L’émancipation,
une construction consciente.

L’assimilation, le racisme à la française

“ Quel est le pays le plus raciste du monde?” C’est une question que tout Afrodescendant s’est déjà posé, seul ou en groupe. La réponse qui est souvent avancée est celle des Etats-Unis d’Amérique, avec tout son passé (et son présent aussi d’ailleurs) de negrophobie frontale : violences policières, segrégations, incarcération de masse, ghettoisation etc. Il est vrai que les Etats-Unis sont un très bon candidat pour la place de plus grand raciste du monde. Cependant, bien que la violence du système américain soit plus flagrante, il existe un autre système tout aussi raciste qui conditionne les Afrodescendants, l’assimilation.  

Des colons blancs
Le doux temps de la colonie

 

I. Des racines coloniales

 

Ces differences sont issues de deux systèmes d’administration coloniale développés par l’empire colonial britannique et l’empire colonial français.

Le premier développa un système qu’il nomma ”Indirect rule”, qui eut pour principe d’administrer les territoires indirectement par le biais des chefs traditionnels qui sont maintenus à leur rôle de dirigeants et de premiers administrateurs des “indigènes”. Ici, les Britanniques se “contentent” de piller économiquement le pays, sans chercher à lui imposer sa vision du monde (religion, langues). Quand ils établissent une colonie de peuplement, ils vivent à l’écart des autochtones. C’est une colonisation avant tout économique. Ce système fut repris dans les ex-colonies britanniques (ex : Etats-Unis), mais aussi par les autres puissances coloniales anglo-saxonnes ou nordique (Danemark, Pays-Bas, Allemagne …etc). Dans ce système, il n’est pas question d’égalité, ou de devenir anglais, cela pourrait se résumer en une phrase :  » tu es un nègre, je ne veux pas te changer, mais je veux prendre ce que tu possèdes. « 

Dans le deuxième cas, les Français ont développé un système de colonisation direct qu’ils ont appelé “assimilation”. Dans ce cas, l’administration dirige tout et impose aux autochtones un modèle français qu’ils doivent adopter. Le but étant de faire d’eux des Français. Les peuples asservis sont convertis (quand c’est possible) au catholicisme, la langue française est imposée, le modèle républicain à la française est la norme. Certains autres pays d’influence latine ont opéré de la même manière comme le Portugal ou l’Espagne. Dans ce système, on nous fait rêver la liberté, l’égalité, et la fraternité, à condition de devenir Français :  » tu es un nègre, mais si tu me donnes tout ce que tu as, et que tu changes, tu pourrais essayer de devenir comme moi « 

 

II. L’application contemporaine de l’assimilation

 

Aujourd’hui encore, ces manières d’appréhender les questions de la présence d’Afrodescendants et autres ex-colonisés sur les territoires nationaux divergent : Alors qu’en Angleterre, il n’est pas choquant de voir des banquiers d’origine indienne  avec leurs turbans sur la tête, ce serait une vision d’horreur en France! Le déconvenue de l’eurodéputé anglais Majid Majid à strasbourg en a été un exemple saisissant!

Dans le système anglo-saxon, pour être un bon immigré, il suffit de payer ses impôts! C’est ainsi que dans ces pays, les non-Blancs s’organisent en communautés séparées, investissent des quartiers ou des villes, mais aussi sont intégrés dans les statistiques nationales. Comprenez nous: il ne s’agit pas de défendre ce modèle, mais de le comprendre.

En France, pour être un bon immigré, il faut faire comme les Français, et donc abandonner sa culture d’origine! C’est ce qui explique les propos de Monsieur Zemmour à l’encontre de Madame Sy que beaucoup ont considéré comme étant « racistes ». Sans parler des affaire ridicules de Burkini et de foulards sportifs à Décathlon tellement spécifiques à la France …  Il a été évidemment beaucoup plus facile pour les immigrés européens de faire d’eux des Français : ils sont Blancs et catholiques (Belges, Portugais, Espagnol, Italiens, Polonais …etc). Il est important de comprendre qu’il ne s’agit pas de racisme simplement mais d’un système réfléchi d’assimilation! De la même manière, les statistiques ethniques sont interdites, donc il est théoriquement impossible de savoir le rapport entre présence de non-Blancs en France et leur taux de chômage, de mal-logement …etc.

 

III. Le problème des Afrodescendants de France

 

Au nom « qu’il n’existe que des citoyens aux yeux de la République », la France ferme les yeux devant les différences et inégalités qui existent entre les communautés qui la compose aujourd’hui. Elle nie complètement l’expérience des « Noirs », des « Beurs », des « Jaunes et des « Marrons » puisque pour elle ce ne sont que des Français, comme d’autres certains diraient. Le pire c’est que ces non-Blancs ont fini par y croire!!! Surtout les Afrodescendants … Alors qu’ailleurs il est normal et sain de s’organiser en communauté, les Afro-français ou Afropéens (comme ils se font appeler maintenant) refuse de voir l’évidence : ils ne seront jamais Français! Comme en 1789 quand ils déclaraient à Paris les « Droits de l’Homme et du Citoyen » tout en continuant à fouetter ces mêmes Afro-français dans les plantations de Martinique, Guadeloupe, Saint-Domingue, Guyane, Réunion ..etc aujourd’hui encore la France ne compte sur eux uniquement que lorsque cela les arrange (sports, ramassage des poubelles et autres travaux qu’ils ne peuvent ou ne veulent faire eux-mêmes).

Découvrez le livre de Pap Ndiaye sur la Condition Noire pour mieux comprendre les enjeux

Les Américains l’ont compris de force : nous ne serons jamais comme eux, l’assimilation est un leurre! Il est vain de tenter quelconque intégration prétendument égalitaire. Cela leur a permis de construire leurs propres écoles, leurs propres industries, leurs leurs propres centres financiers, leurs propres communautés. Peut-être que les Afro-français pourraient sortir de leurs rêves et essayer de prendre exemple sur eux…

40% des propriétaires d’esclaves étaient des femmes blanches!

Une recherche effectuée par une professeure noire révèle la vérité surprenante selon laquelle 40% des propriétaires d’esclaves étaient des femmes blanches

 

Quand on pense à l’esclavage, on s’imagine souvent une société patriarcale dominés par des hommes blancs sanguinaires propriétaires terriens et d’esclaves, or bien que cela soit en partie vrai, l’image que nous avons des femmes de manière générale et des femmes blanche en particulier, nous empêche de les considérer comme pouvant avoir participer à ces atrocités. Nous connaissions par exemple leur jalousie maladive envers les femmes Afrodescendantes, particulièrement leur chevelure, mais pas bien plus.

