Tiré Machèt, l’art de combat haïtien

Découvrez l’art martial haïtien, le Tiré Machèt
 
 


En Haïti, l’art traditionnel de combat de machettes fait l’objet de nombreux noms, parmi lesquels Tiré Machèt . Tiré Machèt a ses racines dans la Révolution d’Haïti, lorsque les révolutionnaires ont souvent été forcés de se battre avec moins de fusils que de soldats. Sa combinaison de techniques africaines de lutte contre les bâtons et d’escrime européenne s’est révélée très efficace à la fois dans le combat et comme moyen d’autodéfense individuelle. Depuis lors, une multitude de styles et de méthodes de formation ont proliféré. Bien que beaucoup de ces pratiques restent cachées dans le secret, l’escrimeur haïtien Alfred Avril a invité les étrangers à apprendre cet art martial à venir en Haïti pour s’entraîner avec lui. 

En général, Tire Machèt est pratiqué dans le secret relatif. Les traditions familiales sont une possession étroitement surveillée pour être transmises à travers les générations, et seuls les membres de confiance de la communauté sont autorisés à participer (ou même à observer) des sessions de formation. Les étudiants de plus, doivent démontrer une grande loyauté envers leur «professeur» d’escrime afin d’être admis.

Jean-Louis Michel
 


En Haïti, avant la Révolution de 1791-1804 (quand on l’appelait Saint-Domingue), les esclaves d’ascendance africaine luttaient pour conserver leurs pratiques traditionnelles de combat de bâton en organisant des compétitions clandestines appelées Kalenda. Parallèlement, beaucoup de personnes noires libres ont cherché un progrès social par le service dans l’armée française, où elles ont été introduites dans les techniques européennes d’escrime de sabre. Notamment, l’escrimeur haïtien Jean-Louis Michel était l’un des tireurs européens les plus accomplis de l’ère napoléonienne. Au cours de la révolution, les machettes ont joué un rôle important dans le combat, car les insurgés étaient souvent incapables de fournir des armes à feu et des munitions à tous leurs soldats. Peu à peu, les éléments africains et européens ont commencé à fusionner en une seule tradition synthétique des arts martiaux. Au cours de l’histoire haïtienne, Tire Machèt a servi principalement comme moyen de légitime défense individuelle chez les agriculteurs qui travaillent jour après jour avec une machette en main à ce jour.

 


Bien que, de quelque façon, Tire Machèt ressemble à des méthodes historiques d’escrime de sabre européenne, elle ressemble bien à d’autres racines: les arts martiaux africains comme la Capoeira et les formes de lutte contre le bâton actuellement pratiquées en Afrique. Par exemple le Tahlib, art martial pratiqué en Afrique du nord et originaire d’égypte.

La survie de ces racines – les traditions africaines en Haïti est une source incontournable de sa richesse culturelle. Peut-être étonnamment, beaucoup de ces traditions sont aujourd’hui plus fortes en Haïti que partout en Afrique en raison de la mesure dans laquelle, au cours du dix-neuvième siècle, lorsque la majeure partie de l’Afrique était envahie par les puissances coloniales, Haïti souffrait de l’isolement international le plus complet imaginable. 

Le fait que les esclaves aient réussi à renverser leurs maîtres et à mettre en place leur propre gouvernement était un anathème pour l’idéologie raciste des sociétés esclavagistes tout autour d’elles, et ces sociétés ont répondu en coupant presque tous les contacts avec Haïti (à l’exception de la négociation sur le marché  mais avec des relations de marché des plus désastreux) depuis plus de 100 ans. Cet isolement, tout en étant dévastateur économiquement, a également permis de protéger les traditions africaines – de la musique et de la danse à la religion et à la peinture – pour prospérer.

Pour en savoir plus sur l’histoire de Tire Machèt et d’autres arts martiaux de la diaspora africaine, voir l’excellent travail de T.J. Desch-Obi. Vous pouvez lire les sections de son livre Fighting for Honor: The History of African Martial Art Traditions in the Atlantic World. Pour en savoir plus sur la Révolution d’Haïti, voir notamment Avengers of the New World: The Story of the Haitian Revolution par Laurent Dubois.

Papa Machèt ou Alfred Avril
 
Alfred Avril ou Papa Machèt, dont la propriété se trouve sur les pentes boisées de Cap Rouge, juste à l’extérieur de la ville de Jacmel, était le dépôt d’une telle tradition d’escrime familiale. À première vue, un agriculteur de subsistance modeste, il était un maître d’art martial qui s’était formé à Tiré Machèt depuis son enfance, initialement sous la tutelle de son père. Au cours de sa vie, il a continué la tradition en tant que «professeur» respecté de Tire Machèt à son propre droit, en train d’instruire ses fils, petits-fils, nièces, neveux et autres membres de sa communauté tranchante dans l’art ésotérique de la machette combat. Voyez plutôt le documentaire produit par la société Third Horizon et réalisé par Jonathan David Kane, qui a été présenté au Festival international du film de Toronto en 2014 et au Festival du film de Sundance 2015 : 
 
Papa Machete « est un aperçu de la vie d’Alfred Avril, un agriculteur vieillissant qui vit dans les collines de Jacmel, en Haïti. Il est également le maître de l’art martial mystérieux de la clôture de la machette haïtienne, également connu sous le nom de Tire Machèt. L’enseignement de la valeur pratique et spirituelle de la machette, qui est à la fois une arme et une clé de survie pour l’agriculteur. Avril fournit un pont entre le passé traditionnel de son pays et son présent troublé. Le film documente sa fière dévouement à son héritage et à sa lutte pour Maintenez-le vivant face à la mondialisation contemporaine
 
 
Source : HaitianFencing.org 
Traduit par la team OJAL

Les Afrodescendants fondateurs de Chicago, Los Angeles et New-York

Pour beaucoup cela peut sembler incroyable, et pourtant à l’origine des plus grandes villes américaines, il y a bien des hommes et femmes d’origine africaine.

