travaillaient», a-t-il dit. « Donc, quand est venu le moment de les vendre sur notre distributeur automatique, la conversation a été facile. »

Ils ont donc acheté un distributeur, qui peut se trouver entre 1500 et 3000$ aux US. Fort de cet investissement ils ont commencé à exploiter cette machine, ce qui permet d’apprendre à gérer l’argent. Oxendine ne veut pas en rester là et compte proposer à d’autres enfants des cours d’éducation financière. Comme nous le savons tous, ces informations ne se trouvent à l’école que si vous faites des études supérieures orientées business et finance. Si vous avez dix ans, vous devez faire avec le père riche ou bien le père pauvre. En plus d’élargir l’offre à d’autres enfants de la communauté, Oxendine veut également multiplier les Distributeurs dans sa ville et apprendre à sa fille à gérer une croissance.

 

Avant d’avoir les distributeurs ils faisaient de la vente en direct aux commerçants et citoyens de la ville

«Je veux qu’elle comprenne la valeur d’être propriétaire d’une entreprise à un jeune âge. Donc, quand il s’agit de grandir… et qu’elle doit prendre des décisions sur la façon dont elle peut gagner de l’argent, elle sait qu’un emploi n’est pas le seul moyen. »

Combler les lacunes du système scolaire est impératif, c’est ce que nous essayons de faire à travers ce blog en particulier. Voir des personnes de notre génération avoir ce genre d’inspiration ne peut que nous motiver à aller plus loin dans notre offre de formation où vous pourrez bientôt vous former à l’éducation financière, vous…ou bien vos enfants. Cette jeune fille est très bien partie dans la vie grâce, en partie, à son père…on espère que la maman est dentiste!

Elimu

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NYC verse plus d’un million de dollars en règlement de litige aux éducateurs noirs qui ont été pris pour cible par une directrice raciste

La ville de New York doit payer plus d’un million de dollars en réparations aux éducateurs qui ont souffert sous le mandat d’un directeur raciste.

Le paiement est le résultat d’un procès intenté par le ministère américain de la Justice contre le ministère de l’Éducation de New York en 2016, comme l’a rapporté le New York Daily News. Trois enseignants et un directeur adjoint ont affirmé que la directrice Minerva Zanca avait eu une vendetta contre les enseignants noirs du Pan American High School pendant l’année scolaire 2012-2013.

La ville de New York est poursuivie en justice après qu’un directeur d’école ait comploté contre ses employés noirs. (Photo: capture d’écran / YouTube)

L’ancien directeur adjoint Anthony Riccardo a accusé Zanca de lui avoir fait pression pour qu’il donne aux employés noirs des évaluations de faible performance afin de lui permettre de s’en débarrasser plus facilement. John Flanagan et Heather Hightower, deux professeurs noirs non titulaires, étaient les cibles principales du mépris de Zanca. Riccardo a déclaré que Zanca avait donné au couple des critiques négatives avant de faire une observation de leur travail, selon un communiqué de presse du bureau du procureur américain à Manhattan.

Zanca a également fait des commentaires racistes en présence de Riccardo. Elle lui a dit que Hightower «ressemblait à un gorille dans un pull» et a déclaré qu’elle ne pouvait «jamais» porter de «f-g couche-culotte» comme Hightower. Les commentaires de Zanca sur Flanagan se sont concentrés sur ses lèvres. Elle a demandé à Riccardo s’il avait vu les «grosses lèvres de Flanagan trembler» lors d’une réunion et l’a comparé à un homme noir dans une publicité Tropicana «avec ces mêmes lèvres».

Voir aussi: se former au plus près des meilleurs pédagogues et formateurs afro

Tous deux sont partis à la fin de l’année scolaire après des critiques négatives de Zanca. Hightower et Flanagan ont reçu respectivement 500 000 $ et 362 500 $ de la poursuite.

Lisa-Erika James, qui était titulaire, a également souffert sous l’administration de Zanca. James a dirigé un programme de théâtre très réussi à Pan American jusqu’à ce que le principal arrache le financement, entraînant des annulations. Zanca dirait à James qu’il n’y avait pas d’argent disponible pour ses productions, alors qu’en réalité, elle avait simplement redirigé les fonds ailleurs. Elle a également fait pression sur Riccardo pour donner à James une évaluation de performance négative.

Riccardo a refusé de punir l’un des professeurs, alors Zanca a dirigé sa colère contre lui. Elle l’a accusé de «saboter son plan», lui a donné une évaluation négative des performances et l’a fait escorter hors du bâtiment par la sécurité. Riccardo a reçu 175 000 $ du règlement.

James porte son affaire devant les tribunaux, le procès commence ce mois-ci. L’affaire fédérale contre la ville reste également ouverte.