Un ensemble de données révélées par un professeur de l’Université de Californie à Berkeley révèle que les femmes blanches du Sud ont joué un rôle plus important dans l’esclavage des Africains qu’on ne le pensait auparavant.

Stephanie E. Jones-Rogers, professeure agrégée d’histoire à l’université, a passé au peigne fin les données des recensements de 1850 et 1860 et a révélé que les femmes blanches constituaient environ 40% des propriétaires d’esclaves.

Stephanie E. Jones-Rogers

Les résultats ont aidé Jones-Rogers à compiler son livre, “They Were Her Property: White Women as Slave Owners in the American South.” 

Sur sa page universitaire, Jones-Rogers décrit la publication de février 2019 comme « une étude régionale basée sur le témoignage de personnes autrefois asservies qui ont radicalement transformé la compréhension actuelle des relations économiques des femmes blanches avec l’esclavage ».

Les Routes de l’esclavage

Dans le livre, Jones-Rogers explique que la participation des femmes blanches à l’esclavage venait de la famille, leurs parents propriétaires d’esclaves «donnant généralement à leurs filles plus d’esclaves que de terres».

« Ce que cela signifie, c’est que leur identité même en tant que femmes blanches du Sud est liée à la propriété réelle ou éventuelle d’autres personnes », a-t-elle déclaré à History.com.

Son livre note également que le fait de posséder des Africains asservis était la principale source de richesse des femmes blanches.De plus, posséder un grand nombre de personnes asservies aurait apparemment amélioré le rapport matériel au mariage des femmes.

Une fois mariés, les femmes blanches se seraient battues et auraient souvent obtenu le droit de continuer à être propriétaires de leurs Africains réduits en esclavage, sans en céder la propriété à leur mari.

«Pour eux, l’esclavage était leur liberté», déclare Jones-Rogers dans son livre.

Après que Martha Washington ait épousé le président George Washington en Virginie en 1759, George aurait possédé environ 18 personnes. Mais son épouse, l’une des femmes les plus riches de l’État, en possède 84 et augmente considérablement la population d’esclaves locale.

 

Faisant valoir que les femmes blanches sont formées très jeunes au secteur de l’esclavage, Jones-Rogers a déclaré: «Leur exposition au marché de l’esclavage n’est pas quelque chose qui commence à l’âge adulte, mais chez elles quand elles sont petites, parfois des bébés, quand on leur donne des esclaves»

Jones-Rogers le démontre dans son livre en incluant des entretiens avec des personnes anciennement asservis, menés dans les années 1930 par l’intermédiaire de l’agence New Deal, Works Progress Administration. Une femme anciennement asservie a déclaré que les enfants battaient impitoyablement les personnes asservies.

«Peu importait que l’enfant soit grand ou petit. Ils te battent toujours jusqu’à ce que le sang s’écoule », dit-elle.

 

À leur majorité, les femmes blanches auraient également été impliquées dans le marché des esclaves. En plus de battre les esclaves une fois qu’elles les possédaient, les femmes blanches achetaient, vendaient et demandaient leur retour. La notion fait basculer la croyance antérieure des érudits selon laquelle les femmes blanches s’étaient abstenues de se livrer à de telles activités qui aurait était jugées inappropriées.

Lorsque les femmes tombaient enceintes et avaient leur propre famille, elles auraient orchestré des agressions sexuelles entre personnes asservies afin que des femmes noires asservies puissent être disponibles pour soigner les enfants de femmes blanches. Ceci en plus d’arracher les bébés aux femmes esclaves afin qu’elles puissent allaiter les enfants de femmes blanches et éviter de devenir, comme le dit Jones-Rogers, une femme blanche propriétaire, «esclave» de ses enfants. Des publicités pour des «infirmières de soins» ont été placardées dans les journaux, créant ainsi un marché massif pour les femmes noires esclaves qui ont récemment accouché.

«Il y a eu des cas dans lesquels d’anciens esclaves ont effectivement affirmé que leurs maîtresses sanctionnaient des actes de violence sexuelle à leur encontre commis par des hommes blancs; ou qu’ils ont orchestré des actes de violence sexuelle entre deux personnes asservies qu’ils possédaient, dans l’espoir de produire des enfants de ces actes de violence sexuelle », a déclaré Jones-Rogers.

Les femmes blanches auraient également déployé beaucoup d’efforts pour conserver la propriété de leurs esclaves au cours de la guerre civile. History.com rapporte qu’une femme, Martha Gibbs, a forcé des Africains esclaves au Texas et les a menacés d’une arme à feu afin qu’elle continue à travailler pour elle jusqu’en 1866, un an après l’abolition officielle de l’esclavage.

Même après la mise hors-la-loi de l’institution, des femmes blanches du sud auraient passé des contrats de travail dans lesquels les Noirs seraient exploités pour travailler dans des conditions analogues à l’esclavage. Certains l’ont décrite comme une industrie bénigne – comme Margaret Mitchell dans «Gone With the Wind». Cette même idée a été menée à bien dans des manuels traitant de l’esclavage aujourd’hui. Pas plus tard qu’en avril 2018, il a été révélé que des étudiants du Texas utilisaient un manuel dans lequel ils déclaraient que tous les Africains réduits en esclavage n’étaient pas mécontents.

Pourtant, Jones-Rogers affirme dans son livre que les « liens idéologiques et sentimentaux » des femmes blanches avec l’esclavage ne sont pas la seule chose qui les a incitées à défendre ces pratiques. Elle a fait remarquer que les femmes présentes pendant l’esclavage auraient fait de même.

 

Source : AtlantaBlackStar.com

L’estime de soi et le talon d’Achille des Afrodescendants

Parmi tous les peuples qui existent sur Terre, il n’y a pas d’exemples encore vivants de peuples ayant autant subis la domination de la suprématie blanche que ceux issus du continent africain. Il ne s’agit plus de s’en plaindre, c’est un simple constat, un diagnostic du mal qui nous ronge. Pour se libérer et retrouver notre estime en soi, encore faut-il savoir que nous sommes esclaves, comme disait l’autre. Il est important pour nous autres, Afrodescendants de la diaspora, mais aussi ceux résidant sur le continent, de comprendre nos particularités.

