Comment nous tuons nos fils bien avant qu’ils ne meurent dans la rue

L’article original a été posté sur Medium. Nous avons vu que ce message n’est pas porté dans le monde francophone, donc nous avons entrepris de traduire les propos de cette maman qui se fait appeler Ms. Melanian sur le réseau.

Il y a beaucoup de femmes noires qui prient pour «un bon homme noir», mais ce sont généralement les mêmes qui tuent cette bonté chez leurs propres fils. Ce sont elles qui causent des dommages irréversibles à sa psyché bien avant les écoles et la société.

Incapable de regarder le récent et  horrible moment où l’on voyait une mère battant son fils âgé de 7 ans et menaçant de «lui casser la figure» pour avoir manqué de respect à son enseignant, on m’a rappelé comment j’ai tué mon propre fils, bien avant sa disparition, il y a 5 ans.

Ce n’est pas de la discipline! C’est assassiner l’âme de votre enfant!

 

L’article évoque le buzz qu’a suscité cette maman qui a attrapé son fils dans une manifestation et l’a corrigé devant tout le monde à Baltimore

En grandissant, mon fils m’aimait plus que la vie, mais je lui ai fait craindre pire que la mort. J’ai crié sur lui, je l’ai battu pour avoir semé la pagaille, je l’ai menacé pour m’avoir dérangé et j’ai osé lui demander de pleurer lorsqu’il faisait du mal. J’ai brisé des promesses que je lui avait fait, je lui ai refusé les étreintes et les bras aimants. Surtout, j’ai brisé sa confiance envers mon rôle divin de mère.

Le passé qui me hantait depuis 40 ans a refait surface lors de la couverture nationale d’une mère battant son fils à Baltimore dans le Maryland il ya plusieurs années. Saluée, élue « Mère de l’année » par les médias encourageant la société à croire que nos fils doivent être vaincus car ils ne semblent pas être bons.

J’ai été scandalisée par son comportement méchant comme beaucoup de mères. Certaines parce qu’elles n’humilieraient jamais leurs fils en public de manière aussi dégradante et d’autres parce que, comme moi, vivaient depuis assez longtemps déjà pour déjà regretter d’avoir ainsi violé leurs précieux dons de Dieu de la pire des manières.

Nos fils souffrent d’une mort lente, cruelle, mais invisible, lorsque leur mère est la première à les appeler mauvais garçon, la première à leur crier NON et à les arrêter. Son esprit est brisé quand c’est elle qui lui dit qu’il ne peut pas faire cela, ne devrait pas faire cela, et qu’il vaut mieux ne pas penser à faire autre chose que ce que ‘Maman’ permet.

J’ai entendu de jeunes mères dire: «Il veut juste que je l’enlace» Mais même en le sachant, choisissent de l’ignorer. Ou bien, « il agit juste comme un bébé » alors qu’en fait il l’est. J’ai vu qu’elle lui hurle dessus, l’appelle par des noms péjoratifs et le gifle en public. À la maison, elle l’enferme quand il pleure, ignore son besoin d’être couvé et permet à d’autres de le frapper pour le rendre dur. Elle lui dédaignera l’exploration du fonctionnement des choses et le félicitera d’agir comme un clown.

Quand il grandit, elle est la première à prendre parti contre lui quand il est accusé d’avoir mal agi et est fier de l’embarrasser et de l’humilier pour impressionner ses accusateurs. Il n’est pas étonnant qu’il s’en retourne vers les rues sans se soucier de la vie, à la recherche de cette douleur familière de la mort jusqu’à ce qu’elle le trouve.

Les réseaux sociaux sont criblés de messages de femmes noires qui crient au sujet des hommes «pas bons» qui ont ruiné leur vie et leur ont brisé le cœur, mais combien de ces femmes se sont jamais arrêtées pour penser que nous, mères noires, élevons ces hommes.

La vérité est qu’il n’existe pas de Noir « mauvais », brisés oui, mais personne n’entre dans cette vie «mauvais» et personne n’aspire à devenir « mauvais ». De mauvaises choses peuvent façonner son monde et c’est dans son utérus que commence son monde . S’il reçoit une protection et un amour suffisamment fort de sa mère – même sans la présence de son père, rien dans la vie ne pourrait le briser ou le rendre un homme mauvais.

Comme dans les déclarations virales d’aimer l’homme Noir, de Monique, de nombreuses femmes noires ressentent la même chose, mais on ne peut jamais rien dire de substantiel qui guérisse les plaies du Noir jusqu’à ce que nous présentions pour la première fois des excuses sincères pour le tort que nous avons commis en tant que mères, envers notre peuple. Nos fils qui grandissent dans ces hommes. Ensuite, collectivement, nous devons changer nos comportements à leur égard.

Bien que je ne puisse pas me souvenir de toutes les choses ignobles que j’ai faites à mon fils (et à son petit frère), il y a quelques choses qui me hantent constamment; mon attitude intolérable face à son besoin de jouer, ma négligence à le prendre dans mes bras, à lui apprendre et à l’aider à apprendre par lui-même avec une tolérance compatissante; de l’avoir battu pour avoir commis des erreurs.

Ces choses auraient peut-être été conciliables dans son développement si elles avaient été occasionnelles, mais c’étaient des schémas extrêmes qui ont lentement détruit sa capacité à développer la confiance, la curiosité et l’estime de soi. Pour dissimuler mon horrible attitude en tant que mère, je l’ai habillé de beaux vêtements, lui ai appris à s’adresser à moi en tant que madame et à ne parler que lorsqu’on lui parle, pour que je puisse le montrer en public et me faire féliciter pour « un merveilleux travail »avec lui.

