L’émancipation,
une construction consciente.

De la nécessité d’une éducation spécialisée pour les afrodescendants

 



Pour ceux qui nous connaissent, vous le savez l’éducation est au cœur de notre discours. En effet, nous le pensons, l’éducation de notre jeunesse est notre passeport pour l’avenir, à condition, toujours, qu’elle soit faîte par nous-même et pour nous-même, une éducation autodéterminée et afrocentrée en gros. Or, comme pour la plupart des domaines d’activité de l’homme (économique, politique, culturel, sanitaire, social …etc), notre éducation se fait par les autres et dans l’intérêt de ceux qui nous donnent cette « éducation », et non pour nos propres intérêts…. 

Dans cet article donc, la Team OJAL, revient sur ce qui est à la base de son engagement, de la nécessité d’une éducation spécialisée pour les afrodescendants: on commencera par voir ce que l’on appelle éducation spécialisée, à qui s’adresse-t-elle et pour répondre à quels besoins? Ensuite, nous évaluerons en quoi notre communauté a clairement besoin de ce type d’éducation, et nous essayerons de donner quelques exemples et références.


Qu’est-ce que l’éducation spécialisée?? 
 

Ce que l’on appelle communément éducation spécialisée est une méthode d’enseignement destinée aux personnes ayant des besoins spécifiques dans le but de leur fournir un enseignement adapté à leurs besoins et spécificités.

Il existe un certains nombre de métiers concernés et en France, différents types d’institutions accueillent des publics en grande fragilité. On peut citer les Maisons de l’Enfance à Caractère Social (MECS) pour les mineurs placés (administrativement ou par le juge) dans le cadre de la Protection de l’Enfance, les Instituts Médico-Educatifs pour les personnes en situation de handicap, les Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale pour les personnes en situation d’exclusion ou encore la Prévention Spécialisée qui opèrent dans les quartiers « sensibles » pour prévenir la délinquance (les éducateurs « de rue »). 

Au sein de ces établissements, on propose une méthodologie dans l’apprentissage, le développement personnel et l’inclusion, adaptée aux différents publics accueillis. C’est cela qui fait de cette éducation quelque chose de spécialisé. Elle vise des publics bien particuliers, comme les enfants maltraités ou orphelins, les sans-abris, les personnes handicapées, les personnes sous addiction…On peut remarquer trois grandes caractéristiques, ce sont :

– des personnes vulnérables (économiquement, socialement …etc)
– des personnes atteintes de maladies/handicap
– des personnes victimes d’exclusion, frappées de marginalité


Mais quel est le rapport avec nous, nous direz vous? Nous entendons déjà certains dire que comparer les populations afro aux « cas sociaux » est insultant.  » 

Pourquoi la communauté afrodescendante de France a besoin d’une éducation spécialisée?
 
Eh bien voyez-vous, ces caractéristiques nous correspondent tout à fait, malheureusement. Osons nous regarder dans le miroir et affronter le reflet de notre réalité.
 
Oui, nous sommes vulnérables car nous n’avons aucun pouvoir: ni économique, ni politique. Nous sommes dépendants des aides et nos vies sont trop souvent emprisonnées dans le salariat la précarité. Nous avons délégué notre pouvoir, et aujourd’hui comme depuis 300 ans, nous humilier et nous maltraiter publiquement ne souffre d’aucunes conséquences de notre part.
 
Oui, nous sommes atteints de maladies psychologiques car nous aimons nos oppresseurs bien plus que nous n’aimons nos semblables (syndrome de Stockholm). Nous nous défrisons les cheveux, nous nous éclaircissons la peau pour ressembler aux Blancs au détriment de notre santé physique et mentale. Nous n’aimons pas voir l’un des nôtres s’élever, et nous préférons le descendre plutôt que de l’aider à briser le plafond de verre (syndrome du panier de crabes). D’après le psychiatre Fanon, notre examen révèle un virus nommé aliénation!
 
Oui, nous sommes exclus et frappés de marginalité car depuis plusieurs siècles, le monde s’est construite sur le vol, le viol, l’esclavage, le génocide des populations afrodescendantes. Cela se traduit aujourd’hui en occident par des violences policières, des discriminations à l’embauche ou au logement, du dumping social, de l’empoisonnement massif, des milliers de foyers sous-payés, la ghettoïsation …etc. 
 