 

 


Évidemment, il faut se rappeler que le pays tout entier trouve son origine sur l’extermination des autochtones d’Amérique ainsi que de l’esclavage des Africains, ainsi les batîments, les routes, les ponts et la plupart des infrastructures du « Nouveau-Monde » furent construites par les esclaves. Mais il ne s’agit pas que de ça : des hommes libres également furent à l’origine des fondations des grandes villes américaines; Lisez plutôt :

 

JEAN-BAPTISTE POINTE DU SABLE (1745-1818) fondateur de Chicago
 
 


Jean-Baptiste Pointe du Sable est un Haïtien, afro-descendant, fils d’esclave, né vers 1745 à Saint-Marc, dans la partie française de l’île de Saint-Domingue  qui deviendra plus tard la République d’Haïti. Amené en France par son père, il repart pour la Nouvelle-Orléans en 1765. Remontant le Mississipi, il s’installe dans l’actuel Illinois et se marie avec une Amérindienne.

En 1779, il construit la première maison de ce qui devait devenir la ville de Chicago et il y établit un commerce pour les trappeurs et les Amérindiens. Compte tenu de ses origines africaines, Pointe du Sable n’a été reconnu qu’en 1968 comme le fondateur de la ville de Chicago.

 
 
 
Los Pobladores (1781), les fondateurs de Los Angeles
 
 
Alors que la Californie est encore un territoire espagnol au 18ème siècle le gouverneur du Mexique Felipe de Neve mandate des mercenaires pour surveiller et renfrocer la frontière nord du territoire. Parmi ceux-là, un groupe essentiellement composé d’Afromexicains, de métis et d’Amérindiens vont fonder une ville qu’ils appelèrent El Pueblo de Nuestra Señora Reina de los Ángeles de la Porciúncula, « Le village de Notre Dame Reine des Anges de la Portioncule » mais qui deviendra plus tard Los Angeles. Puis en 1821, le territoire passa sous contrôle du pays nouvellement devenu indépendant, le Mexique. Ce n’est qu’en 1846, que les colons américains  occupa le territoire et déclara l’indépendance de l’état de Californie et son ralliement aux Etats-Unis l’année suivante. Ce n’est qu’en 1850 avec 1734 habitants que Los Angeles devint officiellement une ville. 
 
 
 
 
 
New-York : Du Seneca Village à Wall Street et l’esclavage
 
La colonie de la Nouvelle-Amsterdam en 1664 deviendra rapidement la grande ville de New-York
 
 
Est-il encore utile de rappeler que la ville de New-York (d’abord la colonie de la Nouvelle-Amsterdam), à l’image des Etats-Unis d’Amérique, a été fondé par les colons européens (néerlandais d’abord) autour de 1624 mais qu’elle a été construite très largement par les esclaves que les Blancs allaient razzier en Afrique. 
 
C’est en 1664, que la ville prit le nom de New-York en l’honneur de Jacques, le duc d’York et frère du roi. Celui-ci bien qu’il avait planifiait qu’elle ne mesure pas plus de 500 mètres de longueur depuis son extrémité sud jusqu’à la palissade, située à l’emplacement de l’actuelle Wall Street (Jenkins, 1911, 9). En 1664, elle comptait 350 maisons pour 1 800 habitants dont 800 esclaves. Mais très vite, victime de son succès, l’esclavage des Africains de New-York devint tellement important et lucratif que la ville se développa à une vitesse folle. 
 
 
La ville de New-York en 1848
 
 

Ce sont d’ailleurs ces Africains qui bâtirent les fortifications qui donnèrent son nom à Wall Street (la rue du mur en français), afin de protéger la cité des raids amérindiens spoliés de leur terre par la colonisation. c’est le 13 Décembre 1711, que les autorités New Yorkaise firent de ce qui allait devenir la plus importante place financière du monde, le premier marché aux esclaves officiel de la ville, lieux sinistre où l’on pouvait acheter, vendre ou louer Africains et Amérindiens asservis. En imposant l’achat et la vente d’esclaves, la ville tira directement profit de ce vil commerce qui devint rapidement le soubassement de l’économie locale.

 


C’est donc tout naturellement que New York, grâce à l’esclavage, se hissa au rang de capital de l’économie mondiale. En effet la ville qui comptait le plus grand nombre d’esclave du Nord de l’Amérique était devenue, au cours des XVII° et XVIII° siècles, une des plaques tournante de la traite négrière transatlantique. D’ailleurs, d’illustres sociétés ayant « pignon sur rue » à Wall Street, telles que la Wachovia Bank Of North Carolina, la tristement célèbre J.P. Morgan Chase, la Bank Of America, la Royal Bank Of Scotland, ou encore Lehman brothers qui fit faillite en 2008 à la suite à la crise des subprimes, ont tiré parti de manière substantielle du commerce d’esclaves. Au mépris du respect élémentaire de la vie humaine ces banques et assurances accordaient régulièrement aux esclavagistes des prêts et ne revoyaient rien à dire au fait d’accepter les esclaves comme garantie de paiement. De ce fait, il était courant que ces institutions financières, en cas de non remboursement, deviennent elles-mêmes propriétaires d’esclaves. Certaines compagnies d’assurance proposaient même d’assurer et de rembourser les « cargaisons » d’esclaves africains en cas de « perte », notamment lors de la traversée du « Passage du Milieu ». 

 
Connaissez-vous l’histoire du Seneca Village qui a été détruit pour agrandir la ville de New-York et créer Central Park? 
 
 
 
Le village de Seneca était un village majoritairement afro-américain s’étendant entre 82e et 87e rues le long de ce qui est maintenant le bord occidental de Central Park. Il avait été fondé  en 1825 par des Afrodescendants libres et qui cherchaient du terrain pour produire des produits agricoles en pleine période d’esclavage.
Le village a été détruit en 1857 et les gens ont été forcés de déménager pour la création de Central Park.
Au cours des années 1850, les personnes noires du village de Seneca étaient 39 fois plus susceptibles de posséder des biens que leurs homologues de la ville, c’était donc un endroit privilégié pour la communauté afroaméricaine de la région, mais en contrepartie de leur départ la communauté afro de Seneca ne reçut de la ville de New-York qu’à peine la moitié de la valeur des biens et terrains des anciens propriétaires… 
 
 
 
Sources : 
– DailyMail.co.uk
– Transatlantica.revues.org
– Nofi.fr
– Neatorama.com
 
Team OJAL
 

Qui est Mutulu Shakur, le beau-père révolutionnaire de Tupac ?