Puis vint les dommages irrémédiables. Son père est allé en prison avant sa naissance et y est resté près de 10 ans. Je suis donc parti à la recherche d’un autre «bon homme noir», en cherchant dans les boîtes de nuit où j’ai travaillé et joué. Mois après mois, j’emmenais différents hommes chez moi pour les présenter à mon fils.

Mon fils a été témoin de ce que je sombrais dans la toxicomanie, homme après homme et une foule d’amis peu recommandables qui allaient et venaient pendant que je remettais son corps à demi nourris dans sa chambre et que je poursuivais d’une manière qu’il n’aurait jamais du voir ni entendre.

J’ai commencé à me réveiller après qu’une de mes hurlements de rage ait tellement effrayé mon fils (à l’âge de 8 ans) qu’il a mouillé son pantalon. J’ai commencé à faire le ménage et à découvrir plus tard des choses horribles qui lui sont arrivées lorsque certains de ces personnages sombres entrent et sortent de ma maison pendant que je suis inconsciente

.Finalement, j’ai trouvé un homme à épouser, ayant trois autres enfants. Il s’avère que mon mari a aussi été tourmenté. Il ne m’a jamais fait confiance à cause de ce qu’il a vu sa mère faire, et pour un homme, aucune femme sur cette planète n’est meilleure que sa mère!

Ainsi, si la mère viciée d’un homme était aussi une menteuse, une tricheuse ou un mangeuse d’hommes méchant, peu importe la qualité d’une femme, il croit inconsciemment qu’il existe quelque part en elle les mêmes caractéristiques terribles de sa mère.

En fin de compte, j’ai dû échapper à mon mari, me découvrir, et finalement devenir un type de mère différent qui élève mes enfants avec une vie différente.

Mon fils aura 45 ans l’année prochaine et je ne lui ai pas encore présenté mes excuses pour le tort que je lui ai j’ai en l’élevant. Bien qu’il ait ensuite construit un conglomérat phénoménal d’entreprises avec d’autres hommes tourmentés, je savais qu’il était hanté par le passé que je lui avais raconté. Mais au lieu de le regarder dans les yeux et de dire: « Je suis désolée », je baissais les yeux dans une honte muette dans les rares moments où il se présentait; alors finalement, il a cessé de venir.

Je raconte cette histoire, ne sachant pas si je le reverrai vivant, que d’autres mères font les mêmes erreurs et que je présente des excuses sincères à tous les hommes Noirs qui souffrent aux mains de leurs mères cruelles et inconscientes.

Peu importe les changements que j’ai apportés, je ne peux pas me racheter, car je ne peux pas revenir en arrière et annuler ce que j’ai fait. Mais si ceci est entendu de la même façon que je le sens dans mon cœur, nous, mères noires, pouvons changer la façon dont le monde traite nos fils à compter de ce jour, en modifiant la façon dont nous les traitons, en les élevant, en les respectant et en leur donnant procurant les effets éternels de son premier AMOUR.

En ce moment, dans le monde entier, le Noir est ciblé pour échouer parce que, même dans le pire des cas, il est meilleur que la plupart des autres – quand il le veut bien. En tant que mères, notre travail consiste à nourrir leurs cœurs, à protéger leurs esprits et à les inonder d’amour pour les préparer aux tribulations que la société leur a réservées.

Il s’agit d’aimer l’homme Noir – et nous ne pouvons pas lui déclarer notre amour en battant ses fils!

De toute évidence, il ne s’agit pas de nos fils, qui ne cherchent nullement à ignorer nos précieuses filles. Cependant, cela devrait servir à éclairer ce qui doit être fait pour eux aussi car, si nos fils sont la cible, nos filles en sont l’appât.

 

Traduit par Elimu

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Balotelli ? « Il est noir et il travaille à s’éclaircir » dérapage raciste du Président du Brescia

On apprend par l’intermédiaire du site 20minutes que le président du club de Brescia, où évolue le joueur de football Mario Balotelli à proféré des propos plus que douteux: « Le problème de Balotelli ? Il est noir et il travaille à s’éclaircir »

Des propos que le communiquant du club a qualifié de « plaisanterie », avant que ledit président la ramène à nouveau disant que le soucis est qu’on parle trop de Balotelli à cause des problèmes de racisme. Il faudrait rester focus sur le plan sportif selon lui.

Balotteli semble isolé dans son club

Sûrement que cet homme ne comprend pas que des cris de singes peuvent blesser un être humain? Peut-être considère-t-il que c’est de la coquetterie de se plaindre d’actes racistes? A-t-il conscience du message de banalisation du racisme qu’il divulgue? Est-ce que les petits en récréation ne vont pas eux aussi, à leur tour, banaliser comme leurs parents les actes racistes qui ont lieu dans les stades?

On en revient donc à la responsabilité des dirigeants du football Italien et européen plus globalement qui ne cessent, années après années, d’excuser, minimiser, banaliser voir valider toutes sortes de comportements qui portent atteinte à l’intégrité de leurs joueurs. Sûrement qu’ils savent que la plupart de leur supporters sont d’accord avec ces actes…sûrement qu’ils sont eux-mêmes d’accord avec ces pratiques.

Quoi qu’il en soit il ne s’agit pas de leur opinion dont on parle. On se changera pas un raciste en homme tolérant avec une plainte judiciaire, mais au moins on peut le faire taire! Les joueurs de football sont incapables d’union face à la banalisation du racisme dans les stades. Pourtant ils forment les rangées des meilleurs joueurs de chaque championnat, de beaucoup de sélections nationales. Que faut-il pour qu’ils se réveillent et agissent là où leur dirigeants ne bougent pas le petit doigt?