« Il est presque impensable que, de nos jours, que l’un des districts scolaires les plus grands et les plus diversifiés des États-Unis permette à la discrimination raciale et aux représailles de prospérer », a déclaré le procureur américain du district sud de New York, Preet Bharara, en juin 2016 alors que le ministère de la Justice a lancé son propre procès contre la ville de New York.

«C’est pourtant ce qui, selon nous, s’est produit au Pan American International High School. Les lois fédérales sur les droits civils interdisent cette inconduite. Cette poursuite vise à remédier aux violations survenues à Pan American et à garantir que le Département de l’éducation de New York protège les droits civils de ses employés à l’avenir. »

Traduction Team Elimu

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Responsabilité Communautaire: KOBE BRYANT était un généreux donateur pour le Musée des cultures Afro-américaines

Nous sommes, comme de très nombreuses personnes, très attristés par la perte de Kobe BRYANT et de sa fille Gianna qui ont péri avec d’autres personnes dans un accident d’hélicoptère vraisemblablement dû à une mauvaise météo. Toutefois nous souhaitons mettre en lumière ce qu’il a accompli de grand, non pas sur le terrain car nous avons tous les images, mais en dehors. Ce sont des choses que nous ne connaissons pas toujours mais qui comptent.

A l’instar de beaucoup de personnes fortunées, les BRYANT ont voulu se montrer généreux en montant une fondation. Cette fondation aide principalement les sans-abris. Mais pas seulement, car ils sont également impliqué dans la promotion de la connaissance de l’histoire et des cultures Afrodescendantes.

On sait que la Fondation de la famille Kobe et Vanessa Bryant est répertoriée sur le site Web du musée comme l’un des donateurs fondateurs du Musée national d’histoire et de culture afro-américaine aux Etats-Unis. Ils sont donateurs fondateurs.

Les donateurs fondateurs sont des «donateurs qui se sont engager à hauteur de 1 million de dollars ou plus avant son ouverture en 2016».

« Je vais vous dire ce qui m’a le plus ému, c’est ma mémoire de Kobe à tous les événements d’ouverture autour du musée et le fait qu’il était si généreux », a déclaré Lonnie Bunch, secrétaire de la Smithsonian Instutition.  » Il s’arrêtait et parlait aux gens, il laissait tout le monde prendre des photos avec lui. Il ne leur a jamais fait oublier qu’ils étaient là pour célébrer le musée. »

Après l’ouverture du musée en 2016, Bryant a déclaré: «Allez voir ce musée. Il n’y a pas de plus grand témoignage dans ce pays que les histoires racontées dans ce bâtiment. Honoré d’en faire partie. »

Certains souvenirs de Bryant sont exposés au musée, y compris un uniforme et une photo de 2002 de lui. L’uniforme a été donné par Bryant lui-même.

« J’étais juste à côté de la zone sportive du musée [quand je l’ai découvert], et nous venions de regarder un clip du président Obama disant » Obama out « , en fait il imitait Kobe Bryant, donc c’était triste et émouvant ». a déclaré Jackie Laughlin, un autre visiteur du musée.

Kobe BRYANT n’était pas simplement un sportif d’exception, c’était également un homme d’exception dans ses engagements citoyens. Un exemple de responsabilité communautaire pour nous tous. Que lui et sa fille reposent en paix.

Traduction Elimu

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J’ai rompu avec elle parce qu’elle est blanche

Quand il s’agit de rencards, je préfère ne pas réfléchir à la notion de race, mais c’est quelque chose de difficile à ignorer.

 

O.K., permettez-moi de vous le dire franchement. Je pense que j’ai rompu avec ma dernière petite amie parce qu’elle est blanche. En fait, non, j’ai clairement rompu avec elle parce qu’elle est blanche.

Tout d’abord, un peu d’histoire: quand j’étais enfant, regarder mon père se préparer à sortir était quelque chose à voir. Il passait des heures à préparer son masque chaque matin pour je ne sais qui dehors, la personne ou la communauté à laquelle il faisait face. Un rasage frais suivi d’une tonne d’eau de Cologne (il est dominicain, et il est important pour lui que les gens sachent qu’il vient et qu’il est là), puis se sèche les cheveux pour obtenir cette coiffe parfaite.

Même des années plus tard, mon vieux mettaient encore plus de temps à se préparer que ma mère et ma soeur réunies, colorant délicatement  tous les poils gris errants qui pourraient apparaître dans sa barbiche.

Je lui demanderais: pourquoi? À quoi ça sert?

Il expliquerait qu’en tant que jeune homme en République dominicaine, vous deviez travailler si dur pour vous perfectionner, préparer votre masque, de sorte que lorsqu’une jeune femme européenne ou américaine passait, elle pouvait vous choisir, comme il le disait, pourrait vous ramener chez elle. Comme si c’était votre seule issue.