Il est celui qui ouvre le trailer du Biopic tant attendu sur la vie de Tupac par ces conseils prodigués au rappeur : “Tu dois vivre pour quelque chose, et tu dois être prêt à mourir pour quelque chose”. Il est celui qui a joué une influence cruciale sur ce qu’est devenu Tupac Amaru en tant qu’homme et artiste. Portrait de Mutulu Shakur, militant engagé dans la lutte afro-américaine, un temps dans les personnalités les plus recherchées par le FBI et détenu en prison depuis plus de 30 ans pour meurtre. 

Un engagement politique fort

image mulutu shakur avec mopreme et tupac
Mutulu avec Tupac et Mopreme dans ses bras

Mutulu Shakur nait à Baltimore en 1950, mais grandit à New York. Très vite, il se tourne vers une lutte pour les droits afro-américains. L’homme est un fervent partisan de Malcolm X, qu’il rejoint dans ses idées et qui s’avère être une figure marquante dans sa construction politique. Dans les années 1970, il se rapproche des Blacks Panthers, dont fait partie la mère de Tupac, et avec qui une relation amoureuse s’installe. Avec Geronimo Pratt, il fonde le mouvement “Republic of New Africa” qui veut unifier 5 États (South Carolina, Géorgie, Mississippi, Alabama et Louisiane) pour construire une nouvelle nation noire indépendante des États-Unis. Cet engagement fort va marquer le jeune 2pac puisque celui-ci assistait à tous les meetings de son beau-père, et y prenait même un plaisir certain.

Un médecin reconnu

En parallèle de cette lutte très politisé, Mutulu œuvre aussi pour sa communauté dans son travail quotidien. Reconnu par l’état en tant qu’acupuncteur, il exerce ce métier toujours dans une logique sociale. Il met en place un programme d’aide aux toxicomanes via l’acupuncture. Un statut qui lui permettra même de donner quelques conférences à travers le monde, notamment jusqu’en Chine. Le FBI, qui le suit déjà, considère que ce n’est qu’une couverture pour dissimuler ses activités révolutionnaire illégales.

Le braquage de 1981, cavale et arrestation

À une époque où la lutte raciale se durcit, Mutulu et la black Liberation Army (branche des Black Panthers) s’engagent dans une révolution armée. C’est dans ce sens et pour financer leur mouvement qu’ils s’aventurent dans le braquage d’un fourgon Brink’s (rien ne prouve que Shakur ait participé lui-même à l’action). Un vol qui va mal tourner puisqu’une fusillade éclate (dont les faits exactes sont controversés) et tue un agent de la Brink’s et en blesse un autre. Dans leur fuite, deux policiers sont aussi abattus.
Shakur, dont l’implication est évidente pour le FBI, se retrouve alors en cavale. L’État en fait un des 10 fugitifs les plus recherchés des USA et donc un ennemi pour la nation. Personne, ni même son fils, ne sait où il se trouve. Ce n’est que quatre ans plus tard qu’il est retrouvé et arrêté en Californie. Dans un procès très médiatisé dans tout le pays, Il est reconnu coupable de vols, meurtre et aide à l’évasion d’une prison (libérant sa soeur Assata Shakur) et prend une peine conséquente qui devait le rendre libérable en 2016.

 

 

Son activisme en prisonimage mutulu shakur petition                             et le “Thug Code”

Bloqué en prison, son activisme ne s’arrête pas pour autant, lui qui se voit comme un prisonnier politique. Pour obtenir sa libération il a lancé une pétition qu’il a communiqué à Barack Obama lui-même, sans succès. Ceux qui l’ont croisé entre ses murs ont tous affirmé avoir changé en tant qu’homme et dans leur affirmation de leur identité. Malgré un éloignement certain, Tupac considérait son beau-père comme un mentor et une inspiration, c’est d’ailleurs avec lui qu’il a crée le fameux Thug Code en 1992, une sorte de mode d’emploi pour les gangsters : “Je lui ai dit qu’on devait définir ce qu’était la Thug Life” que clamait Makaveli à tue-tête. 26 conseils pour savoir ce qu’est un bon “Thug”. Une philosophie prônant la protection des enfants et la non-violence envers les personnes non impliquées dans la Thug Life.

 

Les 26 règles du Thug Code :

  1. Chaque nouveau dans ce game doit savoir que : a) Il deviendra riche. b) Il ira en prison. c) Il mourra.
  2. Aux leaders des crews: vous êtes responsable des payements à vos membres; votre parole doit être un engagement.
  3. La balance d’un crew est la balance de tous les crews. Les balances sont comme une maladie, tôt ou tard tout le monde l’attrapera; et ils doivent mourir.
  4. Le leader d’un crew doit sélectionner un diplomate et doit trouver des façons de régler des conflits. Dans l’unité, il y a de la force!
  5. Le Car jacking dans nos quartiers est contraire au code.
  6. Vendre de la drogue aux enfants est contraire au code.
  7. Faire vendre de la drogue par des enfants est contraire au code.
  8. Pas de vente de drogue dans les écoles.
  9. Depuis que la balance Nicky Barnes a ouvert sa bouche, le fait de balancer a été accepté par certains. Pas par nous.
  10. Les balances doivent se casser.
  11. Les flics ne dirigent rien, nous oui. Contrôlez le quartier, et rendez le sûr.
  12. Pas de vente de drogues à nos sœurs enceintes. C’est un meurtre de bébé, un génocide!
  13. Connais ta cible, qui est ton véritable ennemi.
  14. Les civils ne sont pas une cible et doivent être épargnés.
  15. Faire du mal aux enfants ne sera pas pardonné.
  16. Il ne faut pas attaquer la maison de quelqu’un lorsque sa famille est là.
  17. La brutalité et le viol insensé doivent cesser.
  18. Nous devons respecter nos personnes âgés.
  19. Respectons nos sœurs. Respectons nos Frères.
  20. Nos sœurs doivent être respectées si elles se respectent elles même.
  21. Les conflits militaires au sujet du territoire dans la communauté doivent être réglés professionnellement, pas dans la rue.
  22. Pas de fusillades pendant une fête.
  23. Les concerts et les fêtes sont des territoires neutres; pas de fusillades!
  24. Connais le Code; c’est pour tout le monde.
  25. Sois un vrai gangsta. Respecte le Code de la Thug Life.
  26. Protèges toi à chaque instant…

Lors de cet interview réalisée en prison, Mutulu soulignait l’importance de son passé de militant sur la philosophie du rappeur “c’est important que les gens comprennent l’importance de l’héritage politique de 2pac dans son histoire”. Il a d’ailleurs sorti un album en hommage à 2pac en 2006 “Dare 2 struggle” dans lequel le côté militant de Tupac est très mis en avant. Un projet réunissant des membres des fidèles Outlaws, dont fait partie Mopreme Shakur, fils de Mutulu et demi-frère de Tupac.