 
 
En quelques mots, nous avons besoin d’une nouvelle éducation et non-plus celle que nous connaissons depuis un certains temps, The Mis-Education of the Negro pour reprendre le titre de l’ouvrage emblématique de Carter G. Woodson. Le déseducation ou mauvaise éducation du Noir si on voulait le traduire.
 

 

Cela fait  plusieurs années maintenant que l’OJAL exhorte la communauté à prendre en main l’éducation de notre jeunesse, nous le faisons à travers notre projet d’accompagnement éducatif à destination des familles afrodescendantes de la ville de Lyon: « Each One Teach One » 
 
 
Il existe également un certains nombre d’auteurs qui se sont intéressé à l’éducation de nos petites têtes crépues : le Dr. Umar Johnson, le Dr. Amos Wilson, le Dr. John Henrik Clarke, le Dr. Cress Welsing, le Dr. Juliette Sméralda, le Dr. Ama Mazama …etc 
 
 
 
Il existe aussi à Paris l’association « Apprends-moi à Comprendre » qui dispense des temps d’ateliers et d’activité autour de l’histoire et du patrimoine afro. 
 
apprendsmoiacomprendre.eklablog.net
Si vous aussi vous vous intéressez à l’éducation afro, n’hésitez pas à nous contacter : ojal.lyon@outlook.fr
 
 

Comme nous quelqu’un en a marre des gentils blancs (enfin!)

On apprend dans le nouvel obs qu’une jeune afrodescendante du nom de Brit Bennet alors étudiante dans le Michigan, a rédigé un texte afin d’exprimer sa colère légitime après l’effroyable assassinat de Michael Brown, 18 ans au moment des faits, par le policier Darren Wilson. Ce fût un évenement déclencheur pour elle. Dans ce texte elle tire à boulets rouge sur les « gentils blancs » (l’équivalent aujourd’hui de feu le parti socialiste en France) qui se seraient détachés de leurs amis racistes afin de se désolidariser : « Quel privilège que d’essayer de paraître bon, alors que nous autres, nous voulons paraître dignes de vivre. » On aurait pas mieux dit. Elle les attaquent sur leur manque de radicalité quant au massacre de masse que perpetue le système Américain vis-à-vis des Africains Américains. «Vos bonnes intentions sont-elles bonnes si elles nous tuent?» 

 
C’est une très bonne question et en France on est encore à mille lieux de se la poser clairement. Déjà parce qu’il y a pas autant d’incarcération de masse et de meurtres perpetrés par la Police, mais aussi parce que historiquement nous avons étés amadoués dans la plus pure tradition Française de l’assimilation. Pour une bonne partie des Noirs de ce pays, bien paraître aux yeux des blancs est une nécessité quasi vitale. Quoi qu’il en soit la frangine a sorti un roman nommé « Le coeur battant de nos mères », elle compte sortir un recueil bientôt traduit en Français qu’il sera urgent de lire. Probalement dans la trempe de Ta-Nahisi Coates qui a récemment été traduit également. La blanchité qui
Brit Bennett
L’article se termine comme suit:

« Imprégnée de Toni Morrison, de James Baldwin, ou de nouvelles voix comme Colson Whitehead et Ta-Nehisi Coates, Brit Bennett a la finesse de replacer le racisme ordinaire dans la continuité de l’histoire du pays, allant des piscines longtemps interdites aux Noirs («Dans l’imagination d’un suprémaciste blanc, se mélanger, c’est être infecté») aux poupées noires, fabriquées en série depuis la fin des années 1960 seulement.

Une manière implacable de remettre en question les idées de Donald Trump, dont le slogan de campagne «Make America great again» sonne comme une promesse de retour au passé. Or, l’Amérique d’avant, c’est celle où les Noirs avaient moins de droits. Brit Bennett cite sa propre mère, qui devait déterminer sa pointure avec une ficelle, n’ayant pas le droit d’essayer des chaussures dans les magasins: «Le bon vieux temps? Le bon vieux temps pour qui?»