Plus tard, il s’est rendu à New York, où il a rencontré ma mère, qui est colombienne. Il était marié maintenant et n’avait plus à être «choisi». Mais les habitudes ancrées à l’adolescence peuvent être difficiles à briser.

J’ai donc appris très tôt à quel point il était important d’être «choisi», sélectionné. Sélectionné par qui est devenu et reste mon dilemme.

Cela fait un an que j’ai rompu avec ma petite amie, et je ne lui ai pas dit la vraie raison. J’en ai parlé, en marmonnant un truc dans le genre que j’essayais de savoir qui j’étais. Elle ne comprenait pas. Je ne suis pas sûr de me comprendre non plus. Il n’y avait rien de mal avec elle.

Je ne sais pas vraiment quel était mon point de basculement. C’est juste arrivé comme ça. À 30 ans, je me suis réveillé un jour, j’ai pris une profonde inspiration, je l’ai regardée et je me suis dit: «Je ne pense plus pouvoir sortir avec des femmes blanches.

Peut-être que je n’aurais pas rompu avec elle s’il n’y avait pas eu tout ce jugement. Au fil des ans, j’ai fréquenté des femmes brunes et noires, mais surtout des femmes blanches. Je n’avais pas pensé à pourquoi, mais quand des bruns et des noirs de ma communauté ont commencé à me donner du mal à sortir avec des femmes blanches, j’ai senti qu’elles seraient plus heureuses si j’arrêtais.

J’ai également eu des vibrations étranges de la part de certains blancs, à savoir les parents des femmes avec qui je sortais. Comme ceux qui – même après avoir fréquenté leur fille pendant six mois – pensaient toujours que j’étais de Porto Rico. Je ne suis même jamais allé à Porto Rico.

Ou ceux qui ont dit en me rencontrant: « Oh, j’adore‘ Buena Vista Social Club. ’»

Oui, c’est sûr, c’est un grand film, mais il en est de même pour « Gladiator ».

Et ceux qui m’ont demandé si je parlais mexicain. Oui, tout cela a éxisté. Il en va de même pour le père qui a ouvert la porte et a dit: «Désolé, ce n’est pas la nuit des tacos», puis l’a refermé sur mon visage, seulement pour l’ouvrir à nouveau parce qu’il «plaisantait».

J’ai été avec des gens dans les épiceries qui pointent leur doigt vers le dulce de leche (confiture de lait ndlr) et disent: « Regarde, Chris, c’est toi. » En fait, je suis intolérant au lactose.

Mais la vraie raison pour laquelle je pense que je ne peux plus sortir avec des femmes blanches n’est pas tout ça. C’est parce que dans la société actuelle qui se réveille avec des hashtags, il y a une pression folle pour se réveiller avec des hashtags. Être conscient des implications de qui vous attire et pourquoi. Ce qui signifie qu’aux yeux des autres, la couleur des femmes avec qui je sors est très importante. Comme si j’étais le problème. Comme si je trahissais mon peuple si je sortais avec des femmes blanches.

Mais on m’a appris que nous étions tous un seul peuple!

Je vois des gens qui me regardent d’un œil puant, le nez retroussé, comme s’ils pensaient que les gens noirs et bruns seraient mieux en quelque sorte si je jetais ma petite amie blanche. C’est beaucoup de pression. Avec chaque œil vigilant, les chuchotements de «Choisissez un côté, Chris, choisissez un côté», remplissent mon esprit déjà bruyant.

J’ai commencé à lire James Baldwin, Ta-Nehisi Coates et d’autres auteurs noirs et bruns à la recherche de conseils, d’une feuille de route, d’une aide sur ce que signifie être un homme brun dans le monde. Comme: Oui, nos corps ont été colonisés. Oui, je suis un enfant noir. Oui, le corps noir a fait plus pour la société qu’il n’en a obtenu en retour. Oui, la société semble vouloir embrasser beaucoup de choses associées à la noirceur sans être réellement noire.

Comment on est venu ici? Si tout le monde est si réveillé, pourquoi les choses sont-elles si terribles? Peut-être que tout le monde n’est pas si réveillé. Quoi qu’il en soit, que dois-je faire? Comment puis-je aimer en tant que corps brun dans le monde d’une manière qui rend tout le monde heureux? Je suis tombé amoureux d’une femme blanche et elle est tombée amoureuse de moi – aussi simple que cela – pourtant j’ai l’impression de faire la mauvaise chose en sortant avec elle.

Suis-je le problème ou tout le monde? Les femmes blanches me trouvent-elles attirantes ou me voient-elles comme une idée exotique qu’elles devraient trouver attirante? Est-ce que je trouve les femmes blanches attirantes ou les vois-je comme une idée exotique que je devrais trouver attirante? Est-ce que je sais même à qui je suis attiré ou pourquoi?