Tupac a toujours eu un discours très politisé à travers ses textes, œuvrant au maximum pour le bien de sa communauté. À son assassinat en 1996, on le sentait capable de faire encore plus et de reprendre l’héritage laissé par son beau-père, cette fois-ci par une voie plus légitime. Ses soutiens étaient nombreux, ses projets pour la communauté afro-américaine infinis et sa popularité au plus haut. Malheureusement le destin en aura décidé autrement…

“And still I see no changes
Can’t a brother get a little peace ?”

 

source: hiphopcorner.fr

 

Charte du Manden, la première véritable déclaration de droit universelle à l’humanité (1236)

Quand notre Histoire, nous révèle la richesse de la pensée africaine
 
 
 
Bien que ce soit une information dérangeante pour ceux qui prétendent avoir l’exclusivité des « Droits de l’Homme », la première véritable déclaration de droit universelle à l’humanité de l’histoire vient d’Afrique, du Mali exactement avec la charte de Kouroukan Foura ou Donsolu Kalikan (serment des chasseurs). Elle date du XIIème siècle de l’ère occidentale, proclamé officiellement lors de l’avènement de Sunjata Keita, fondateur de l’empire du Mali en 1236. Il aura pour successeur le célèbre Mansa Musa, personne la plus riche qui ait jamais existé dans l’histoire. En 2009, les Nations-Unies l’ont l’ont inscrite au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Voici le texte : 
 

 

 

 

« Préambule.
Le Manden fut fondé sur l’entente et l’amour, la liberté et la fraternité. Cela signifie qu’il ne saurait y avoir de discrimination ethnique ni raciale au Manden. Tel fut le sens de notre combat. Par conséquent, les enfants de Sanenè et Kòntròn font, à l’adresse des douze parties du monde et au nom du Manden tout entier, la proclamation suivante :
article 1.
Les chasseurs déclarent :
Toute vie [humaine] est une vie.
Il est vrai qu’une vie apparaît à l’existence avant une autre vie.
Mais une vie n’est pas plus « ancienne », pus respectable, qu’une autre vie.
De même qu’une vie n’est pas supérieure à une autre vie.
article 2.
Les chasseurs déclarent :
Toute vie étant une vie,
Tout tort causé à une vie exige réparation,
par conséquent,
Que nul ne s’en prenne gratuitement à son voisin,
Que nul ne cause du tort à son prochain,
Que nul ne martyrise son semblable.
 
article 3.
les chasseurs déclarent :
Que chacun veille sur son prochain,
Que chacun vénère ses géniteurs,
Que chacun éduque comme il faut ses enfants,
Que chacun « entretienne » autrement dit pourvoie aux besoins des membres de sa famille.
article 4.
Les chasseurs déclarent :
Que chacun veille sur le pays de ses pères.
Par pays ou patrie,
Il faut entendre aussi et surtout les hommes;
Car tout pays, toute terre qui verrait les hommes disparaître de sa surface deviendrait aussitôt nostalgique [connaîtrait la tristesses et la désolation].
article 5.
Les chasseurs déclarent :
La faim n’est pas une bonne chose;
L’esclavage n’est pas une bonne chose;
Il n’y a pas pire calamité que ces choses-là
Dans ce bas-monde.
Tant que nous détiendrons le carquois et l’arc,
La faim ne tuera plus personne au Manden,
Si d’aventure la famine venait à sévir;
La guerre ne détruira plus jamais de village au Manden
Pour y prélever des esclaves;
C’est dire que nul ne placera désormais le mors dans la bouche
de son semblable
Pour aller le vendre,
Personne ne sera non plus battu,
A fortiori mis à mort,
parce qu’il est fils d’esclave.
article 6.
Les chasseurs déclarent :
L’essence de l’esclavage est éteinte ce jour,
« d’un mur à l’autre » du Manden;
La razzia est bannie à compter de ce jour au Manden;
Les tourments nés de ces horreurs sont finis à partir de ce jour au Manden.
Quelle épreuve que le tourment !
Surtout lorsque l’opprimé ne dispose d’aucun recours.
Quelle déchéance que l’esclavage !
L’esclave ne jouit d’aucune considération,
Nulle part dans le monde.
article 7.
les gens d’autrefois nous disent :
L’homme en tant qu’individu,
Fait d’os et de chair,
De moelle et de nerfs
De peau et de poils qui la recouvrent,
Se nourrit d’aliments et de boissons;
Mais son « âme », son esprit vit de trois choses :
Voir qui il a envie de voir,
Dire ce qu’il a envie de dire,
Et faire ce qu’il a envie de faire;
Si une seule de ces choses venait à manquer à l’âme,
Elle en souffrirait,
Et s’étiolerait sûrement.
En conséquence, les chasseurs déclarent :
Chacun dispose désormais de sa personne,
Chacun est libre de ses actes,
Dans le respect des « interdits », des lois de la Patrie,
Tel est le serment du Manden,
À l’adresse des oreilles du monde entier. »
 
 
 
 

 

 

Source : Youssouf Tata Cissé, à partir d’un récit de Fa-Djimba Kanté

 
 
 

« Vous ne trouverez jamais de personnes blanches qui portent nos cheveux », déclare Marah Louw

Les Africains ne peuvent pas s’approprier des normes blanches de beauté alors que des normes blanches de beauté nous sont imposées, écrit Kylie Kiunguyu.
 