Dans un précédent article déjà, nous avions évoqué la nécessité de spécialiser notre éducation, afin de relever le défi de notre siècle, la Renaissance Africaine. Comme le disait le Dr Amos Wilson, il y a des signes qui prouvent que nos peuples souffrent encore d’esclavage mental. Il faut dire aussi que tout est fait pour, au mieux ignorer sinon mépriser notre identité, notamment notre couleur de peau.

L’estime de soi est le nœud du problème, tout est fait pour détruire l’amour que l’on porte pour soi en tant qu’Afrodescendant, ou plutôt détourner cet amour vers les mêmes personnes qui nous ont mis dans cette situation. Pour casser notre estime en soi, il a fallu nous déconnecter avec notre propre personne : Soi. Nous souffrons donc cruellement d’une ignorance criante sur nous-mêmes, sur ce qui fait de nous ce que nous sommes : notre histoire, nos langues, nos cultures, nos sciences, nos religions, nos noms, notre savoir-vivre, notre médecine…etc

Cela se traduit par des comportements inédits dans l’histoire de l’Humanité, des comportements non seulement destructeurs mais qui vont totalement à l’encontre du bon sens, comme l’usage de produits nocifs pour nous éclaircir la peau ou nous lisser les cheveux par exemple ou la facilité que nous avons de nous entretuer, même lorsqu’il s’agit d’individus chargées de nous protéger. C’est notre propre image que nous rejetons et détruisons, et donc nous avons de la peine à faire confiance à notre propre semblable, celui qui est comme soi-même.

Ne vous êtes-vous jamais demandé pourquoi votre fille voulait avoir les mêmes cheveux que ses copines blanches et qu’elle ne supporte pas l’idée de sortir avec ses cheveux au naturel ? N’avez-vous jamais pensé que cela pourrait avoir un lien avec les poupées blanches que vous lui achetiez quand elle était petite?

Ne vous posez-vous pas parfois la question : « Pourquoi mes enfants ne veulent pas avoir des liens avec ma terre d’origine? » Ne pensez-vous pas que cela peut être lié avec l’absence d’apprentissage de sa langue maternelle et l’ignorance totale de l’histoire de son pays d’origine?

Ne vous êtes-vous jamais posé la question sur l’origine du fait que nous sommes prêts à dépenser des fortunes chez Gucci, ou en boîtes de nuit mais que nous sommes incapables de consommer dans des commerces tenus par des membres de notre communauté?

Nous sommes les premiers à savoir que nous manquons d’unité dans nos communautés. Que faire alors? S’EDUQUER et S’ORGANISER!!

L’éducation que nous proposons se base sur la Connaissance produite par les acteurs historiques ou actuels de nos différentes communautés qui forment la mosaïque des peuples afro. Elle a pour but l’émancipation et l’épanouissement, communautaire comme individuel(le). Elle se veut recentrée sur nos problématiques propres, nos mémoires et dans un objectif d’union politique, économique, culturelle et sociale des peuples afro. C’est la plus grande peur du système de suprématie blanche dans lequel nous vivons encore aujourd’hui.

 

 

Nous proposons plusieurs moyens pour lutter contre la Miseducation of the Negro, concept développé par Carter G. Woodson :

Tout d’abord, pour bien comprendre ce que nous disons, il s’agit d’abord de soi-même se défaire d’un certains nombres de prénotions mûrement cultivés dans nos imaginaires. En effet, comment prétendre éviter les violences éducatives ordinaires sur l’enfant afrodescendant, tout en étant acteur du même système qui crée ces VEO?

Ensuite, lorsque nous avons saisi comment la suprématie blanche fonctionne, nous vous proposons un moyen pour parler au enfants du racisme sans les brusquer mais pour qu’ils comprennent dans quel monde nous vivons.

Au sein de leur scolarité et leur vie-péri-scolaire, il existe également des techniques que les professionnels de l’éducation peuvent utiliser pour booster le potentiel de nos petites têtes crépues!

Nous n’oublions pas non plus que grandir au sein d’une communauté, avec des personnes qui lui ressemblent permettent au bébé de s’épanouir.

Il existe évidemment beaucoup d’autres points à développer pour favoriser l’éducation des enfants afrodescendants, et c’est notre tâche à Elimu! Vous trouverez sur notre site, beaucoup d’élément pour vous soutenir de votre parentalité ou votre développement personnel, c’est un accélérateur de conscience noire.

 

 

Team ELIMU

Nipsey Hussle, le Tupac Shakur de sa génération?

La responsabilite communautaire au coeur de leur art

Dans l’actualité culturelle de ce début d’année, il n’y a pas un événement qui a marqué le monde de la culture Afro-urbaine plus que la mort de Ermias Joseph Asghedom aka Nipsey Hu$$le. Il faut dire que cet assassinat vient nous rappeler que pour un Noir aux Etats-Unis, l’argent et la renommé ne met pas forcément à l’abri de la violence. Ou bien comme l’a dit Suge Knight qu’il ne faut pas trop aimer le ghetto, une fois l’argent fait, il faut se faire oublier…

Nous avons déjà traité de la question du rapport que ce rappeur entretenait avec l’Afrique, son continent d’origine (son père est de nationalité Erythréenne), mais aussi avec sa communauté, en particulier dans son quartier de Slauson à Crenshaw, Los Angeles. Nous savons également que 2pac shakur a été formé par sa famille et notamment Mutulu Shakur pour la théorisation du Thug Life code (à lire dans l’article en lien), qui a été pervertis par la suite…

Mais Nipsey ou Nebsi (en tigréen nebsi veut dire «  quelqu’un ») vient de loin et son engagement pour la communauté ne date pas d’hier. Certains ont même fait la comparaison avec l’Aîné Tupac Shakur que tout le monde connaît.

Alors à l’OJAL, parce que nous sommes des amateurs de rap west coast en particulier (culture locale oblige) et que nous apprécions particulièrement le Slauson Boy et le Killuminati (les surnoms de Nipsey et Tupac), nous avons voulu pousser la comparaison entre les deux et voir ce qui les réunit, et ce qui les différencie. Non pas pour éteindre le débat, mais pour l’étayer un peu plus.