Je dois penser que mes préférences ont été au moins quelque peu façonnées par l’image omniprésente des hommes latins comme «L’amant», une image qui m’a me noue la gorge. Pas à cause de ce que nous aimons ou de qui nous aimons, mais comme une sortie, une façon d’être vu et d’être sauvé. Comme mon père l’a dit: « Peut-être qu’ils te choisiront. »

C’est un message amplifié par les films et la télévision, de «Save the Last Dance» à «Master of None» et des dizaines d’autres récits qui présentent tous, d’une manière ou d’une autre, un homme noir ou brun amélioré par le fait d’être avec un blanc femme.

Depuis que je suis enfant, j’ai intériorisé l’idée que la main que je tiens détermine ma valeur plus que mes propres mains. Que mon pouvoir n’a autant de valeur que la personne à mes côtés. Tout un système est codé en moi. Pourquoi la valeur de soi n’était-elle pas codée en moi?

Avant ma naissance, ma mère a dit à mon père qu’elle était enceinte à 3 heures du matin sur une plate-forme de métro de New York. Elle et mes parents se sont engagés à donner aux enfants tout ce qu’ils n’ont jamais eu, à s’efforcer et à réaliser et à subvenir à nos besoins, et en réponse à leur aspiration, certains dans leur monde ont pensé qu’ils abandonnaient leurs racines et essayaient de devenir autre chose. Ces gens leur ont dit: « Vous essayez d’être blanc maintenant? »

Qu’est-ce que cela signifie – essayer d’être blanc? Nous l’avons tous entendu (peut-être pas nous tous). Je l’ai dit. Si on y réfléchit, c’est vraiment juste un commentaire sur le pouvoir: « Chico, tu essayes d’avoir le pouvoir maintenant? »

Oui oui.

En vérité, le colorisme a toujours été une chose. L’aspiration à «améliorer la course» a toujours été une chose. Ma grand-mère et d’autres grands-mères et mères nous avertissaient: « Ne sortez pas avec quelqu’un de plus sombre que vous. Ne sortez pas avec des cheveux rêches, de grosses lèvres et de gros nez. « 

J’ai ramené à la maison une fille noire au lycée et ma tante a marmonné avec colère: « Oh, tu le vois et cette Negrita? »

J’aurais dû parler. «Eh, vas-y, arrête! Je me fiche de vos putains d’opinions sur la façon dont les gens sont sombres et à quel point leurs cheveux sont crépus. Vous avez déjà regardé de vieux albums de famille? Tu me regardes jamais? Vous êtes-vous déjà regardé? Nous ne sommes pas blancs. Pas même près. « 

Mais je n’ai rien dit. (« Choisissez un côté, Chris, choisissez un côté. »)

Alors je me tiens là, essayant de me réveiller, de ne pas sortir avec des femmes blanches et de me sentir un peu mal à ce sujet. Parce que je sort vraiment avec, et je pense que la décision de ne plus sortir avec des femmes blanches pourrait ne pas être la mienne, que toute décision de choisir un camp n’aide pas tout le monde, car comment pouvons-nous résoudre quoi que ce soit dans ce monde plein de hashtags machin sans nous séparer et nous isoler? Et aussi, je veux dire, beaucoup de femmes blanches sont vraiment cool.

De toute évidence, les femmes blanches sont cool. Toutes les femmes sont cool. Cool est un mot si simple, pas le mot que je veux utiliser en ce moment. Je ne veux pas juste dire cool. (Je ne devrais probablement même pas parler de sortir ou de ne pas sortir avec des femmes blanches. Ah, mec, ça ne va pas là où je le voulais -)

Quoi qu’il en soit, c’est moi qui désire ardemment, qui prie, tiens un journal, écrire, dialogue, organise un one-man show, souhaite beaucoup de chose, essaye de choisir un camp, me demander comment me choisir moi-même et essayer d’envelopper ma tête autour de cela, en espérant que je suis bien en train de faire un truc conscient, parce que quelque chose ne va pas bien.

Christopher Rivas est un conteur, acteur et créateur de « The Real James Bond Was Dominican! »

Traduit par Elimu

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6 choses à savoir sur le Dr Mark Dean, l’inventeur noir responsable du PC moderne

Il y a des histoires que personne n’a intérrêt à raconter aux Noirs. Celle du Dr Mark Dean est symptomatique du déni que la société occidentale accole au génie Noir. Une simple requête wikipedia sur son nom vous en convaincra. Nous avons donc la responsabilité d’honorer nos génies et nos figures historiques. C’est précisément ce que nous faisons ici en vous racontant l’histoire d’un des hommes et des femmes qui ont contribué à changer la face du globe, rien de moins.

Lorsqu’on parle de révolution numérique, de l’âge du digital, on ne parle jamais de lui. Pourtant il est aussi important, si ce n’est plus, que les plus grands noms des GAFAM.

Parlez-en a vos enfants, cette personne peut-être une inspiration pour les générations futures qui devront, quoi qu’il arrive, vivre avec le produit de ses inventions: l’informatique moderne.