Ancienne actrice et chanteuse, Mara Louw interagit lors d’une réunion avec le président Jacob Zuma à Sefako Makgatho Guest House Présidentielle à Pretoria 12 déc 2012: Photo: GovernmentZA / Flickr
 
Marah Louw, une chanteuse et actrice sud-africaine, a été invitée au salon DJ Sbu Breakfast où elle a partagé ses pensées sur le « phénomène de blanchiment de peau » et le « l’auto-mépris noir ». Elle sent que les tissages et le blanchiment vont à l’encontre des gens, « insultant » ce que Dieu a créé.
Elle a ajouté: « Vous ne trouverez jamais les blancs qui portent nos cheveux comme nous [portons] les cheveux d’autres personnes. Vous ne trouverez jamais des personnes blanches portant des perruques afro, des perruques d’afro noir pour sortir, à moins que ce ne soit une soirée [à thème] ou le cirque « , a-t-elle ajouté.
 
Les Africains ont-ils des normes blanches de beauté?
L’appropriation culturelle est l’adoption ou l’utilisation des éléments d’une culture par des membres d’une autre culture. Les éléments sont copiés d’une culture minoritaire par des membres d’une culture dominante, et ces éléments sont utilisés en dehors de leur contexte culturel d’origine.
Un échange mutuel ne se produit que sur un «terrain de jeu équitable», alors que l’appropriation implique que des pièces d’une culture opprimée soient prises hors contexte par un peuple qui a opéré historiquement contre ceux qui en sont issus et qui n’a pas le contexte culturel pour bien comprendre, respecter , ou utiliser ces éléments.
Par conséquent, comme la structure sociale et la dynamique du pouvoir situent les Noirs bien au-dessous des blancs, tout échange culturel se produisant sur cette échelle figurative existe dans un contexte de supériorité et d’infériorité. En d’autres termes, la culture blanche est imposée et non adoptée par les Noirs.
Les étudiantes de Pretoria Girls High School protestent. Photo: Twitter / Screen shot
Et pourtant, le blanchiment de la peau et les tissages sont un élément de base dans l’Afrique post-coloniale à un moment où l’histoire africaine est à la libération culturelle.
Dans le passé, il y a eu peu de représentations populaires positives, honnêtes et culturelles de femmes noires. Pour cette raison, les générations ont dû interpréter la blancheur comme étant normale et humaine et, dans certains pays, le blanchiment était une issue à toutes les souffrances. C’est la maladie de la suprématie blanche et de l’imposition ultime.
Le manque de représentations positives et audacieusement africaines est la preuve que, dans tous les niveaux et dans les industries, la noirceur n’est pas valorisée ou acceptée sous la suprématie blanche. Les Africains eux-mêmes doivent donc adopter des normes blanches dans leur propre continent pour la «survie». Par exemple, les employeurs dans les domaines axés sur la beauté sont plus susceptibles de combler leurs quotas avec des femmes plus proches de la norme de beauté blanche. Même en ce qui concerne la datation, les hommes qui ont été socialement conditionnés par la colorisation à travers la musique ou la TV optent pour des amours avec intérêt (donc dans le sens de la domination)
 
Le standard de beauté noire
Malgré les liens encore forts du colonialisme et du néo-colonialisme, le changement se produit. Des pays comme le Ghana ou le Rwanda ont interdit les produits de blanchiment de la peau, ce qui rend l’exercice plus difficile à exécuter. Les stars progressistes telles que Lupita Nyong’o changent le paysage de l’industrie de la beauté, une fête rendue possible en conjonction avec les modèles internationaux le wapiti de Alek Wek, Khoudia Diop et Philomena Kwao.
En ce qui concerne les cheveux, le mouvement capillaire naturel qui a pris en charge les médias sociaux et les médias sociaux libère toutes les femmes noires à l’échelle mondiale en normalisant le standard de beauté noire. Les femmes embrassent leurs cheveux comme quelque chose d’unique et de beau tel quel.
L’avenir d’une norme de beauté noire est celui qui mettra l’accent sur les couleurs de la peau et les types de cheveux qui comprennent toutes les femmes noires, en particulier celles de la peau plus foncée qui ont été jusqu’alors marginalisées.
 
AFROPUNK Brooklyn by Francesca Magnani
Source : ThisIsAfrica.me 
 
Traduit par la Team OJAL 
 
 
 

Les Noirs propriétaires d’esclaves durant la période pré-sécessioniste

Les propriétaires d’esclaves noirs pendant la période de l’avant-guerre ont été trouvés dans presque tous les états, y compris certains des États du nord. Dans des États comme la Caroline du Sud, la Virginie, le Maryland et la Louisiane, les Noirs libres possédaient jusqu’à 10 000 esclaves, sinon plus, selon le recensement fédéral de 1850.

Les maîtres d’esclaves noirs, dans la partie inférieure du sud, possédaient de nombreux esclaves et plantaient de grandes quantités de coton, de riz et de canne à sucre. En Caroline du Sud, les maîtres noirs libres utilisaient le travail de leurs esclaves à but lucratif, en les embauchant comme simples artisans travaillés ou formés.

D’où venaient ces Noirs libres propriétaires d’esclaves? Beaucoup d’entre eux étaient d’anciens esclaves qui ont été libéré à cause de leurs liens de parenté avec les blancs, tandis que d’autres étaient émancipés grâce à un devoir militaire méritoire, un service fidèle, ou pour avoir sauvé une vie, ainsi que d’autres raisons. Mais la majorité des maîtres noirs ne connaissaient jamais la déshumanisation de l’esclavage parce qu’ils étaient nés de parents noirs libres. Cependant, les rangs des maîtres esclaves incluaient non seulement les noirs libres, mais aussi d’anciens esclaves connus.

Alors, comment les maîtres noirs ont-ils obtenu les esclaves? Beaucoup de noirs libres ont hérité des esclaves de parents noirs ainsi que de parents blancs. Certains des achats d’esclaves ont été causés non pas par le lien de parenté mais par humanisme. Des noirs libres bienveillants utilisaient parfois leur propre argent pour acheter des esclaves dans l’intention de les émanciper. Cependant, de nombreux maîtres noirs n’avaient pas l’intention de libérer leurs esclaves et considéraient l’institution de l’esclavage comme une source de travail à exploiter pour leur propre bénéfice.

Le premier étant Anthony Johnson au 17ème siècle. 