Encore une fois la question est légitime. Et si c’est le bon temps des yankees alors les Noirs ont encore besoin d’autodetermination, toujours plus de solidarité, de coopération économique, le tout dans l’unité la plus compacte car le combat est encore loin d’être gagné. Il est dit dans cet article que les américains sont devenus plus sournois concernant leur propre racisme mais ce que nous voyons c’est que des milices du KKK se reforment, que la police a autant de meurtre à son actif depuis des années  et surtout qu’aucun mouvement réellement émancipateur (et pas seulement dire que La Vie des Noirs Comptent) émergent et proposent quelque chose de nouveau dans ce monde de suprématie blanche en convultion.
Relevez-vous et arrêtez de tolérer la condescendance blanche paternaliste qui n’a pour seul but que de se désolidariser des horreurs du passé mais qui lorsqu’on est attaqués de front (Affaires Adama, affaire Théo par exemple) fait le dos rond et à autre chose à faire que de se mobiliser avec nous. Ils ont des privilèges à conserver, c’est bien gentil d’avoir des amis noirs mais il y a un prix au-dessus duquel ils ne peuvent s’investir. Le cas de françois Ruffin avec l’affaire Théo est criant et devrait vous ouvrir les yeux si ce n’est déjà fait. Qu’est-ce qu’on va faire d’eux? Rien. Occupons nous de nous-mêmes. François Xavier Verschave (créateur de Survie et Lyonnais) est l’antithèse de ceux dont on parle. Mais il y en a un par siècle donc n’attendez rien, organisez-vous. S’il fallait encore vous convaincre, lisez Britt Benett…ou attendez un autre meurtre pour vous réveiller vous aussi.
Team OJAL


Je ne sais pas quoi faire des gentils Blancs,
par Brit Bennett,
Editions Autrement, 120 p., 12 euros.

Le principal conseiller de Richard Nixon a admis que « la guerre contre la drogue » était un outil politique pour s’attaquer aux manifestants anti-guerre et aux « noirs »

Nous le savions déjà, car on reconnait un arbre à ses fruits et de nombreuses enquêtes font le point sur cette guerre contre la drogue au USA. La nouveauté c’est d’avoir un accès au témoignage d’un ancien du cabinet de Nixon:  John Ehrlichman; dont les propos ont été publié dans une interview l’anée dernière. Voici l’article en question, proposé pour vous par la team OJAL:

La «guerre contre la drogue» était en fait un outil politique pour écraser les manifestants de gauche et les noirs, un ancien conseiller de la Maison-Blanche Nixon admis dans une interview publiée il y a plusieurs décennies, publiée mardi.John Ehrlichman, qui a servi comme chef de la politique intérieure du président Richard Nixon, a dévoilé l’utilisation sinistre de la politique controversée de son patron dans une interview de 1994 avec le journaliste Dan Baum que l’auteur a revisitée dans un nouvel article.
« Vous voulez savoir de quoi il s’agissait vraiment », a déclaré Ehrlichman, décédé en 1999, après que Baum l’eut interrogé sur les politiques anti-drogues de Nixon.« La campagne de Nixon en 1968, et la Maison Blanche de Nixon par la suite, avaient deux ennemis: la gauche anti-guerre et les Noirs. Vous comprenez ce que je dis, « continua Ehrlichman.«Nous savions que nous ne pouvions pas rendre illégal d’être contre la guerre ou contre les Noirs, mais en faisant en sorte que le public associe les hippies à la marijuana et aux Noirs avec de l’héroïne, nous risquions de perturber ces communautés. Nous pouvions arrêter leurs dirigeants, attaquer leurs maisons, briser leurs réunions et les dénigrer nuit après nuit dans les nouvelles du soir. Savions-nous que nous mentons à propos des drogues? Bien sûr que nous l’avons fait. « 

John D. Ehrlichman (l.), a top adviser to former President Richard Nixon (r.) is seen here in a 1972 photo. Ehrlichman, who died in 1999, admitted that the administration’s "War on Drugs" was actually a ploy to target left-wing protesters and African-Americans.
John D. Ehrlichman (à g.), Un des meilleurs conseillers de l’ancien président Richard Nixon (à droite) est vu ici dans une photo de 1972

Ehrlichman a purgé 18 mois de prison après avoir été reconnu coupable de conspiration et de parjure pour son rôle dans le scandale du Watergate qui a renversé son patron.Le Révérend Al Sharpton a déclaré que les commentaires d’Ehrlichman prouvaient ce que les Noirs avaient cru pendant des décennies.« C’est une confirmation effrayante de ce que beaucoup d’entre nous disent depuis des années. Que c’était une tentative réelle du gouvernement pour diaboliser et criminaliser une race de gens « , a déclaré Sharpton au Daily News. « Et quand nous soulevions les questions sur ce ciblage, nous étions accusés de toutes sortes de choses, d’abriter la criminalité d’être non-américain et d’essayer de politiser une préoccupation légitime. »

En 1971, Nixon a étiqueté l’abus de drogue «Public Enemy No. 1» et a signé la Loi sur la prévention et le contrôle complets de l’abus des drogues, mettant en place plusieurs nouvelles lois réprimant les consommateurs de drogues. Il a également créé la Drug Enforcement Administration.