Début de carrière et éducation du Dr Mark Dean

Mark Dean (2 mars 1957) a commencé sa carrière chez IBM en tant qu’ingénieur travaillant sur les tout premiers ordinateurs personnels dans les années 1980. Dean devrait être aussi célèbre que Steve Jobs, Bill Gates et Steve Wozniak pour ses contributions exceptionnelles aux PC, ordinateurs portables et autres appareils modernes.

En 1979, il est major de promotion  dans sa discipline à l’Université du Tennessee et a ensuite travaillé pour IBM. Dean a également obtenu un diplôme en génie électrique (computer science) de la Florida Atlantic University en 1982 et un doctorat dans ce même domaine à la Stanford University en 1992.

Un PC plus efficace et plus productif

En 1981, au cours de ses premières années chez IBM, Dean et un collègue ont créé le bus ISA, qui était destiné à rendre les PC plus utiles dans les bureaux et les entreprises. Les imprimantes, scanners, moniteurs et pilotes de disque pouvaient désormais être connectés directement aux ordinateurs eux-mêmes. L’image ci-dessus montre à quoi ressemblait le premier bus ISA.

 

Dean détient 20 brevets

Dean a passé toute sa carrière à travailler chez IBM. En fait, son travail était si révolutionnaire qu’il détient trois des neuf premiers brevets de la société informatique sur les inventions sur lesquelles tous les PC sont basés. Par exemple, il a travaillé sur la première carte graphique couleur qui permettait aux moniteurs d’afficher la couleur. Dans l’ensemble de sa carrière, Dean détient 20 brevets pour ses diverses inventions et la plupart d’entre elles proviennent d’inventions IBM.

Ordinateurs intelligents

En 1999, Dean a dirigé une équipe de programmeurs pour développer l’un des tremplins de la technologie informatique moderne – la première puce gigahertz. La puce du microprocesseur CMOS est remarquable car elle a traité un milliard de calculs et de grandes quantités de données en une seconde. Un cap a été franchi avec cette puce révolutionnaire.

 

Leader chez IBM

Avec tout son succès sur le PC, IBM a choisi Dean pour devenir vice-président des performances de la division RS / 6000 en 1997. Dans son nouveau rôle, il a agi comme un homme d’idée, proposant de nouveaux produits qui changeraient la façon dont la technologie affectait la vie courante. L’une de ses idées était pour la tablette électronique. Deux ans plus tard, il est devenu directeur du Austin Research Lab d’IBM, où il a développé la puce gigahertz. À la fin des années 90 et 2000, il a été vice-président de plusieurs départements IBM.

Héritage

En 1996, Dean a été nommé IBM Fellow, ce qui fait de lui le seul employé noir de l’entreprise à obtenir cet honneur. Pour ses réalisations incroyables, il a également été intronisé au National Inventors Hall of Fame et a reçu le prix du président du Black Engineer of the Year Award en 1997. En 2001, il a été élu membre de la National Academy of Engineers (NAE).

Elimu

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L’OJAL devient Elimu!

Pour beaucoup, si vous lisez ces lignes c’est parce que de près ou de loin vous connaissez l’OJAL. Que vous nous ayez connus depuis nos débuts en 2014 ou que vous venez de nous découvrir, que vous nous connaissiez à travers nos événements associatifs à Lyon ou à travers nos activités sur internet, vous êtes témoins d’une mutation : en effet comme la chenille devient papillon, nous tournons une page de vies de militants panafricanistes pour embrasser une nouvelle époque pleine d’aventures, l’Organisation de la Jeunesse de Lyon devient Elimu. Nous revenons dans cet article sur notre historique ainsi que les raisons de notre évolution.

 

Elimu est une plate-forme éducative numérique qui propose un nouveau regard sur l’éducation des personnes afrodescendantes. En effet, « elimu » est un mot swahili qui veut dire « éducation ». Le but est de promouvoir une éducation spécialisée pour personne d’ascendance africaine.

Cette plate-forme lancée en 2019 est le résultat de plusieurs années d’activités militantes et de réflexions personnelles et collectives.

Nous sommes deux frères, d’origine africaine qui depuis l’adolescence se posent des questions quant à leur place dans ce monde dominé par la suprématie blanche et l’hyper-capitalisme mondialisé. Très vite, la question de l’identité s’est fait ressentir car, comme la plupart des jeunes noirs évoluant dans un pays de Blancs, on nous renvoyait continuellement à nos origines et notre apparence. Vous connaissez sûrement tous les questions gênantes que les non-racisés peuvent poser au sujet de nos cheveux, notre peau, notre pays d’origine ou notre culture…

 

Le choix a été rapidement celui d’approfondir nos connaissances sur qui nous sommes en tant que garçons noirs et africains. Cette décision nous a conduites à la création d’une organisation panafricaniste dès 2014 qui se fit connaître dans la sphère afro-francophone sous le nom d’Organisation de la Jeunesse Afrodescendante de Lyon (OJAL).