Source : BlackThen.com 
Traduit par la team OJAL

Le travail pénitentiaire c’est l’esclavage américain: voici comment vous le soutenez inconsciemment

Le travail pénitentiaire c’est l’esclavage américain: voici comment vous le soutenez inconsciemment



Bien que l’esclavage est censé être illégal depuis 1865, il a tout de même perduré. En raison d’un « vide juridique » dans le 13ème amendement, l’esclavage a pu continuer « comme une punition pour les crimes » et l’industrie pénitentiaire en a profité pleinement.

L’administration Trump a annoncé récemment qu’elle annulait la décision de l’administration Obama réduisant les prisons privées à but lucratif. L’administration Trump a simultanément déclaré qu’elle allait réprimer les consommateurs de marijuana dans les États qui l’ont légalisé, car c’est encore illégal au vu de la loi fédérale.

Cela signifie plus de prisonniers et plus de profits pour les propriétaires des sociétés qui gèrent les prisons. Cela signifie aussi plus de travail servile aux États-Unis.

Les entreprises ont fait pression afin de changer la définition de ce qui constitue un «crime» et, par conséquent, ce qui constitue un dur labeur, a rapporté Minds.




Wal-Mart achète une partie de ses produits dans les fermes pénitentiaires, où les travailleurs font souvent face à de longues heures en pleine chaleur, sans nourriture ou eau en quantité nécessaire. Victoria’s Secret, AT & T et BP (British Petrolium) font notoirement parti des entreprises qui utilisent le travail pénitentiaire.

La liste complète des entreprises impliquées dans l’exploitation du travail pénitentiaire comprend:

Verizon
Starbucks
ConAgra Foods
Procter & Gamble
Nintendo
Microsoft
McDonald’s
K-Mart
GlaxoSmithKline
Eli Lilly and Company
Costco
Chevron
Cargill
Bank of America
Bayer
Caterpillar
Chrysler
John Deere
Exxon Mobil
Johnson and Johnson
Koch Industries
Merck
Motorola
Pfizer
Pepsi
Shell
UPS
Wendy’s




Au Texas, le travail pénitentiaire est obligatoire. Les détenus se lèvent à 03h30, prennent le petit déjeuner à 4h30 et commencent à travailler à 6h du matin. «Les délinquants ne sont pas payés pour leur travail, mais ils peuvent obtenir des privilèges en fonction de leurs bonnes habitudes de travail», explique le site du Département du ministère de la Justice du Texas. « Non, le Texas n’utilise pas de gangs enchaînés », poursuit une déclaration du site. « Cependant, les contrevenants travaillant à l’extérieur de la barrière périphérique sont surveillés par des agents correctionnels armés à cheval ».





Avec le soutien de l’administration Trump aux prisons à but lucratif, nous devons être conscients de ce que nous achetons. Si vous ne voulons pas soutenir l’esclavage américain, connaissons la source des produits que nous achetons. Dites à vos élus de NE PAS soutenir l’esclavage. Si les gens travaillent, ils devraient être payés.


Source : http://CounterCurrentnews.com

Traduit par la Team OJAL 


Frederick Douglass à propos de l’utilisation de la nourriture comme arme de contrôle durant l’esclavage

Douglass est né sur une plantation dans l’est du Maryland en 1817 ou 1818 – il ne connaissait pas son anniversaire, et encore moins son certificat de naissance – il à une mère noire (dont il était séparé en tant que garçon) et un père blanc qu’il n’a jamais connu et qui était probablement le «maître» de la maison). Il a été partagé pour servir les différents membres de la famille. Son enfance a été marquée par la faim et le froid, et ses années d’adolescence sont passées dans un long travail difficile, la fatigue du coma, les flagellations de routine, la faim et autres tortures banales du manuel d’esclavage.

À 20 ans, il s’est enfui à New York et a commencé sa nouvelle vie comme un orateur anti-esclavagiste et militant. Conscient aisément d’être un témoin littéraire de l’institution inhumaine à qui il avait échappé, il s’assura de documenter sa vie non pas en une seule, mais en trois autobiographies. Ses mémoires apportent vivante la mécanique immorale de l’esclavage et de ses armes de contrôle. Le summum parmi eux : la nourriture.

 

La faim était le compagnon d’enfance fidèle du jeune Fred. «J’ai souvent été si pincé de faim, que j’ai combattu avec le chien -« Vieux Nep »- pour les plus petites miettes qui sont tombées de la table de la cuisine, et j’ai été heureux quand j’ai gagné une seule miette dans le combat», il écrit dans  My Bondage and My Freedom. «J’ai souvent suivi, avec empressement, l’attente de la fille qui sortait pour secouer la nappe, pour obtenir les miettes et les petits ossements jetés pour les chats.

 «Oublie, chéri, bonne journée …» disaient les anciens pour consoler le garçon orphelin. Ce n’était pas seulement les animaux familiers avec lesquels l’enfant avait à rivaliser. Une des scènes les plus avilissantes dans le premier mémoire de Douglass, Narrative of the Life de Frederick Douglass, décrit sa façon de manger:

«On mangeait de la farine de maïs grossière, on l’appelait de la mush, on la plaçait dans un grand plateau de bois et on la déposait sur le sol, on appelait les enfants, comme tant de porcs, et, comme tant de porcs, viennent et dévorent la bouillie, les uns à coquilles d’huîtres, les autres à bardeaux, les uns à mains nues, les autres à cuillères, celui qui mangeait le plus vite, le plus fort, .  »

Douglass a pour but de clouer le mensonge vanté par les esclavagistes – un mensonge qui persiste jusqu’à ce jour – que «leurs esclaves jouissent plus du même confort physique que la paysannerie de n’importe quel pays dans le monde. En vérité, les rations consistaient en une allocation mensuelle d’un boisseau de maïs de troisième qualité, de porc mariné (qui était «souvent entaché») et de «harengs de qualité inférieure» – à peine suffisants pour soutenir les hommes et les femmes adultes face à leurs travaux pénibles dans le domaine. Tous les esclaves, cependant, n’étaient pas si mal nourris. En attendant la «table étincelante de la grande maison» – une table chargée des plus belles viandes, de la bonté de la baie de Chesapeake, des plateaux de fruits, des asperges, du céleri et du chou-fleur, du fromage, du beurre, de la crème et des meilleurs vins et eaux-de-vie de France – était un groupe de serviteurs noirs choisis pour leur fidélité et regards gracieux. Ces serviteurs brillants constituaient «une sorte d’aristocratie noire», écrivait Douglass. En les élevant, le propriétaire de l’esclave jouait le vieux truc de diviser pour mieux régner, et cela a fonctionné. La différence, écrivait Douglass, «entre ces quelques privilégiés, et la multitude des foules des quartiers et des champs, était immense.