En 1973, environ 300 000 personnes étaient arrêtées chaque année en vertu de la loi – la majorité d’entre elles étaient afro-américaines.

La guerre contre la drogue a été poursuivie sous diverses formes par tous les présidents depuis, y compris le président Ronald Reagan, dont la femme Nancy a appelé les gens à «dire non».

Les commentaires d’Ehrlichman, âgés de 22 ans, ont refait surface mardi après que Baum ait écrit à leur sujet dans un article de couverture du numéro d’avril de Harper, intitulé «Legalize It All», dans lequel il plaide en faveur de la légalisation des drogues dures.

L’interview originale de 1994 avec Ehrlichman faisait partie des recherches de Baum pour son livre de 1997, «Fumée et miroirs: la guerre contre la drogue et la politique de l’échec», dans lequel Baum a mis au jour des décennies de politique antidrogue infructueuse.

Mais les citations ne sont jamais apparues dans le livre.

NYPD arrests a member of the Black Panthers for refusing to clear a sidewalk during a demonstration.
 

Le NYPD arrête un membre des Black Panthers pour avoir refusé de dégager un trottoir lors d’une manifestation. (Steve Starr / AP)
 
 

   (…) L’interview choquante avec Ehrlichman a plus tard fait surface dans un recueil de 2012 « des histoires sauvages, poignantes, qui changent la vie » de divers auteurs intitulé « The Moment », mais les citations ont reçu peu d’attention des médias.Beaucoup de politiciens ont supposé qu’Ehrlichman, qui allait mourir cinq ans plus tard, a fait les révélations brutales parce qu’il était en colère. Nixon ne lui a jamais pardonné ses offenses liées au Watergate.Sharpton a déclaré que les dommages causés par la guerre contre les politiques cruelles de la drogue ont condamné des générations de Noirs.« Pensez à toutes les vies et à toutes les familles qui ont été ruinées et absolument dévastées uniquement parce qu’elles ont été prises dans un filet racial par les plus hautes sphères du gouvernement. »

Traduit par la Team OJAL

Je suis en train d’élever une fille métisse au Japon, où elle est entourée par des Blackfaces