L’organisation fonctionnait autour de trois pôles : Education, Black Business et Media et avec pour ligne directrice un programme politique que nous avons appelé « Initiative Communautaire » :

 

Les 5 principes fondamentaux :

UNITÉ :

Nous pensons que l’unité des populations afrodescendantes, où qu’elles se trouvent, ainsi que l’émergence d’une conscience communautaire sont des conditions sine qua non à l’élévation politique, économique, sociale et culturelle du continent et de la diaspora.

AUTODÉTERMINATION :

L’OJAL se positionne de manière ferme contre l’impérialisme et le paternalisme de toutes sortes. Nous promouvons de manière inconditionnelle l’indépendance réelle de notre peuple. Nous estimons que notre communauté a assez mendié, et qu’il est grand temps que nous comprenions qu’il est inadmissible que nous attendions que d’autres fassent pour nous ce que nous sommes amplement capable de faire pour nous-même et par nous-même.

SOLIDARITÉ ET RESPONSABILITÉ COMMUNAUTAIRE :

Il est impératif que notre communauté s’organise afin de créer de vrais réseaux de solidarité. Indéniablement les destins des populations afrodescendantes sont liés, il est donc dans notre intérêt de nous entraider et de collectiviser ressources et connaissances.

COOPÉRATION ÉCONOMIQUE :

L’OJAL est consciente que l’amélioration de nos destinés, ne passera que par la maîtrise de notre économie (promotion de l’auto-entrepreneuriat, soutien aux entreprises et institutions afro-descendantes) et la coopération productive. Notre communauté doit comprendre qu’elle s’appauvrit à chaque fois qu’elle dépense chez les autres. 

RAPATRIEMENT:

L’OJAL appel au rapatriement des forces vives de la diaspora vers notre continent (ou des territoires majoritairement noir). L’histoire des Afrodescendants prouve que l’offre d’intégration est hypocrite et mensongère, et affaiblit notre communauté au profit des autres.

 

Le but de l’OJAL était de créer une conscience communautaire dans la ville de Lyon, à travers un certains nombres d’activités de sensibilisation et de conscientisation à l’éducation politique afro diasporique (conférences, projection-débat, promotion du black business, micro-trottoir, programme de soutien scolaire …etc).

La team OJAL lors d’un événement de la promotion du Black Business en 2015

Cette organisation nous a permis de mettre en pratique nos idéaux et de les confronter à la réalité du terrain. Assez rapidement, nous étions connu dans la ville et les acteurs de la communauté (entrepreneurs, élus, présidents d’associations, étudiants …etc) nous sollicitaient régulièrement sur le thème du panafricanisme et de la revalorisation de soi. Nous étions la référence du « radicalisme noir » à Lyon, mais en France plus largement aussi.

L’OJAL faisant la promotion de l’Initative Communautaire à Lyon auprès des étudiants

C’est cependant sur internet que nous avons connu une plus grande exposition grâce à notre page Facebook qui regroupe 30 000 abonnés et notre site internet sur lequel nous publions régulièrement des articles sur l’histoire et l’actualité des Afrodescendants. Nous étions devenu une des organisations panafricanistes les plus influentes en France des 5 dernières années.

Notre réseau de partenaires et notre impact sur les membres actifs dans la communauté afro francophone venait consolider l’idée que nous étions sur la bonne voie.

Les cadres de l’OJAL avec le Dr. Umar Johnson

5 ans plus tard, forts de nos succès (le but de créer un eco-sytème afro communautaire à Lyon ayant été  globalement atteint) mais fatigués de cette vie ingrate de militants (sans salaire, reconnaissance pas à la hauteur des efforts …etc), l’un de nos co-créateur étant partis poursuivre ses activités de journaliste à Paris au sein de la rédaction du média NOFI, ce fût une opportunité pour nous de changer de format.

Nous visons maintenant bien plus large qu’une seule ville, nous visons les communautés afro de toute la planète, et nous nous concentrons sur la base du problème des Afrodescendants: l’éducation. C’est ainsi qu’est né Elimu qui se veut être l’ed-tech afro de référence, l’accélérateur de consciences noires dont le 21ème siècle à tant besoin.

Un an après sa création, Elimu devient internationale puisqu’elle est maintenant présente sur le continent africain, dans la ville de Kigali, au Rwanda précisement. Elle est une Organisation Non-Gouvernementale spécialisée dans l’éducation et la formation des personnes d’ascendance africaine où qu’elles soient. A Kigali par exemple, nous avons ouvert un ciné-club qui propose du contenu audio-visuel sur le thème de l’histoire et la culture des peuples d’Afrique dans un cadre de réflexion et de discussions.