2pac a chanté la violence et la vie de LA, Nipsey aussi

En effet , les deux représentent la culture des gangs dans laquelle ils évoluaient en Californie. L’un vivait à Oakland (ville d’où sont originaires les fondateurs du Black Panther Party), l’autre était issu du quartier de Crenshaw. L’un était affilé aux Mob Piru Bloods, l’autre faisait partie des Rollin 60’s Neighborhood Crips. C’est donc de leur vécu qu’ils parlaient dans leur chansons qui retranscrivaient le quotidien des quartiers afro de Los Angeles.

« Cuz when yo mama paid rent, that was yo game
So when yo homeboy bled, that was yo pain
And if y’all both catch a case, you don’t say no names
That’s just the code of the color of my shoe strings 
»


 (Cuz (appellation crip = « parce que ») quand ta maman payait le loyer c’était grâce au gang
Donc quand ton pote saigne, c’est ta souffrance
Si on vous attrape ensemble vous ne sortez aucun nom
C’est simplement le code de la couleur de mes lacets de baskets (bleu donc crip)

~(Blue Laces)

2pac n’a pas réussit a protéger sa musique, Nipsey l’a fait

 

Nipsey avait réussi à préserver son indépendance au sein de son label All Money In All Money Out. Toutes ses mixtapes sont sorti en indé.
Son  unique et déjà classique album Victory Lap est sorti sous la double étiquette All Money In No Money Out/Atlantic Records. Mais si le Slauson Boy a signé avec une maison de disque c’est parce que le deal était à son avantage. En effet, il n’a jamais accepté que sa musique ne lui appartienne pas. Le contrat lui permettant de rester maître de son art, libre dans sa création et, surtout, propriétaire de tous les droits de sa musique. 
 
« I am nothing like you fucking rap niggas, I own all the rights to all my raps, nigga. » 
(Je suis pas comme vos p**** negros du rap, je possède tous les droits sur mon rap, negro)
 
~(Rap Niggas)
 
Le nom du label conceptualise l’autosuffisance économique. Au lieu de dépenser de l’argent sur des actifs dépréciant ou sur d’autres biens matériels, Nipsey a insisté sur l’importance d’économiser de l’argent et de l’investir pour créer de la richesse. En tant que militant, Nipsey a promu l’entrepreneuriat noir, l’unité et l’autosuffisance. Le logo et le concept de «All Money, No Money Out» sont un symbole contemporain de l’autosuffisance, de l’unité et de la résurgence économique des Noirs dans les quartiers défavorisés.
Le logo du label All Money In No Money Out

2pac voulait réunir les gangs dans un mouvement, Nipsey l’a fait… après sa mort.

Alors que des centaines d’ennemis jurés se tenaient ensemble les bras serrés, on pouvait voir la concrétisation du rêve de Nipsey, mais aussi le germe de l’objectif Thug Life de Tupac d’unir des gangs tragiquement éclos par l’effusion de sang.

Espérons qu’il y aura un jour où il y aura une meilleure raison pour que les membres de gangs se réunissent, mais au moins cela s’est produit à la mémoire d’un artiste qui l’a planifié depuis le début. FireBugg, membre apparenté du groupe Blood, s’est rappelé d’une rencontre fortuite avec Nipsey Hussle qui avait entamé le projet de créer une trêve de gangs entre leurs rivaux.

Il a rappelé que les hommes partageaient un moment difficile quand ils se sont rencontrés pour la première fois dans un restaurant, mais finalement, « nous nous sommes serré la main avec une poignée ferme et n’avons pas relâché le shake jusqu’à [cinq minutes] plus tard ». 

FireBugg a également déclaré que :

« Nous avons tous deux reconnu le fait que nous étions des ennemis jurés par les droits des gangs mais nous avons dit que nous étions nés frères par essence. Nipsey a regardé fixement le tatouage de Malcolm X  tout en disant qu’il souhaitait que les deux aident à rapprocher leurs gangs, notant: « J’ai pas d’énergie pour les trucs négatifs et les conflits. « 

2 pac connaissait la psychologie et la sociologie de son environnement, Nipsey l’a appris grâce à lui:

« Je sais ce que Pac essayait de faire. Pac était du genre à dire : «Je sais que si je te dis que ce que je sais, tu m’appelleras intello. Dans notre culture, quelqu’un d' »intelligent » est quelqu’un de faible. Donc, je montre à tout le monde que je suis un gangster en premier. Je vais vous montrer que je n’ai pas peur de me battre, que je n’ai pas peur de tirer et que je n’ai pas peur d’être avec mes négros dans la pire des pires des situations »… Écoutez« White Man’z World et écoutez [son album de 1997 intitulé] Makaveli. Il essayait d’élever ses négros, et il a été tué.»

2 pac parlait souvent du levier économique pour l’émancipation de sa communauté, Nipsey l’a suivit:

« L’argent est ma medecine » (Keys of the city)

Nipsey se déclamait de 2pac qui était un mentor pour lui:

C’est le remède, la séparation
2Pac de ma génération, la pilule bleue dans la putain de Matrix
Rose rouge dans le trottoir gris
Les jeunes negros pris au piège et il ne peut pas le changer

(Nipsey Hussle, dedication)

Team ELIMU

Il devient avocat pour reconquérir les terres familiales

Décidément l’Ouganda produit des jeunes valeureux, nous vous parlions d’un autre specimen récemment dans le domaine medical. Cette fois c’est la bravoure d’un fils que nous venons célébrer. Cette histoire pourrait être raconté à Nollywood tellement elle est belle et pleine de leçons.

Voici l’histoire: un Ougandais, qui n’avait que six ans lorsque son père a perdu son terrain à la suite d’un litige, l’a finalement reconquis 23 ans plus tard, après être devenu avocat.

Jordan Kinyera a traversé 18 ans d’éducation et de formation juridique avant d’assumer l’affaire.

Lundi, la Haute Cour a rendu un jugement définitif qui s’est prononcé en faveur de sa famille.

M. Kinyera a déclaré à BBC Newsday que la perte de la terre familiale à l’âge de six ans avait changé sa vie.

« J’ai décidé de devenir avocat plus tard dans ma vie, mais cela a été inspiré par des événements dont j’ai été témoin, les circonstances et les frustrations vécues par ma famille lors du procès et les conséquences que cela a eu pour nous », a déclaré M. Kinyera.