Voyez par vous-même. Est-ce que cette génération de joueurs apprendra à courber l’échine façon nouveaux tirailleurs ou bien vont-ils véritablement se réveiller et imposer le respect qui leur ai dû? Affaire à suivre…

 

Pourquoi Les Misérables de Ladj Ly est un film important

SPOILER ALERT!!!

Les misérables de Ladj Ly est l’adapation d’un court métrage du même nom qui avait déjà été nommé aux César 2018. C’est un film qui relate l’arrivée d’un policier de province (Damien Bonnard ) au sein d’une équipe de la bac qui tourne dans la cité des bosquets à Montfermeil dans l’emblématique 9.3. Il découvre l’insoutenable quotidien sur ces territoires lorsqu’il s’agit de la relation police/jeunes de cité. On découvre dans cette cité que c’est un petit Etat dans l’Etat. Il y a  un certain Maire, qui est en fait le président  (Steve Tientcheu ), il y a des diplomates, un corps des armées, une coopération internationale (les gitans) et bien entendu une économie interne (le marché) avec ses différents acteurs. Tout roule à peu près bien jusqu’à une certaine bavure.

C’est la cité où a grandi Ladj Ly, là où il a fait ses premières armes caméra au poing, là où il a découvert, trop tôt sûrement, la violence policière. Il maîtrise donc le sujet. Et c’est tant mieux. Enfin on peut avoir un film sans les poncifs habituels, sans les caricatures qui plombent trop souvent l’attrait que l’on a pour ce sujet. Ce qui frappe justement dans ce film est la justesse. Il n’y a pas de manichéisme, ce qui aurait pû être très tentant lorsqu’on fait un film sur des affrontements répétés et continuels. Il n’y a pas non plus de misérabilisme. Ce qui aurait terni l’image et la qualité à la fois du film et du réalisateur, qui aurait pu faire la part belle à son quartier et ses habitants. Il démarre dans l’euphorie de la victoire à la coupe du monde. Il démarre en bleu blanc et rouge, dans l’union. La suite est moins joviale.

Ladj Ly a mûri le sujet et le film. C’est l’œuvre d’une vie visiblement. Une vie qui a commencé très tôt avec la caméra, caméra qui est quasiment un personnage à part entière dans ce film. Elle crée des conflits lorsqu’elle voit des choses qu’elle ne devrait pas voir,  mais résout aussi des noeuds de tension lorsqu’elle profite à un camp contre un autre (les conflits des filles notamment). Elle est pilotée par un certain Buzz (Al-Hassan Ly ) qui, on le devine, campe le vrai Ladj Ly lorsque par exemple il filme les vraies émeutes des banlieues pour son film 365 jours à Clichy Montfermeil que l’on peut voir sur Youtube.

La tension jeunes de cité/policiers de la bac est au coeur de l’oeuvre de Ladj Ly. Dans son film au départ on n’a de sympathie que pour la jeune recrue façon training day qui va découvrir la banlieue du 93 avec ces baceux à la peau épaissie par le quotidien brûlant des banlieues chaudes. Il va découvrir qu’ils sont à la fois choyés par leur hiérarchie, incarnée par Jeanne Balibar , qui les soutient tant bien que mal, cette administration prise au piège des politiques de la ville depuis les années 80, tantôt abuseurs de leurs fonctions auprès de jeunes filles sans défense, tantôt pris dans des guett-apens sauvages d’insurrection juvénile.

Sous des faux airs de Training Day donc, le film se déroule quasiment sur une journée, avec à la place de Denzel et tout comme lui dans son rôle de ripoux, un Alexis Manenti  chaud comme la braise: le baceux qu’on aime détester, qui provoque sans cesse, une racaille avec un badge, prompt à vociférer qu’il incarne à lui seul la loi lorsqu’il est dos au mur. Toutefois il est également dans l’autodérision constante lorsqu’il assume avec joie son pseudo de porc allant jusqu’à s’entourer de mascottes porcines. Lui l’homme blanc non musulman au milieu de cette population ghettoïsée, donc monochrome, d’Africains de l’ouest que l’on sait quasiment exclusivement musulmans. On découvrira vers la fin qu’il n’est pas si xénophobe qu’on le pense.

Ladj Ly a eu le prix du Jury au dernier Festival de Cannes pour ce film

Son binôme au sein de la bac avant l’arrivée du nouveau est un grand sénégalais nommé Gwada (sans qu’on comprenne vraiment le sens de ce pseudo), complaisant avec son collègue lorsqu’il bouscule un peu la loi, le genre de flic renoi qu’on adore haïr, bien plus encore que le flic de la bac raciste. Le personnage joué par Djibril Zonga  est au contraire traité avec beaucoup d’humanité. Ce flic est entre le marteau et l’enclume. Il travaille pour l’Etat mais vient du même quartier que les jeunes qu’il contrôle. Il sert les deux camps, jusqu’au dérapage. Il occupe la fonction de médiateur lorsque son collègue pète les plombs ou abuse de son autorité. Il vient du même quartier mais a choisi une autre voie, celle qui mène à l’ordre.

C’est aussi de lui que vient l’incident déclencheur de toute cette violence insurrectionnelle, qui disons le, est filmée avec brio. Ce moment de cinéma est aussi soudain qu’explosif. Jouissif aussi lorsqu’on voit que de jeunes garçons mineurs prennent part à une action, violente certes, mais solidaire lorsqu’un des leurs est victime d’une bavure et que leur grands frères sont dans le statut quo, dans l’apaisement sans justice. Soit pour des raisons religieuses à travers le personnage de Salah (Almamy Kanouté ), ancien voyou devenu intégriste musulman, soit pour gratter les deniers publiques de la mairie, soit pour acheter la paix sociale nécessaire au business illégal ( Nizar Ben Fatma aka La pince).