Les «multitudes affamées» firent ce qu’elles pouvaient pour compléter leurs faibles régimes. «Ils ont fait cela en chassant, en pêchant, en cultivant leurs propres légumes – ou en volant», dit Frederick Douglass Opie, professeur d’histoire au Collège Babson, qui, bien sûr, porte le nom du militant. « Dans leur univers moral, ils ont pensé, ‘Vous m’avez volé, vous m’avez maltraité, donc de vous voler est tout à fait normal. «Si on le prenait, disons, en mangeant une orange du jardin de fruits abondant du propriétaire, la punition était une flagellation. Quand même ceci s’est avéré futile, une barrière de goudron a été érigée autour du fruit interdit. Celui dont le corps portait la moindre trace de goudron fut brutalement fouetté par le chef jardinier.

 

Mais si la privation était une forme de contrôle, une bien plus insidieuse et malveillante était les vacances annuelles de Noël, où la gourmandise et la consommation excessive d’alcool étaient presque obligatoires. Pendant ces six jours, les esclaves pouvaient faire ce qu’ils voulaient, et pendant que quelques-uns passaient du temps avec une famille lointaine, chassaient ou travaillaient chez eux, la plupart étaient heureux de s’engager dans des sports, «jouer du violon, danser et boire du whisky; Ce dernier mode de dépenser le temps était de beaucoup le plus agréable aux sentiments de nos maîtres … Il a été jugé une honte de ne pas se saouler à Noël. Pour encourager les cintreuses de whisky, les «maîtres» prenaient des paris pour voir qui pouvait boire le plus de whisky, ce qui «amena des multitudes à boire en excès».

Le but néfaste de ces fantaisies était d’assimiler la dissipation à la liberté. A la fin des vacances, écœurés par l’excès d’alcool, les hommes à la gueule de bois croyaient que nous étions presque aussi esclaves de l’homme que du rhum. Douglass écrivait ainsi: «Nous sommes sortis de la boue de notre vautour, avons pris un long souffle et nous sommes allés au champ, nous sentant, dans l’ensemble, plutôt heureux d’aller, de ce que notre maître nous avait trompé en croyant Liberté, de retour aux bras de l’esclavage. « 

Douglass évoque encore plus furieusement ces orgies obligatoires – il les appelle «partie intégrante de la grossière fraude, du tort et de l’inhumanité de l’esclavage» – qu’à d’autres formes plus directes de cruauté.

«C’était une forme de pain et de cirque», dit Opie. «On donnait aussi aux esclaves des boissons enivrantes, de sorte qu’ils n’auraient pas le temps de songer à s’enfuir … Si tu ne l’avais pas pris, tu étais considéré comme ingrat, c’était une forme de contrôle social.

Quand il avait environ 8 ans, Douglass a été envoyé à Baltimore, qui s’est avéré être un tournant dans sa vie. La maîtresse de la maison lui a donné le cadeau le plus précieux dans sa vie – elle lui a enseigné l’alphabet. Mais quand son mari lui a interdit de continuer – enseigner aux esclaves à lire et à écrire était un crime – elle a immédiatement arrêté ses leçons.

C’était trop tard. Le petit garçon avait eu un coup d’oeil dans le monde transformateur de mots et était impatient d’en apprendre davantage. Il l’a fait en échangeant des morceaux de pain – il y avait libre accès; À Baltimore, les codes urbains de l’esclavage étaient moins sévères que dans le Maryland rural – pour les leçons d’alphabétisation. Ses professeurs étaient des enfants blancs du quartier, qui savaient lire et écrire, mais n’avaient pas de nourriture. «Ce pain que j’avais l’habitude d’accorder aux petits ours affamés qui, en retour, me donnerait ce pain plus précieux de la connaissance,» Douglass a écrit dans l’une des lignes les plus émouvantes dans le récit.

«Cela montre aussi l’ingéniosité des esclaves, dit Opie, et comment ils ont trompé et empoigné tout ce qu’ils avaient à faire.

Aujourd’hui, quand on pense à Frederick Douglass, l’image qui vient à l’esprit est celle d’un homme distingué, aux cheveux gris, en costume double-breasted. Il est difficile de l’imaginer comme un garçon à moitié affamé, vêtu d’une chemise grossière, à genou, qui dormait sur le sol dans un sac de maïs qu’il avait volé. Comme il l’a écrit dans Narrative, «mes pieds ont été si fissurés par le gel, que la plume avec laquelle j’écris pourrait être posée dans les coupes.

C’est une image déchirante – rachetée par un petit mot, «stylo». Une plume qu’il brandissait avec passion, clarté et ironie pour tuer la vie hors de l’esclavage.

Traduit par la Team OJAL du texte de Nina Martyris, journaliste basée à Knoxville, Tenn.

« Nkrumah était le meilleur leader que l’Afrique a connu! » R. Mugabe

Le président zimbabwéen, Robert Mugabe, a décrit le premier président du Ghana, Dr. Kwame Nkrumah, comme un vrai révolutionnaire qui a combattu pour l’émancipation du Ghana et de l’Afrique.





Le président de 93 ans a fait cette remarque en s’adressant aux médias au siège du gouvernement du Ghana, la Flagstaff House mardi 7 mars 2017.

Il a profité de l’occasion pour rendre un vibrant hommage au leader ghanéen, ajoutant qu’il voit les qualités du premier président du Ghana dans le président Akufo-Addo.


Mugabe a dit qu’il tient les enseignements de Nkrumah en grande estime en disant :

« J’ai prêché Nkrumah. »





Il a en outre loué le Dr Nkrumah pour avoir aidé certains pays africains à obtenir l’indépendance.

M. Mugabe faisait partie d’autres dirigeants africains qui ont honoré le 60e défilé de la Journée de l’indépendance du Ghana à Accra le 6 mars 2017.

M. Mugabe est lié au Ghana à bien des égards comme il a été enseignant au Ghana, et s’est marié avec une femme ghanéenne.