Son père avait été poursuivi en justice par des voisins à la suite d’un conflit foncier en 1996 et l’affaire avait été traînée devant les tribunaux pendant plus de deux décennies.

« Mon père était à la retraite, il n’avait donc pas beaucoup de ressources. Il ne gagnait rien à ce moment-là. Il était désespéré et il y a quelque chose de déshumanisant à être dans une situation désespérée et à ne pouvoir rien faire à ce sujet. C’est ce qui m’a le plus inspiré. « 

M. Kinyera a déclaré à la BBC qu’il était heureux pour son père qui, selon lui, n’a pas pu planter une seule graine ni poser une seule brique depuis 23 ans.

« Justice différée, justice refusée. Mon père a 82 ans et il ne peut plus faire grand-chose avec la terre. C’est à nous, les enfants, de venir remprendre le flambeau là où il est parti. »

Les conflits fonciers sont très répandus en Ouganda. Selon le groupe juridique Namati, ils concernent 33 à 50% des propriétaires terriens.

De nombreux Ougandais déplacés à l’intérieur de leur pays qui rentrent dans leurs régions d’origine après avoir passé plusieurs années dans des camps se retrouvent dans des conflits fonciers, a déclaré M. Kinyera à la BBC. Il représentent un certain nombre de clients.

« Le problème est tellement répandu qu’une branche entière de la haute cour se consacre uniquement aux litiges fonciers ».

Une véritable leçon de perseverance, d’abnegation et de courage. Le tout pour rétablir la justice, si chère à l’OJAL. Cela ne réglera pas le soucis structurel des problèmes fonciers, esperons simplement que cela donne du courage à ceux qui font face à ce genre de conflits. Gardez la tête haute: OJALEZ-VOUS!

source: BBC
Team OJAL

Responsabilite Communautaire: le lien de Nispey Hussle avec l’Afrique et la communauté

Nipsey Hussle et sa famille avec le président érythréen Isaias Afwerki lors de leur visite l’année dernière

Comme vous le savez déjà sûrement dimanche dernier, le rappeur américano-érythréen Nipsey Hussle (ou Hu$$le), nominé aux Grammy Awards, a été abattu de six balles dimanche après-midi devant son magasin Marathon Clothing au sud de Los Angeles, dans le quartier de Hyde Park (Crenshaw). Son meurtre a ému le monde du hip-hop, tant par sa violence que son côté symbolique.

En plus de sa ligne de vêtements The Marathon Clothing, il se distinguait par son côté entrepreneur dans les domaines de la technologie, de l’immobilier et du commerce de détail, tout en naviguant dans le monde complexe du divertissement.

Né  Ermias Davidson Asghedom, ce jeune homme de 33 ans laisse dans le deuil une fille issue d’une relation antérieure et un fils qu’il a eu de sa relation avec sa petite amie, l’actrice Lauren London.

Tirant profit du buzz de son premier album studio, Victory Lap, acclamé par la critique et nominé aux Grammy, paru l’année dernière, le rappeur de Slauson a été prédit pour avoir une année 2019 sous les feux des projecteurs, après avoir été « underground » et indépendant pendant si longtemps.

Son album vient après une longue série de mixtapes reconnus dans tout le milieu rap pour sa qualité et son originalité (2005 : Slauson Boy, 2008 : Bullets Ain’t Got No Name Vol. 1&2, 2009 : Bullets Ain’t Got No Name Vol. 3, 2010 : The Marathon, 2011 : The Marathon Continues, 2012 : TMC: X-Tra Laps, 2013 : Crenshaw, 2014 :Mailbox Money, 2016: Slauson Boy 2 et Famous Lies And Unpopular Truths, 2017: No Pressure).

Fils d’un immigré érythréen et d’une mère afro-américaine, Nipsey Hussle, qui a grandi à Crenshaw, à Los Angeles, a toujours parlé avec passion de son héritage érythréen chaque fois que le sujet revenait. L’année dernière, après avoir publié Victory Lap, il s’est rendu en Érythrée avec son frère et son père, pour sa première visite dans le pays de la Corne de l’Afrique en 14 ans.

                    

Depuis sa rencontre avec le président Isaias Afwerki, sa tournée dans la capitale Asmara et ses interviews, Nipsey a confirmé qu’il avait eu une expérience très enrichissante.
Il avait notamment eu une interview avec une chaîne locale (en anglais) :

En entrepreneur qu’il était, Nipsey en avait profité pour étudier les opportunités de business entre lui et son pays d’origine.

Ce que beaucoup ignorent, c’est que le Slauson Boy était aussi un acteur de sa communauté, à laquelle il avait dédié beaucoup de projet. Ce que beaucoup de fans ignorent peut-être, c’est qu’il avait également acheté l’intégralité du centre commercial dans lequel son magasin se situait et envisageait de le transformer en un espace commercial et résidentiel polyvalent. Son partenaire Dave Gross et lui-même avaient mentionné le projet d’inclure un restaurant créole dans le centre et de vendre d’autres articles de luxe destinés aux consommateurs.

Il a indiqué qu’il envisageait de s’étendre à d’autres grands marchés américains au cours des prochaines années.

Hussle s’intéressait également sérieusement à la technologie et fournissait aux entreprises de haute technologie les outils dont elles avaient besoin pour développer leurs activités. Le Vector 90, l’un de ses projets novateurs dans le domaine des technologies, était un espace de coworking qui servait de «centre culturel et intellectuel pour les entrepreneurs et les créatifs», tout en «renforçant le tissu économique et social des quartiers» dans lequel ils se trouvaient.

Le Vector 90, qui devrait rester opérationnel après le décès de l’artiste, propose également des séminaires et des événements de réseautage gratuits, ainsi que des programmes de mentorat pour adultes et un programme STEM gratuit pour les jeunes et les adolescents.

L’un des objectifs de Hussle avec le centre était de donner aux jeunes les moyens de s’initier à la technologie en tant que choix de carrière viable plutôt que de participer à des activités de gangs.

Hussle a également pris conscience de la valeur de l’immobilier. Peu avant sa mort, il était apparemment en pourparlers pour acquérir le bail du Viceroy Santa Monica, un hôtel de bord de plage luxueux de 162 chambres, en partenariat avec d’autres, dont DJ Khaled.