L’autodétermination de ces jeunes vous prend aux tripes, on se croirait (toutes proportions gardées) dans les émeutes décoloniales de Soweto. Éblouissant. Fantastique. A contrario de cette violence exutoire, Ladj Ly dépeint en creux la détresse des pères, leur impuissance dans la scène du commissariat.

Oumar Soumare 72ème festival International du film de Cannes 2019

Parlons également du fait qu’il y a un nombre extrêmement important d’acteurs non professionnels dans ce film, ce parti pris est admirable. Par ce choix Ladj Ly montre son attachement à son quartier mais aussi à des figures connues des amateurs de rap car on peut reconnaître des personnages déjà présents dans les clips de PNL, qu’il a incorporé tel quel dans le film. Ce choix peut paraître étrange mais il fonctionne. Un hommage en quelque sorte à la culture urbaine de ces dernières années. Allusion à cette culture mais pas incorporation de tout ses codes. Ce n’est pas un film sur fond de rap. En réalité il n’y a qu’un freestyle claqué dans ce film…qui sert aussi à pointer du doigt l’effet destructeur sur la santé mentale de la prison. Ce n’est pas le film qui sert à faire une B.O mieux que le film lui-même par la suite avec tous les rappeurs de la place. Stop aux clichés. C’est un pari sur le talent des jeunes de banlieue; là où d’autres auraient pû faire jouer des pro déguisés en caillera et à l’accent boiteux. Les acteurs jouent juste. Cela n’a pas toujours été le cas dans les films fait par et pour les banlieusards…

Mention spéciale à Issa Perica  qui joue le personnage du même nom. Issa est un supporter de Mbappe (qui revient à plusieurs reprises dans le film) et de l’équipe de France. Il ne connaît pas vraiment la Marseillaise, comme l’écrasante majorité des jeunes de ce pays. Ce jeune-à-problèmes dont on ne connaît quasiment rien, si ce n’est son passage sûrement punitif au bled, semble aussi torturé que sans espoir. On comprend vite qu’il a un besoin irrépressible de s’accaparer des choses, de posséder un espace où une autre vie est possible quoi que cela lui en coûte. Cette envie lui coûtera beaucoup. Jusqu’à cette scène finale magnifique.

Ce film est un plaidoyer pour le dialogue, 20 ans après La Haine de Kassovitz. Ladj Ly et ses co-scénaristes Giordano Gederlini  et Alexis Manenti n’ont ménagé personne, n’ont accablé personne. Les questions restent ouvertes, le débat devra avoir lieu. En ce sens c’est un film important.

Espérons pour la France que ce débat sera mené avant une guerre civile. Espérons qu’on ne mettra pas les artistes des banlieues sur un piédestal pour justement ne pas parler du fond du problème que sont ces politiques publiques inefficaces, productrices de violence, d’incompréhensions entre l’institution régalienne et la population, de désunions dans ces quartiers déjà labellisés « territoires perdus de la Républiques ». Avant que ces populations ne deviennent des boucs émissaires, ces territoires-terreau-du-terrorisme, et qu’elles ne paient un lourd tribu en cas d’impasse nationale. Impasse vers laquelle la frange radicalement à droite de la France tente lentement mais sûrement d’aller. Contrairement à La Haine, Les misérables est un film en couleur, il y a peut-être encore de l’espoir, en tout cas selon Ladj Ly. Le film est inspirés de faits réels.

p.s: on aime forcément la référence à Mohammed Ali qui est également la nôtre ici

Elimu

Courtney Adeleye, magnat de la beauté, investit 30 millions de dollars dans un fonds destiné aux femmes entrepreneurs Afrodescendantes

«J’ai toujours été passionnée par la recherche d’opportunités de donner en retour et de répondre aux besoins de ma communauté», a déclaré Courtney Adeleye, fondatrice et directrice générale de The Mane Choice.

La capitaine d’indistrie dans la  beauté Courtney Adeleye a connu beaucoup de succès dans le domaine de l’entreprenariat en investissant dans l’avenir des femmes cheffes d’entreprises noires. Selon Black Enterprise, la fondatrice et PDG de The Mane Choice s’est associée à la société MAV Beauty Brands pour la création d’un fonds conçu pour les femmes de couleur à la manière d’une serenea williams.

Le Fonds, surnommé The Generational Advantage Fund, a été créé pour responsabiliser les femmes entrepreneures noires et les aider à jeter les bases de la constitution d’un patrimoine générationnel. L’initiative offrira des programmes et des ressources sur l’obtention d’un financement pour les entreprises commerciales, la littérature financière, le logement et d’autres domaines. Adeleye a contribué à hauteur de 30 millions de dollars au fonds.

«J’ai toujours été passionné par la recherche d’opportunités pour donner en retour et répondre aux besoins de ma communauté. Mes sœurs et moi avons été élevées par une mère célibataire à Detroit, dans le Michigan. Je souhaitais donc avant tout aider les femmes d’une manière qui aurait un impact non seulement aujourd’hui, mais pour les générations à venir. Et même après d’innombrables cadeaux, je savais qu’il restait encore beaucoup à faire », a-t-elle écrit dans un post sur Instagram.

«Je cherchais des moyens d’élargir ma portée pour atteindre encore plus de vies, et c’était très important pour moi de trouver le partenaire idéal pour continuer et élargir le travail que j’avais déjà commencé dans la communauté.

Le Fonds Avantage Générationnel est conçu pour combler le fossé de la richesse des femmes vis-à-vis des hommes, aujourd’hui et pour les générations à venir, non seulement en atténuant un besoin immédiat, mais en fournissant des ressources pour créer un patrimoine générationnel. « 

La nouvelle de ce fonds intervient peu de temps après que Lily Adeleye, sa fille de 5 ans, soit devenue la plus jeune PDG à avoir vendu les produits de sa société chez Target. La marque de jeunesse Lily Frilly, conçue pour inspirer les jeunes filles, vend une variété de produits, notamment des sacs à dos, des robes, des boîtes à lunch et des nœuds papillon.