Le logo du ciné club d’Elimu à Kigali

En attendant de nouveaux formats que nous mettrons en place pour diffuser les connaissances présentes dans le monde panafricain (Web TV, radio, maison d’édition …etc), restez connecté sur notre site, et nos réseaux sociaux !!

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Comment nous tuons nos fils bien avant qu’ils ne meurent dans la rue

L’article original a été posté sur Medium. Nous avons vu que ce message n’est pas porté dans le monde francophone, donc nous avons entrepris de traduire les propos de cette maman qui se fait appeler Ms. Melanian sur le réseau.

Il y a beaucoup de femmes noires qui prient pour «un bon homme noir», mais ce sont généralement les mêmes qui tuent cette bonté chez leurs propres fils. Ce sont elles qui causent des dommages irréversibles à sa psyché bien avant les écoles et la société.

Incapable de regarder le récent et  horrible moment où l’on voyait une mère battant son fils âgé de 7 ans et menaçant de «lui casser la figure» pour avoir manqué de respect à son enseignant, on m’a rappelé comment j’ai tué mon propre fils, bien avant sa disparition, il y a 5 ans.

Ce n’est pas de la discipline! C’est assassiner l’âme de votre enfant!

 

L’article évoque le buzz qu’a suscité cette maman qui a attrapé son fils dans une manifestation et l’a corrigé devant tout le monde à Baltimore

En grandissant, mon fils m’aimait plus que la vie, mais je lui ai fait craindre pire que la mort. J’ai crié sur lui, je l’ai battu pour avoir semé la pagaille, je l’ai menacé pour m’avoir dérangé et j’ai osé lui demander de pleurer lorsqu’il faisait du mal. J’ai brisé des promesses que je lui avait fait, je lui ai refusé les étreintes et les bras aimants. Surtout, j’ai brisé sa confiance envers mon rôle divin de mère.

Le passé qui me hantait depuis 40 ans a refait surface lors de la couverture nationale d’une mère battant son fils à Baltimore dans le Maryland il ya plusieurs années. Saluée, élue « Mère de l’année » par les médias encourageant la société à croire que nos fils doivent être vaincus car ils ne semblent pas être bons.

J’ai été scandalisée par son comportement méchant comme beaucoup de mères. Certaines parce qu’elles n’humilieraient jamais leurs fils en public de manière aussi dégradante et d’autres parce que, comme moi, vivaient depuis assez longtemps déjà pour déjà regretter d’avoir ainsi violé leurs précieux dons de Dieu de la pire des manières.

Nos fils souffrent d’une mort lente, cruelle, mais invisible, lorsque leur mère est la première à les appeler mauvais garçon, la première à leur crier NON et à les arrêter. Son esprit est brisé quand c’est elle qui lui dit qu’il ne peut pas faire cela, ne devrait pas faire cela, et qu’il vaut mieux ne pas penser à faire autre chose que ce que ‘Maman’ permet.

J’ai entendu de jeunes mères dire: «Il veut juste que je l’enlace» Mais même en le sachant, choisissent de l’ignorer. Ou bien, « il agit juste comme un bébé » alors qu’en fait il l’est. J’ai vu qu’elle lui hurle dessus, l’appelle par des noms péjoratifs et le gifle en public. À la maison, elle l’enferme quand il pleure, ignore son besoin d’être couvé et permet à d’autres de le frapper pour le rendre dur. Elle lui dédaignera l’exploration du fonctionnement des choses et le félicitera d’agir comme un clown.

Quand il grandit, elle est la première à prendre parti contre lui quand il est accusé d’avoir mal agi et est fier de l’embarrasser et de l’humilier pour impressionner ses accusateurs. Il n’est pas étonnant qu’il s’en retourne vers les rues sans se soucier de la vie, à la recherche de cette douleur familière de la mort jusqu’à ce qu’elle le trouve.

Les réseaux sociaux sont criblés de messages de femmes noires qui crient au sujet des hommes «pas bons» qui ont ruiné leur vie et leur ont brisé le cœur, mais combien de ces femmes se sont jamais arrêtées pour penser que nous, mères noires, élevons ces hommes.

La vérité est qu’il n’existe pas de Noir « mauvais », brisés oui, mais personne n’entre dans cette vie «mauvais» et personne n’aspire à devenir « mauvais ». De mauvaises choses peuvent façonner son monde et c’est dans son utérus que commence son monde . S’il reçoit une protection et un amour suffisamment fort de sa mère – même sans la présence de son père, rien dans la vie ne pourrait le briser ou le rendre un homme mauvais.

Comme dans les déclarations virales d’aimer l’homme Noir, de Monique, de nombreuses femmes noires ressentent la même chose, mais on ne peut jamais rien dire de substantiel qui guérisse les plaies du Noir jusqu’à ce que nous présentions pour la première fois des excuses sincères pour le tort que nous avons commis en tant que mères, envers notre peuple. Nos fils qui grandissent dans ces hommes. Ensuite, collectivement, nous devons changer nos comportements à leur égard.