Son esprit d’entreprise n’existait pas seulement en dehors de la musique, mais aussi en son sein. Même s’il avait signé avec Atlantic, il s’était assuré que son contrat incluait la souplesse nécessaire pour conserver le contrôle créatif de son travail et des artistes qu’il avait mis en avant.

Encore une fois, la Team OJAL voulait rendre hommage à Nipsey Hussle, ce grand artiste qu’il fut, mais aussi à l’homme, Ermias Davidson Asghedom qui était un phare pour sa communauté car il représentait l’autodétermination, l’entrepreuneuriat, la fierté africaine, tout ce que nous promouvons ici! Le plus dur est déjà fait, tu as inspirés une generation, reste en paix Nipsey!

La Team OJAL

sources : face2faceafrica.com
              thesource.com

Le taux de mort subite cardiaque des afrodescendants bien supérieurs à ceux des Blancs aux USA

« Une nouvelle étude de l’American Heart Association révèle que les communautés afrodescendantes ont des taux plus élevés de décès par arrêt cardiaque, en particulier chez les femmes, que les blancs.

Les résultats d’une étude de l’athérosclérose Risk in Communities (ARIC) ont révélé qu’à l’âge de 85 ans, les hommes afrodescendants représentaient 9,6% des décès subits d’origine cardiaque, contre 6,6% des femmes afrodescendantes. En comparaison, les hommes blancs représentaient 6,5% des décès suite à un arrêt cardiaque soudain, tandis que les femmes blanches représentaient 2,3% de ces victimes. Ces chiffres montrent que les hommes afrodescendants avaient un taux de mortalité subite cardiaque supérieur de près de 48% à celui des hommes blancs, tandis que le taux de mortalité des femmes afrodescendantes était de 187% supérieur à celui des femmes blanches.

Female doctor with digital tablet talking with senior male patient in examination room

L’étude, qui a été menée pendant près de trois décennies et publiée dans la revue Circulation de l’AHA, a révélé que les taux comparatifs plus élevés des afrodescendants sont le résultat de différences au niveau culturel et socio-économique, y compris les disparités en matière d’éducation et de revenu. Comme l’hypertension et le diabète sont à blâmer.

L’étude ARIC a collecté ses données en se concentrant sur quatre communautés américaines – les banlieues de Minneapolis, le comté de Forsyth en Caroline du Nord, le comté de Washington dans le Maryland et Jackson (Mississippi) .Les participants blancs représentaient 11 237 personnes examinées, tandis que 3 832 participants afrodescendants participaient La recherche.

Malgré les découvertes, qui ont été découvertes sur une période de temps significative, le chercheur principal Eliseo Guallar, Ph.D., a reconnu que davantage d’études devaient être menées.

« Les faibles revenus et le manque d’éducation sont associés à des comportements malsains, à une faible sensibilisation à la maladie et à un accès limité aux soins, ce qui pourrait contribuer à de piètres résultats », a déclaré Guallar dans un communiqué de presse. « Cependant, notre compréhension des mécanismes de différences raciales dans la mort subite cardiaque est encore incomplète et des recherches supplémentaires sont nécessaires. « 

Il existe néanmoins des solutions pour aider les communautés afrodescendantes à lutter contre les conclusions de l’ARIC.

American Heart Association

La Dre Icilma Fergus, professeure agrégée de médecine au Mount Sinai Medical Center de New York, a confié à Healthline qu’elle travaillait avec les communautés de la région pour leur apprendre à détecter et à traiter les symptômes et à promouvoir la santé cardiovasculaire. Elle dirige le programme Healthy Heart Series, qui propose des ateliers et une formation pour aider les personnes à apprendre des moyens simples de se prendre en charge et de prévenir les maladies cardiaques et les arrêts cardiaques soudains.

« Il s’agit de créer une situation de confiance dans laquelle les gens apprennent auprès des prestataires, en qui ils font confiance, acquièrent les connaissances et finalement le font eux-mêmes », a-t-elle déclaré. « Lorsque j’ai commencé à travailler dans le centre de Harlem, j’ai constaté que les gens n’avaient pas de confiance envers les médecins au début (ceci est dû à l’histoire de la medecine clinique Américaine et des maltraitances et autres expériences sordides qu’a subit la communauté afrodescendante dans les hopitaux américains ndlr). Nous avons commencé avec 10 ou 20 personnes dans les ateliers mensuels, nous en avons maintenant 90 en moyenne. « 

Parallèlement à la prise de médicaments appropriés, il est également important que les personnes aient accès à des aliments plus sains, ce qui n’est pas toujours le cas dans les régions où les déserts alimentaires sont courants. Ces problèmes touchent de manière disproportionnée les communautés afrodescendantes. Cependant, Fergus a noté que l’obtention de produits sains pour des repas de qualité peut être effectuée via un marché de producteurs de la communauté sans recourir à un magasin de produits de santé onéreux. »

Cet article existe aux US car ils ont des statistiques ethniques qui permettent d’avoir ce genre de données. En France par exemple ces stats n’existent pas, nous sommes dans le flou total concernant les inégalités d’accès aux soins ou à une alimentation de qualité. Ces chiffres ne sauraient être les mêmes car nous avons une bien meilleure couverture santé que nos semblables Américains, mais ils  devraient nous alarmer sur les conséquences des inégalités d’accès à l’éducation et à la santé.

Traduite par la Team OJAL
 source: AtlantaBlackStar

Qui était GERONIMO PRATT, parrain de 2Pac et membre des Black Panthers?

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Geronimo Pratt est né Elmer Pratt le 13 septembre 1947 à Morgan City, en Louisiane. Il était l’un des six frères et sœurs nés de Jack et Eunice Pratt. Ses parents possédaient une petite entreprise de récupération de ferraille. En grandissant, Pratt appréciait ses études et était un excellent élève. C’était aussi un bon athlète. Il était le quarterback de son équipe de football au lycée.

Armée

En 1965, Pratt, âgé de 18 ans, entra dans l’armée américaine. Il a été envoyé au Vietnam, remplissant deux mandats avec distinctions. Il a remporté deux étoiles de bronze, une étoile d’argent et deux coeurs violets. En 1968, il a reçu une distinction honorable.