Le commentaire du leader zimbabwéen vient après des critiques d’une partie des Ghanéens qui a trouvé que le discours du Président Akufo-Addo au Black Star Square cherchait à fausser l’histoire du Ghana pour favoriser son lignage politique contre le récit de Nkrumah. Akufo-Addo n’a pas faussé l’histoire du Ghana

Mais le porte-parole du président, Mustapha Hamid, a rejeté les affirmations selon lesquelles le président avait tenté de détourner l’histoire du Ghana pour favoriser son père, Edward Akufo-Addo, et son oncle, J.B. Dankwa, qui a également joué un rôle clé dans la lutte pour l’indépendance.

Le porte-parole présidentiel du Zimbabwe et le secrétaire permanent de l’information, des médias et des services de radiodiffusion, George Charamba, ont dit plus tôt aux médias que le Ghana était un phare de l’indépendance africaine.


« Pour nous, le Ghana est un symbole des luttes et de l’indépendance de la liberté africaine et en revenant au Ghana, Son Excellence s’associe à la politique et à la volonté du Ghana dans le contexte des luttes africaines pour l’indépendance. Deuxièmement, le président a enseigné pendant une période au Ghana peu après son indépendance, il y a donc un attachement émotionnel à son retour, outre le facteur conjugal.

En raison de la présence du Président au Ghana à ce moment critique-là de l’histoire, il est devenu un vecteur par lequel la politique panafricaine du Ghana et les instruments de la lutte ont été introduits dans la politique nationaliste dans la Rhodésie d’alors »


Source : www.ghanaweb.com
Traduit par la Team OJAL


Comment le Nigeria a depensé 61$ Milliards pour soutenir les Noirs d’Afrique du Sud dans la lutte contre l’Apartheid

Dans une rare démonstration d’amour fraternel en Afrique du Sud, les Nigérians ont fait d’énormes sacrifices contribuant à la destruction de l’apartheid en Afrique du Sud.

 

Les étudiants du Nigeria ont jeûné les midis pour faire des dons, et juste en six mois, en juin 1977, la Southern African Relief Fund (SARF) a atteint 10,5 millions de dollars. Les dons au SARF étaient largement connus au Nigeria sous le nom de «taxe Mandela».

 

 


Grâce à la levée de fonds, un premier groupe de 86 étudiants sud-africains est arrivé au Nigéria en 1976, suite à la perturbation du système éducatif en Afrique du Sud. Cela s’est produit après le massacre de 700 étudiants par la police blanche alors que les premiers protestaient contre la décision du régime d’apartheid de changer leur langue d’éducation en afrikaans (dialecte néerlandais des colons). Des centaines d’étudiants sud-africains ont profité de l’activité du fonds pour étudier au Nigeria gratuitement.

 

Au-delà de l’accueil des étudiants et des exilés, le Nigeria a également accueilli de nombreux Sud-Africains de renom tels que Thabo Mbeki (ancien président sud-africain de 1999 à 2008). Il a passé 7 ans au Nigeria, de 1977 à 1984, avant de déménager pour le siège de l’ANC à Lusaka, en Zambie.

Le Nigeria, en compagnie d‘autres nations africaines, a exercé des pressions pour la création du United Nations Special Committee against Apartheid (Comité spécial des Nations Unies contre l’apartheid) et l’a présidé pendant 30 ans, plus longtemps que tout autre pays.

Entre 1973 et 1978, le Nigéria a versé une somme financière énorme au United Nations Educational and Training Programme for Southern Africa, un fonds d’affectation spéciale volontaire qui promeut l’éducation de l’élite noire sud-africaine.

Quant au commerce, le Nigeria avait refusé de vendre du pétrole à l’Afrique du Sud pendant des décennies pour protester contre la règle de la minorité blanche. Le Nigeria a perdu environ 41 milliards de dollars au cours de cette période.

Surtout, le Nigéria était la seule nation à avoir créé le Comité national contre l’apartheid (NACAP, National Committee Against Apartheid) dès 1960. La mission du comité était d’informer tous les Nigérians des maux du régime d’apartheid, des écoles primaires aux universités, aux médias publics et aux marchés, à travers des affiches et des messages publicitaires. Le NACAP était également chargé de coordonner les actions conjointes du gouvernement du Nigéria et de la société civile contre l’apartheid et de conseiller les décideurs sur les décisions anti-apartheid. Pendant plus de trois décennies, le NACAP a réussi à établir des alliances avec des mouvements syndicaux, des groupes d’étudiants, des éléments progressistes et d’autres organisations internationales de base au Nigeria pour des activités anti-apartheid efficaces.

Nacap contre l'apartheid

En fait, jusqu’en 1960, la lutte de l’ANC contre le régime d’apartheid en Afrique du Sud donnait de très petits résultats. Le monde entier était tout à fait indifférent quant à la souffrance des Noirs Sud-Africains. En outre, les pays occidentaux ont fortement appuyé le régime d’apartheid qui lui a fourni des technologies, des renseignements et des accords commerciaux favorables. Les choses ont commencé à changer radicalement seulement après que les pays africains soient devenus indépendants dans les années 1960. Le Nigeria a pris sans équivoque le leadership du mouvement anti-apartheid dans le monde entier.

Malgré la nature volatile de la politique nigériane et le passage de nombreux chefs militaires et civils, le Nigéria n’a jamais abandonné son engagement inébranlable envers la liberté de nos frères et sœurs en Afrique du Sud. De 1960 à 1995, le Nigeria a dépensé plus de 61 milliards de dollars pour appuyer la fin de l’apartheid, plus que tout autre pays dans le monde, selon l’Institut sud-africain des affaires internationales. Le pays n’a jamais laissé tomber aucune occasion de dénoncer l’apartheid, du boycott des Jeux Olympiques et des Jeux du Commonwealth à la nationalisation des actifs de British Petroleum en 1979.

Discours a l'ONU contre l'apartheid

Malheureusement, nos frères et sœurs en Afrique du Sud n’ont pas été reconnaissants du Nigéria. Lorsque Mandela est décédé en 2013, le président nigérian n’a même pas eu l’occasion de s’exprimer. Dans le même temps, les représentants des États-Unis. (U S) et le Royaume-Uni (U K), deux pays soutenant le régime de l’apartheid, étaient à l’honneur…

 
 

Traduit par la team OJAL