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Comment sauver vos enfants de devenir des adultes fauchés

Étant donné que nos enfants représentent probablement notre plus grande dépense et notre plus grand amour, il pourrait être utile de discuter de la manière dont nous leur enseignons l’argent. Si vous élevez vos enfants pour qu’ils soient financièrement responsables, ils peuvent être des atouts pour vous pendant la retraite. Si on leur apprend l’argent de la mauvaise façon, ils deviennent d’horribles passifs économiques qui vous laisseront assaillis par la culpabilité. Bien que je ne prétende pas tout savoir sur l’éducation des enfants, j’ai pensé partager certaines directives que vous voudrez peut-être prendre en compte pour enseigner l’argent à vos enfants.

Je veux que mes enfants soient indépendants, mon objectif est donc de m’assurer qu’ils ne dépendent plus de moi le plus rapidement possible. Lorsque tout le monde a la capacité de porter son propre poids, le groupe entier est plus fort. Pour une quelconque raison , nous tombons dans l’attitude de «la petite princesse de papa» avec nos enfants et nous pensons que c’est notre travail de veiller à ce qu’ils ne manquent de rien.

Si vous donnez un fauteuil roulant à un enfant avant même d’apprendre à marcher, il n’apprendra jamais à utiliser ses jambes.

En ce qui concerne mes enfants, je ne paye quasiment rien à 100%. Je paie la moitié et ils paient la moitié. De plus, s’ils veulent de l’argent, ils travaillent pour cela. C’est la vie. Et en leur accordant de l’aide sociale, je ne les prépare pas à devenir des adultes forts et responsables.

 

Le pouvoir et la richesse sont construits en Amérique par la possession. Même si vous êtes très bien payé, si quelqu’un d’autre contrôle la terre sur laquelle vous vous trouvez, vous pouvez être pris au piège d’une forme de prostitution bien payée. En ce qui concerne notre lutte pour l’égalité en Amérique, notre capacité à être fort et indépendant dépend en grande partie de la manière dont nous contrôlons notre destin économique personnel et collectif. Le contrôle de votre destin financier peut provenir de la possession de votre propre entreprise. Tous les enfants noirs devraient apprendre les rudiments de l’entreprenariat, même s’ils ne prévoient pas devenir propriétaires d’entreprise. On ne sait jamais quand ils seront bloqués sans emploi, pour trouver le moyen de joindre les deux bouts.

Il n’y a rien de mal à profiter de la vie. En fait, si vous ne profitez pas de la vie, je suis désolé pour vous. Mais dans certains cas, notre incapacité à retarder la gratification nous donne le contraire de ce que nous recherchons. Nous sommes paresseux aujourd’hui et finissons par travailler deux fois plus dur par la suite, car nous n’avons pas investi pour l’avenir. C’est comme conduire une voiture pendant des semaines sans changer l’huile ou faire le contrôle technique, puis s’énerver parce que votre voiture tombe en panne.

L’éducation financière est une clé du succès et d’émancipation

Quand j’étais jeune, j’ai beaucoup travaillé au collège, mais ce n’était pas parce que j’avais un amour intense pour l’éducation (qui s’est développé plus tard). Au lieu de cela, j’ai travaillé dur parce que je voulais «croquer dans la pomme» plus tard dans la vie. Une fois mes études terminées, mon travail bien rémunéré et ma propre entreprise, je me suis amusé plus que je ne l’aurais imaginé. Certains de mes amis qui n’investissaient pas, en revanche, ont découvert que leur vie était devenue un travail pénible et acharné rempli d’inconfort, ce qui semblait être l’opposé de ce qu’ils cherchaient.

Je ne sais pas tout et je ne prétends pas le faire. Mais en établissant des normes et des attentes élevées, vous pouvez au moins donner à vos enfants une chance de réussir dans la vie. Leur décision est d’accepter ou non les conseils, mais au moins vous leur avez donné une chance.

Boyce Watkins, également connu sous le nom de The People’s Scholar, est un éminent chercheur et commentateur social. Sa pensée, qui suscite la réflexion (et parfois la controverse), a été présentée sur tous les principaux médias, notamment CNN, MSNBC et Huffington Post. Bien qu’il analyse une vaste gamme de sujets, il s’intéresse principalement à l’émancipation économique, à la justice sociale et à l’éducation.

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Cette corruption Française que l’on minimise toujours

Pour les européens et les occidentaux en général, la corruption est une maladie endémique des pays du sud, une spécificité des pauvres en somme. Ils en parlent avec cette tête désolée et un paternalisme assumé en nous tapant sur l’épaule genre « je compatis mais vous avez vraiment l’air comme ça quoi ». C’est vrai que l’on a des champions chez nous dans tous les cercles du pouvoir pour détourner des sommes astronomiques d’argent public, d’argent des ONG, de dons divers et variés, si ce ne se sont pas les ressources minières ou le pétrole directement.

Nous l’admettons volontier, le nier serait vain et stupide. Le problème, c’est lorsque nous voulons mettre en perspective les mécanismes (pour qu’il y ait un corrompu il faut un corrupteur) internationaux de corruption. Cela s’aggrave lorsqu’on parle de corruption interne au pays. C’est comme le racisme, ça existe mais c’est vraiment, vraiment minoritaire selon eux. Récemment quelqu’un de courageux, un avocat de renommée et un fin connaisseur des milieux aisés de la capitale, Juan Branco a épinglé l’un des plus gros systèmes de corruption franco-française. Voyez seulement:

Le courrier ci-dessus a été publié sur le compte twitter de Juan Branco suite à une tentative de l’entreprise de le faire radier du barreau de Paris. Par chance (ou probité) ils ne se sont pas laissé corrompre et ont communiqué à l’avocat cette lamentable manoeuvre. C’est dire qu’il parle avec de solides arguments, étant lui-même un spécialiste du droit.