Éducation

À son retour du Vietnam, Pratt s’est installé à Los Angeles, en Californie. Profitant du GI Bill, il a étudié à UCLA. Alors qu’il fréquentait l’école, il a rencontré Alprentice ‘Bunchy’ Carter, chef du chapitre du sud de la Californie du Black Panther Party (BPP). Après l’assassinat de Bunchy (paix à son âme) en 1969, Pratt décida de rejoindre le BPP. Il a pris le nom de « Geronimo », en hommage à un chef apache éminent et chef de la résistance à la domination américaine et mexicaine, et à « Ji-Jaga », au nom d’un peuple d’Afrique Centrale

Black Panther Party

En rejoignant le BPP, Pratt a été déclaré ministre de la Défense et chef du secteur de Los Angeles. Maintenant affilié à un parti politique considéré comme une menace pour la sécurité nationale, Pratt est devenu une cible. Le FBI et son programme de contre-espionnage (en réalité de contre-insurrection ndlr), de surveillance et de destabilisation des activistes Afrodescendants, COINTELPRO, surveillaient de près Pratt.

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Persecutions

Peu de temps après son adhésion au BPP, Pratt est victime de COINTELPRO. Les autorités l’ont accusé du meurtre de l’institutrice Caroline Olsen en 1968. Olsen a été abattu lors d’un braquage à Santa Monica. Johnnie Cochran (avocat célèbre pour son procès gagné en faveur de OJ Simpson ndlr), qui faisait partie de l’équipe juridique de Pratt, a affirmé que celui-ci se trouvait à une distance de 350 km pour assister à une réunion du BPP pendant la période du meurtre. En dépit de ce fait et du fait que le mari d’Olsen avait déjà identifié le tireur, Pratt a été reconnu coupable. Son verdict de culpabilité peut être attribué en grande partie à la supposée déposition de Julius ‘Julio’ Butler, témoin.

Prison

Pratt a été condamné à 27 ans de prison. Huit de ces années ont été passées en isolement. Cochran a travaillé sans relâche pour faire en sorte que Pratt voie justice. En 1996, il a obtenu un nouveau procès et a été libéré en 1997. Le président du tribunal a annulé la décision parce que le bureau du procureur général n’a pas informé le jury initial que Julio Butler était un informateur rémunéré du FBI.

Famille

En 1971, sa femme Saundra a été tuée alors qu’elle était enceinte de 8 mois et son corps a été laissé dans un fossé. L’assassinat a été attribué à l’époque à un schisme entre les partisans de Huey Newton et ceux d’Elddridge Cleaver; Pratt et sa femme appartenaient à la faction Cleaver. Plus tard, Pratt pensa que ce récit était un mensonge du FBI et que le meurtre de Saundra n’était pas lié à ses activités au sein du Black Panther Party.

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Activisme

Pratt a également gagné un procès pour emprisonnement injustifié et a reçu 4,5 millions de dollars. À sa libération, il a consacré sa vie à faire du lobbying auprès des personnes incarcérées à tort. Au cours de ses dernières années, il a effectué un rapatriement en Tanzanie, avec la fille des ex-membres du BPP, Eldridge et Kathleen Cleaver. Geronimo Pratt est décédé le 2 juin 2011. Il avait 63 ans.

2pac lui a dédié son morceau « I ain’t mad at cha » ainsi qu’a son père adoptif, Mutulu Shakur qui n’était autre qu’un proche amis et partenaire chez les BPP de Geronimo Pratt. 

Traduit par la Team OJAL

Un Kenyan de 25 ans invente des gants intelligents qui convertissent les mouvements de la langue des signes en discours audio

Roy Allela tries out his smart gloves
Roy Allela essaye ses gants intelligents

Plus de 30 millions de personnes dans le monde souffrent de troubles de la parole et doivent utiliser le langage des signes. Elle constitue donc un obstacle linguistique lorsque l’on cherche à communiquer avec des personnes n’utilisants pas la langue des signes. C’est une chose que Roy Allela ne sait trop bien.
    
En effet, la nièce de Roy Allela, âgée de six ans, est née sourde et a eu beaucoup de mal à communiquer avec sa famille, aucun d’entre eux ne connaissant la langue des signes. Ils disent que la nécessité est la mère de l’invention et que le besoin de communiquer et de se connecter avec sa nièce a poussé Roy, âgé de 25 ans, à inventer les gants intelligents.

Le gant de traduction langue des signes-parole de Sign-io reconnaît différentes lettres signées par les utilisateurs de la langue des signes et les transmet à une application Android où elles sont vocalisées.

Roy Allela

Cet exploit a vu Roy gagner l’admiration et la reconnaissance de la prestigieuse société américaine ASME (American Society of Mechanical Engineers), la plus grande organisation d’ingénieurs en mécanique du monde, lors de son prestigieux concours ASME Innovation Showcase (ISHOW) 2017.

Roy et deux autres inventeurs africains – l’un originaire d’Ouganda et l’autre du Ghana – ont remporté le grand prix lors de la deuxième des trois manifestations régionales.

Brian Gitta, d’Ouganda, qui a mis au point Matibabu, un appareil non invasif utilisé pour tester le paludisme, et Charles Antipem, du Ghana, qui a créé Science Set, un laboratoire scientifique abordable, portable, pratique et hautement évolutif pouvant être placé dans le sac ou sur le bureau des étudiants. Roy Allela a partagé 500 000 dollars en espèces et en prix, ainsi que trois autres lauréats à Bangalore, en Inde, et trois autres à Washington, DC.
 

Les lauréats faisaient partie des dix entrepreneurs en matériel informatique (hardware) à visé sociale sélectionnés parmi les 150 candidats retenus comme finalistes de l’événement. Ils se sont déroulés à l’hôtel Golden Tulip Westlands Nairobi afin de présenter une gamme de dispositifs conçus pour avoir un impact économique, environnemental et social transformationnel.

Le fondateur de Sign-io, Roy Allela (au centre) reçoit son trophée de LR Kamau Gachigi (à gauche).

Pendant la compétition, les finalistes ont comparu devant un panel de juges, comprenant des entrepreneurs prospères, des universitaires et des fondateurs de startups financées par du capital-risque, afin de présenter les attributs de conception technique de leurs prototypes et de définir leurs plans de fabrication, de mise en œuvre, de commercialisation et de financement.