Bien que je ne puisse pas me souvenir de toutes les choses ignobles que j’ai faites à mon fils (et à son petit frère), il y a quelques choses qui me hantent constamment; mon attitude intolérable face à son besoin de jouer, ma négligence à le prendre dans mes bras, à lui apprendre et à l’aider à apprendre par lui-même avec une tolérance compatissante; de l’avoir battu pour avoir commis des erreurs.

Ces choses auraient peut-être été conciliables dans son développement si elles avaient été occasionnelles, mais c’étaient des schémas extrêmes qui ont lentement détruit sa capacité à développer la confiance, la curiosité et l’estime de soi. Pour dissimuler mon horrible attitude en tant que mère, je l’ai habillé de beaux vêtements, lui ai appris à s’adresser à moi en tant que madame et à ne parler que lorsqu’on lui parle, pour que je puisse le montrer en public et me faire féliciter pour « un merveilleux travail »avec lui.

Puis vint les dommages irrémédiables. Son père est allé en prison avant sa naissance et y est resté près de 10 ans. Je suis donc parti à la recherche d’un autre «bon homme noir», en cherchant dans les boîtes de nuit où j’ai travaillé et joué. Mois après mois, j’emmenais différents hommes chez moi pour les présenter à mon fils.

Mon fils a été témoin de ce que je sombrais dans la toxicomanie, homme après homme et une foule d’amis peu recommandables qui allaient et venaient pendant que je remettais son corps à demi nourris dans sa chambre et que je poursuivais d’une manière qu’il n’aurait jamais du voir ni entendre.

J’ai commencé à me réveiller après qu’une de mes hurlements de rage ait tellement effrayé mon fils (à l’âge de 8 ans) qu’il a mouillé son pantalon. J’ai commencé à faire le ménage et à découvrir plus tard des choses horribles qui lui sont arrivées lorsque certains de ces personnages sombres entrent et sortent de ma maison pendant que je suis inconsciente

.Finalement, j’ai trouvé un homme à épouser, ayant trois autres enfants. Il s’avère que mon mari a aussi été tourmenté. Il ne m’a jamais fait confiance à cause de ce qu’il a vu sa mère faire, et pour un homme, aucune femme sur cette planète n’est meilleure que sa mère!

Ainsi, si la mère viciée d’un homme était aussi une menteuse, une tricheuse ou un mangeuse d’hommes méchant, peu importe la qualité d’une femme, il croit inconsciemment qu’il existe quelque part en elle les mêmes caractéristiques terribles de sa mère.

En fin de compte, j’ai dû échapper à mon mari, me découvrir, et finalement devenir un type de mère différent qui élève mes enfants avec une vie différente.

Mon fils aura 45 ans l’année prochaine et je ne lui ai pas encore présenté mes excuses pour le tort que je lui ai j’ai en l’élevant. Bien qu’il ait ensuite construit un conglomérat phénoménal d’entreprises avec d’autres hommes tourmentés, je savais qu’il était hanté par le passé que je lui avais raconté. Mais au lieu de le regarder dans les yeux et de dire: « Je suis désolée », je baissais les yeux dans une honte muette dans les rares moments où il se présentait; alors finalement, il a cessé de venir.

Je raconte cette histoire, ne sachant pas si je le reverrai vivant, que d’autres mères font les mêmes erreurs et que je présente des excuses sincères à tous les hommes Noirs qui souffrent aux mains de leurs mères cruelles et inconscientes.

Peu importe les changements que j’ai apportés, je ne peux pas me racheter, car je ne peux pas revenir en arrière et annuler ce que j’ai fait. Mais si ceci est entendu de la même façon que je le sens dans mon cœur, nous, mères noires, pouvons changer la façon dont le monde traite nos fils à compter de ce jour, en modifiant la façon dont nous les traitons, en les élevant, en les respectant et en leur donnant procurant les effets éternels de son premier AMOUR.

En ce moment, dans le monde entier, le Noir est ciblé pour échouer parce que, même dans le pire des cas, il est meilleur que la plupart des autres – quand il le veut bien. En tant que mères, notre travail consiste à nourrir leurs cœurs, à protéger leurs esprits et à les inonder d’amour pour les préparer aux tribulations que la société leur a réservées.

Il s’agit d’aimer l’homme Noir – et nous ne pouvons pas lui déclarer notre amour en battant ses fils!

De toute évidence, il ne s’agit pas de nos fils, qui ne cherchent nullement à ignorer nos précieuses filles. Cependant, cela devrait servir à éclairer ce qui doit être fait pour eux aussi car, si nos fils sont la cible, nos filles en sont l’appât.

 

Traduit par Elimu

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