Tenez-vous bien: les travaux sont de l’ordre de 495 millions, l’entreprise Bouyghes fait une facture d’1,35 milliards et ils rajoutent 945 millions d’entretiens du bâtiment du P.A.L.A.I.S DE J.U.S.T.I.C.E!!

C’est la Casa de Papel leur boite. Sauf que le président est leur bon copain et que tout est légal. Dans son livre « Crépuscule » trouvable gratuitement en PDF, Juan Branco démontre avec brio tous ces réseaux qui ne sont pas seulement corrompus, ILS SONT LA CORRUPTION comme il l’écrit. Si ces gens sont prêts à faire payer de si lourds tributs à leur concitoyens, quels scrupules peuvent-ils avoir en dehors de leurs frontières? Ne pensez pas que ce n’est qu’un cas isolé, c’est un système qui profite tantôt à l’un tantôt à l’autre entre les milliardaires de ce pays. Le livre le démontre à souhait et dans une période très récente, alors que ce phénomène est très bien ancré dans ce pays. D’où la reproduction quasi infinie des élites aux plus hautes fonctions.

source: usembassy

 

L’exclusion de ces cercles de nos élites venus des anciennes ou actuelles colonies ou avec des noms à consonance Africaine n’est en définitive que secondaire. Ils doivent déjà déterminer entre eux qui arrivera au sommet à chaque élection, chaque gros contrat international, chaque nouveau marché. Vous ne verrez jamais un Afrodescendant même né en France obtenir une licence d’exploitation des télécoms ou la direction d’une banque centrale. Le sport et la chanson seulement. Même si vous vous appelez Tidjane Thiam il faut aller chercher ailleurs un travail à la hauteur de vos compétences. Si vous vous appelez Macron, avec beaucoup moins de talent et d’expérience, la présidence vous est acquise. Il faut que cela soit clair pour tout le monde parmi nous.

 

Cessons de nous morfondre en pensant que nos dirigeants sont de la pire des espèces, ils sont venus apprendre chez leur corrupteur comment danser cette musique à ce niveau. Nous savons bien que la corruption est globale et date de périodes immémorables. Faisons en sorte qu’ils n’aient d’autres choix que de nous inclure dans la mise sur orbite de nos sociétés respectives. La société civile doit montrer la voie de la probité, de l’engagement désintéressé, de l’excellence, de l’amour de la patrie. Participons à créer des institutions qu’ils ne pourront mettre à genous. Mettons nos compétences au service de nos territoires, la rançon est bien plus grande, l’honneur incommensurable. Sinon vous pouvez toujours rester sur leur territoire payer les dettes qu’ils ont fabriqué de toutes pièce pour vous.

 

 

Thomas Ngijol épinglé pour plagiat, il réagit violemment!!

Si vous êtes familiers du monde de l’humour et en particulier du stand up, vous devriez savoir que cet art est hautement apprécié outre-atlantique et que bon nombre de génies de l’humour là-bas sont Afrodescendants. D’Eddy Murphy (dont il semble être ultra fan) à Chris Rock en passant par Cedric the Entertainer ou Dave Chappelle les noms ne manquent pas, les talents foisonnent. Ce qui n’a pas déplu aux Français, qui ont profité du très bas niveau en anglais de leur concitoyens pour pomper allègrement des sketchs (coucou Gad El Maleh & Djamel).

source: twitter

Jusque-là ça ne touchait aucun membre de la communauté…on croisait les doigts, mais on était confiant. Nos artistes ont du talent et les réalités franco-africaines sont bien différentes de ce que peuvent dire leurs homologues américains…enfin c’était jusqu’à Thomas Ngijol (le mec qui a fait une comédie sur l’esclavage…et une autre sur les dictateurs Africains). Voyez de quoi on parle en l’occurrence juste-ici:

Comme vous le voyez on ne peut pas trop appeller ça de « l’inspiration ». L’inspiration c’est quand 2pac fait I rather be your n.i.g.g.a sur le sample de bootsy Collins I rather be with you…ce ne sont pas les mêmes paroles mais la filiation est évidente. Un artiste qui salue le talent d’un autre et tout le monde est content. Aucun scandale. Là il s’agit de copie du texte et parfois même de la gestuelle…ce qui fait beaucoup pour un show humoristique non?

L’intéressé ne l’a pas bien pris du tout (on s’en doute!!) et traître copucomics, devenu célèbre démasqueur de tricheurs pour les uns ou désenchanteur de l’humour pour les autres. Quoi qu’il en soit Thomas Ngijol a été pris la main dans le pot de confiture et il est dans une rage incroyable: il a pondu une réponse fleuve traitant le lanceur d’alerte de collabo, de lâche et se prenant lui-même pour Le Duc (donc le Booba de l’humour???)…bref c’est gênant. On peut voir sur son Twitter ici que ses followers ne l’ont pas épargné!!

Que pensez-vous de cette affaire?

La reine Lauryn Hill est (enfin!) de retour

Nous sommes au mois de Novembre, c’est un mois qui débute le lendemain de ce que les occidentaux appellent Halloween, par définition c’est la déprime. Il annonce l’hiver, et avant les joies de Noël et les fêtes du Nouvel An, pas grand-chose à se mettre sous la dent en terme de joie et de bonne humeur. C’est netflix&chill pour beaucoup d’entre nous.