Source: Pulse Live Kenya
Traduit par la Team OJAL

Jemeker Thompson, la baronne de la drogue au parcours étonnant

Si vous n’êtes pas un narcotrafiquant notoire et que vous n’avez jamais été à Los Angeles dans les années 80 il se peut que vous ne connaissiez pas son nom: Jemeker Thompson. Surnommée la « Queen Pin », jeu de mot qui déroge au traditionnel « King Pin », qui veut dire baron de la drogue. Cette baronne a fait des millions de dollars dans le business de la drogue. La cocaïne d’abord, puis le crack lorsqu’il est apparu. Avec une facilité déconcertante cette jeune femme a réussi à se hisser au plus haut niveau du game de la drogue aux USA avec son copain de l’époque et père de son fils. Une ambition dévorante l’a fait passer de la beuh à la cocaïne, puis de la cette dernière au crack. Le crack est un dérivé de la cocaïne beaucoup plus addictif, mais aussi beaucoup moins chère à produire. Donc madame a trouvé corde à son arc. Elle en a vendu des tonnes!

 

Les crackheads sont abandonnés de leur famille à leur folie et leur addictions

Jemeker Thompson: le commerce illicite comme mode de vie

Imaginez les répercussions sur la communauté aux alentours. Vous avez forcément vu un jour une vidéo de crackhead sur un site comme world star hip-hop complètement défoncé(e) et qui faisait forcément n’importe quoi. Si vous avez déjà rencontré un « crackhead » comme il en existe encore beaucoup, et de plus en plus en France d’ailleurs, vous savez que c’est une drogue qui peut mener à absolument tout pour voir sa dose. La dépendance est telle que n’importe qui peut accepter n’importe quoi pour pouvoir se défoncer en paix. Vraiment n’importe quoi. A ce propos nous vous conseillons la formidable série podcast d’Arte sur le sujet intitulée « Crackopolis ». Vous aurez un autre regard lorsque vous écouterez vos rappeurs préférés chanter le drug game…

Revenons-en a  cette sulfureuse Jemeker. À combien de personnes, afrodescendantes pour l’écrasante majorité, en a-t-elle vendu? L’atout du crack c’est qu’on peut le vendre à son voisinage, surtout s’il est pauvre et en manque d’évasion comme beaucoup de gens à L.A dans son quartier. Contrairement à la cocaïne qui est une drogue chère et par conséquent pour les classes les plus aisées. Elle implique plus de déplacements pour satisfaire cette clientèle. Donc plus de risques. Des centaines voire des milliers de personnes, et autant de drames familiaux et de talents gâchés, le tout dans son propre quartier. Cette histoire est commune à tous les grands dealers, nous ne sommes pas là pour refaire l’histoire de la drogue aujourd’hui.

 

Jemeker Thompson

Une couverture astucieuse

Vous ne devinerez jamais le métier que notre légendaire dealeuse a choisi comme vitrine officielle. C’est surprenant mais pas bête du tout. Elle s’est mise a vendre…des mèches de cheveux pour afrodescendants!! Rien que ça. Elle profite du fait d’avoir une activité d’import-export, d’avoir un solide réseau pour côtoyer de grands noms…à qui Jemeker Thompson vend les fameuses mèches et perruques à prix d’or !! L’activité est très lucrative, comme vous le savez les femmes Afrodescendantes sont des plus coquettes et mettent le budget pour ce genre de choses. Mais pas que les femmes, nous sommes dans les années 80 et beaucoup d’hommes aiment également mettre des perruques et autres faux cheveux gominés pour le style. Jemeker Thompson en vend a des célébrités de premier plan.

Créant par-là l’engouement dans la société: ce sont les influenceurs de l’époque. L’industrie, alors embryonnaire, s’étend aux proportions que vous connaissez maintenant. L’impact est certes incomparable à la vente de stupéfiants car c’est une activité légale, et elle crée des emplois pérennes. Mais l’autre aspect c’est la normalisation de ces faux cheveux et leur impact sur l’estime de soi des afrodescendants. Ce n’est pas quantifiable, mais c’est une catastrophe dont nous ne sommes toujours pas sortis.

Une reconversion inatendue

Vous devinez encore moins l’activité que notre chère Jemeker Thompson fait de nos jours après treize années de prison…..vraiment vous ne pouvez pas imaginer. Figurez-vous qu’elle n’est rien d’autre que…Pasteur!! Vous avez bien lu, Jemeker Thompson est pasteur évangélique aux Etats-Unis. Rangée, elle chante la parole de Dieu. Que l’on soit croyant ou non, chrétien ou non, on ne peut pas minimiser l’impact de cette église dans le monde des afrodescendants. Ces églises sont celles qui ont fait élire Bolsonaro par exemple au Bresil, mais aussi Trump; ce sont elles qui rançonnent nos familles au pays; qui sont sommés de leur donner une part de leur salaire. Comme si le pasteur était leur agent pour atteindre le paradis. Cela n’a rien à avoir avec la spiritualité c’est un business très très lucratif.

Voyez que même les chinois ouvrent des églises maintenant en Afrique!! Ce n’est pas anodin. Combien de pasteurs millionnaires chez les pasteurs évangéliques? Ils vendent un autre type de drogue basé sur la foi et leur interprétation d’un livre dont ils s’accommodent à dire qu’il est Divin. C’est beaucoup plus pernicieux. La majorité des gens restent dans la religion de leurs parents. Soit de la naissance à la mort, contrairement à la drogue. Des générations entières sont en train d’être préparés à vivre cette vie. L’impérialisme spirituel est un poison dont nous mesurons mal les dégâts car ils ne se comptent pas en taux de chômage ou en incarcérations. Pourtant c’est nous qu’ils emprisonnent dans cette idéologie, tout en nous rançonnant à vie !

Le mode de vie des pasteurs évangélique est du même standard que celui des dealers

Des conséquences désastreuses pour une seule personne

 

Vous avez là un parcours des plus criminogènes pour les Afrodescendants. Un black-on-black-crime de haute volée. Qui n’aura coûté que 13 ans a cette personne alors qu’elle a sûrement indirectement tué des milliers de gens. Nous considérons ce genre de profil comme ceux d’un Joseph Kony en Uganda qui emploi des enfants soldats tout en enrôlant dans sa secte des centaines de gens. Jemeker Thompson en a vendu dans les années 80, leurs effets sont toujours perceptibles aujourd’hui. En terme d’incarcérations, en terme d’overdoses, en terme d’aliénations spirituelles et esthétiques. Pas de doute le démon de l’aliénation globale a un nom : Jemeker Thompson.