Même en novembre il y a de ces grandes joies qui vous surprennent au réveil, vous sautent au cou et vous finissez en Konpa avant même d’en être conscient. Vous l’avez deviné, parce que c’est dans le titre, Lauryn Hill est redescendue rendre visite aux mortels. Cinq années d’attente, une éternité, 1825 jours environ. Tout ce temps sans nouvelles et on était presque prêt à écouter Tailor Swift et Adèle dans la même journée. On a oublié tout de suite le fiasco de l’année dernière et on se fait plaisir avec un nouveau titre.

Chris Lopez—Sony Music Archive/Getty Images

Elle nous revient avec une chanson destinée à la bande originale d’un film qui sort ce mois-ci aux States: « Queen & Slim ». Une histoire d’amour sur fond de violences policière avec les Britanniques Daniel Kaluuya  (Get Out, Sicario, Black Panther) et Jodie Turner-Smith (The last ship, Mad Dogs) dans les rôles-titre. Le tout produit par Malina Matsoukas connue pour la série Afro « Insecure ». Tout ceci s’annonçait déjà bien juteux et on a hâte. Mais la vraie révélation c’est le retour de la plus grande rappeuse de tous les temps, l’impératrice réfugiée, la reine de la guitare-voix: Lauryn Hill!!! On espère que la chanson Guarding The Gates qu’elle interprète à l’occasion de ce film sera le renouveau de quelque chose. On espère aussi qu’elle fera un peu de promo histoire de pouvoir savoir ce qu’elle a à l’esprit en ce moment. Sans plus attendre, et sans trop parler non plus écoutez seulement!!

 

De l’afrocapitalisme au mondes de demain

L’impasse de l’AfroCapitalisme

Chère soeur, cher frère, c’est la désolation qui nous amène. La vérité est que nous sommes à bout de souffle. Comme cette foutue économie. Eux, les afro capitalistes que l’on voit tête baissée, concentrés sur les indicateurs de leur petit monde, de leurs parts de marché. Ils sont nécessairement monétaires, financiers, chiffrés et tangibles. En tout cas ils ne croient qu’en ces choses-là. L’avenir c’est eux qui le construit entend-on dans les médias, surtout les plus mainstream. Leur objectif? Coffrer un max et « être libre » de faire ce que tu veux. La liberté est chaque jour un peu plus acquise, chaque jour cette quête de liberté les éloigne du quotidien routinier, elle les éloigne aussi du monde réel. Libres, mais trop occupé à le devenir encore plus n’est-ce pas? Le temps étant de l’argent, ils l’utilisent pour leur business quasi exclusivement. Le reste, l’afrocapitalisme l’appelle sacrifices: famille, amis, culture, loisirs…la prime est à l’endurance, la compétition est féroce. Est-ce un modèle de société? Ce modèle est-il réplicable à une grande partie de la société? La réponse est dans la question. L’entrepreneuriat est un moyen de désengorger les classes de chômeurs, ce n’est pas une fin en soi.

Ils font du moyen (argent) une fin en soi, ce qui mène au non sens. On pourrait nous rétorquer que les entrepreneurs les plus innovants ne le font pas pour l’argent. C’est vrai. C’est aussi minoritaire, comme toute innovation. Cela étant dit en résolvant parfois de petits soucis locaux sur le continent (accès à l’energie par exemple ou agriculture) on peut rapidement gagner de l’argent. C’est beaucoup moins vrai en occident d’où nous vous écrivons. Leur logiciel est trop souvent périmé, basé sur des succestory des années 80 ou pire encore sur les vendeurs de rêve de Youtube. Pourquoi? Parce que les méthodes et les mentalités qui ont amené les capitalistes d’hier à être les champions de leur domaine sont désormais caduques pour la plupart. En contexte d’urgence climatique cela questionne d’autant plus. Mais rassurons les, le non sens frappe à notre porte aussi malheureusement.

L’impasse d’une candide conscientisation

Black Power
Credit image: Ace Spencer

Le militantisme façon papa c’est terminé. La révolution n’aura pas non plus lieu sur wordpress, nous le savons. Nous avons besoin de réinventer une manière de résister à la dictature néolibérale du marché. Consommer moins inutilement, consommer mieux, consommer local et communautaire  autant que faire se peut est notre crédo. Ce n’est pas une mode, ce sont les conditions de la préservation de notre espèce. La survie de l’Humanité étant en question, beaucoup d’entre nous font une dissociation cognitive lorsqu’on leur évoque cet ultimatum. Nous ne saurions leur ressembler, notre mission est également écologique. Pourtant nous ne faisons que rarement le lien entre nos causes communautaire et cette urgence écologique. Pourtant notre mode de vie est traditionnellement respectueux de la nature. Là où nous devrions être les fers de lance d’une approche qui ressemble à ce que nos ancêtres pratiquaient, pour le bien commun de tous, là où nous devrions être les éducateurs du monde, nous regardons ailleurs et ne prenons pas part au débat. Il faut dire, aussi, qu’on en est exclu la plupart du temps, car nos oppresseurs sont les mêmes qui mettent la planète à feu et à sang. Pourquoi voudraient-ils subitement nous entendre? Afrocapitaliste, pourquoi t’allier à eux?

Vers l’économie de demain

Notre approche « humaniste » du monde est ancrée dans le terme intraduisible d’Ubuntu. Nous n’existons que parce que l’autre existe. Nous sommes les instigateurs de l’économie circulaire, des tontines, des levées de fond communautaires, des sociétés familiales et solidaires. Les stratégies développées par exemple par un Julius Nyerere vont dans le sens d’une économie dite socialiste, qui prend en compte les spécificité de la société Africaine (structure familliales, politiques sociales, création de bassins d’emplois spécialisés etc.) au lieu de parler de non-économie ou bien d’économie informelle.


L’entrepreneuriat est un terme Français, mais l’origine de la pratique se situe là où les premiers humains ont développé le commerce, c’est-à-dire en Afrique. Ce qu’on appelle low tech, phytothérapie, musicotherapie, équithérapie etc. Ces concepts sont des appellations Françaises pour nos savoirs-faire multiséculaires. Reprenons pied, débarassons-nous de nos complexes et libérons la créativité qui fera décoller nos société et nos économies, ensembles, pas l’une contre l’autre comme le propose encore aujourd’hui le néolibéralisme. Cela signifie qu’il faut décoloniser notre imaginaire, également lorsqu’on parle d’économie; que l’on pense malheureusement comme étant une invention et une spécialité des autres. Comment décoloniser l’imaginaire si nos Afrocapitalistes ne misent que très peu sur l’innovation?

Imaginer l’école de demain

 

Le siècle en cours sera celui des emplois courts et diversifiés, de la formation tout au long de la vie, des changements de trajectoires, des adaptations multiples. La résiliance Africaine est notre plus bel atout envers l’ensemble des enjeux qui sont déjà les nôtres. Combien de nos parents ont eu des formations initiales totalement différentes de ce qu’ils ont exercé en occident? Combien ont dû apprendre sur le tas des choses parfois diamétralement opposées à leur formation de base? Combien d’entre nos freres et soeurs sur la terre mère on de multiples métiers: quelques fois ils sont à la fois peintre et mécanicien! Là où nous voyons actuellement un défaut de formation, voyons désormais une adaptabilité extraordinaire, une résilience incroyable. Chérissons nos qualités, allons sereinement vers ce futur si incertain, car si le chaos est trop souvent notre quotidien, nous sommes les plus à mêmes de tenir la route dans ces conditions, profitons-en.

Credit: Terricks Noah

Faisons de l’école Africaine de demain un lieu d’excellence, mais pas seulement, également un lieu d’inclusion où chacun sera pris en compte, chaque qualité valorisée, chaque compétence utile au plus grand nombre. Un endroit où nos enfants seront toujours plus autonomes (là encore l’autonomie des enfants Africains est un exploit sous-estimé), avec des savoirs qui sont proches d’eux, des professeurs qui sont proches d’eux, des programmes adaptés à leur réalité.

C’est un long combat, et Elimu est une initiative qui va vers la distribution massive d’armes de survie.

Ubuntu! On est ensemble!

Elle est tuée dans sa propre maison par un policier sans raison

Un officier blanc du département de police de Fort Worth au Texas est en congé administratif après avoir tiré sur une femme noire âgée de 28 ans qui a été abattue chez elle, tôt samedi matin, chez elle. Elle aurait entendu du bruit dehors (qui provenait de la police) et aurait dégéné son arme avant de se faire éliminer par l’officier Aaron Dean. Quand un réflexe d’autodéfense finit par vous être mortel. C’est ce que la presse dit, nous n’avons pas encore la moindre preuve qu’elle ai dégéné son arme, en tout cas on sait qu’elle n’est plus parmi nous. Elle avait de bonnes raisons de se sentir en insécurité vu l’actualité récente et passée.

 

La jeune femme tuée et son meurtrier

 

Atatiana Koquice Jefferson, 28 ans, a été tuée dans une chambre à coucher de sa maison vers 2h30 du matin, selon le médecin légiste du comté de Tarrant.

Dans une déclaration, le département de police de Fort Worth a déclaré que des agents de sa division centrale avaient répondu à un appel (envoyé par un voisin Noir inquiet pour elle) à 14 h 25 et avaient fouillé le périmètre de la maison, dans le bloc 1 200 de East Allen Avenue. Le voisin avait vu de la lumière et la porte d’entrée ouverte. Il n’en fallait pas plus pour qu’il appelle la police.

Un officier, après avoir vu quelqu’un à travers la fenêtre de la maison, a dégainé son arme et tiré une balle, tuant la femme.

Donc aujourd’hui aux USA, peut importe votre niveau de dangerosité, peu importe ce que vous faites ou bien où vous êtes: être Noir est une menace en soi!

La suprématie blanche décomplexée s’exerce dans ce dossier comme dans bien d’autres. Il ne s’agit pas de coffrer ce meurtrier, mais de le mettre à pied, comme si sa faute était minime. Comme si la vie d’Afrodescendants ne valaient pas bien plus qu’une simple erreur administrative. Comment est-ce que les Africains Américains pourraient se sentir en sécurité, où que ce soit? Comment leur demander l’intégration, le patriotisme?

Laisser sa porte ouverte est désormais un risque majeur de décès…imaginez seulement dans quel monde psychique ces populations vivent. La violence de l’Amérique est inhumaine depuis le commencement. Le système s’accomode de tout cela puisqu’aucune représaille n’a l’air de pointer son nez. Quelles représailles économiques? Aucune. Quelles représailles politiques? Aucune. Quelles représailles de la rue? Aucune! Nous allons encore pardonner. Esperons seulement que nous ne verrons aucun membre de sa famille enlacer le policier en guise de pardon!!

Ils chantent la violence intracommunautaire tous les jours, mais sont incapables de faire face à la violence étatique. Ce qui aggrave la chose c’est que certaines organisations (dont l’église) leur promettent un avenir radieux s’ils les rejoignent…pour mieux les endormir à traveres ledit pardon. Aucun salut à l’horizon. Aucune échappatoire, ils sont comme piégés dans ce pays dont ils sont les proies faciles, les prisonniers utiles, les gangsters de télévision. C’est déprimant et terriblement inquiétant. La question qui se pose est simple: dans un monde sans justice pour nous autres, ni en occident, ni en Afrique ou dans la caraïbe, comment interpréter l’avenir?

Elimu