Je vis à Tokyo, dans une société homogène où 98,5% de la population est japonaise. Ma femme Haruki est japonaise, et ma fille Kantra, âgée de 4 ans, est la seule fille noire de sa classe d’âge préscolaire. Je me souviens quand l’infirmière à domicil japonaise l’a appelée Halle Berry immédiatement après que ma femme lui ait donné naissance.Ils étaient les premiers mots que ma fille a jamais entendu. Quand l’infirmière a senti ma confusion, elle a essayé d’améliorer son commentaire: « Naomi Campbell? »Kantra est née à l’été 2013. En tant que père au foyer, j’ai utilisé les compilations en ligne de Sesame Street pour lui apprendre l’alphabet, les couleurs, les formes et les chiffres en anglais. J’ai pensé à acheter une télévision, mais ma femme m’a expliqué que les programmes de télévision japonais utilisent régulièrement le blackface. Minus regardait la télévision japonaise lorsqu’on visitait mes beaux-parents, je n’y ai jamais prêté beaucoup d’attention.J’ai déménagé au Japon en 2011 et pendant les deux premières années, je ne pouvais pas comprendre si j’étais fou ou si le Japon était comme l’Amérique où, en tant que personne noire, j’avais l’habitude de ressentir la peur blanche et la mise en danger de mon corps.Dans les métros de Tokyo, les usagers ne s’asseyaient pas ou ne se tenaient pas près de moi. Je ne savais pas si j’imaginais une étrange poussée d’anxiété ou si je les rendais mal à l’aise. Les gens garderaient leurs distances, mais ils me regardaient curieusement. Quand je leur faisais un contact visuel, ça leur prenait une minute pour se rendre compte qu’il y avait de la vie derrière les yeux qui les regardaient fixement. Prenant des escalators, faisant la queue dans les épiceries ou les arrêts d’autobus, les femmes agitées attrapaient leurs sacs à main ou se retournaient pour me faire face, comme pour se protéger.Travaillant en tant que professeur d’anglais, les enfants à l’école me disaient que je ressemblais à Bob Sapp. Il est un ancien combattant de MMA qui sort ses yeux de leurs orbites et prétend être une brute dans les spectacles de variétés. Quand j’ai dit à Haruki que mes étudiants me comparaient à Sapp, elle m’a dit: «C’est pourquoi je suis content que nous n’ayons pas de télévision. Ils disent juste ça parce que tu es noir. « Sur les métros et les gares, voir des publicités avec des Japonais en blackface a été comme être effrayé par le boogeyman. « Imagine si Kantra regardait la télé tous les jours et voyait ça? Elle serait terrifiée », a déclaré Haruki.Mais protéger Kantra de la boîte ne l’a pas empêché de voir le blackface.« Papa, qu’est-ce que c’est? » M’a demandé mon fils de 4 ans en novembre dernier. Nous étions debout dans un tunnel de métro, regardant une annonce d’un homme japonais noirci. « Désolé, » lui dit Haruki, en écartant Kantra, « C’est de l’intimidation », dit ma femme. « C’est effrayant », a répondu Kantra.Le panneau publicitaire faisait la promotion de l’émission de télévision japonaise « Chikyu Seifuku Surunante » (陸海空 地球 征服 す る な ん ん て), qui signifie « prendre le monde ».Il s’agissait d’un homme en blackface qui va en Amazonie, rejoint une tribu et ronge la viande d’un os. Pour beaucoup d’enfants japonais, ces images façonnent leur vision des personnes noires réelles.

Ma fille, Kantra

Blackface apprend à Kantra qu’elle est une horrible blague noire. Elle est «effrayante» et ses cheveux bouclés sont «drôles». J’essaie de l’élever pour être fière de sa belle peau de bronze et de son afro brun, mais l’acte en lui-même défie la monoculture japonaise.

Les enfants qui sont à moitié japonais et à moitié autres, ou non japonais, courent le risque d’être conditionnés à se haïr eux-mêmes et à ceux qui les reflètent. Si l’on ne rentre pas dans le cadre collectiviste japonais, même si on est japonais, on est forcés de se conformer au groupe.

 Cela correspond à mon enfance lorsque je grandissait en Amérique blanche, en conflit avec des parents noirs du Sud. Avec la toile de fond des camarades de classe blancs qui me disent qu’ils sont meilleurs parce qu’ils sont blancs, ma famille a toujours enraciné en moi un sentiment de fierté noire.

Je parle à Kantra de la même façon, mais tout ce qui se passe à l’extérieur de chez nous commande une conversation radicalement différente. Même si elle est née et est élevée au Japon, elle n’est pas considérée comme japonaise parce qu’elle n’y ressemble pas. Au début, elle ne comprenait pas pourquoi les enfants ne joueraient pas avec elle. Incapable d’expliquer le racisme à mon tout-petit, je serais frustré. « Oublies ces enfants. Tu n’es pas comme eux, « je dirais. J’aurais pu facilement dire là même chose à ma propre enfance. « Papa n’est pas en colère contre toi. Papa t’aime. Tu es si intrépide. Ne perds jamais ça.Quand je vais chercher et déposer ma fille à l’école, les femmes de ménage japonaises me rappellent que je n’appartiens à leur culture. En me regardant, elles reconnaissent rarement ma présence. Je suis soit invisible, soit ennuyeux. Pour eux, je suis un étranger qui est censé être au travail. Etre un père à la maison est un euphémisme pour «J’assure pas». Ma présence met en évidence les différentes caractéristiques et l’éducation de mon enfant.

Les enfants des mères sont leurs avatars, jouant une version pour enfants qui exclue un étranger, qui est mon enfant. Les mères de terrain de jeu sont les mêmes que les femmes au foyer; elles sont gentilles avec Kantra pour sauver la face de leurs enfants, qui autrement l’intimideraient. Ici, on apprend aux enfants le proverbe japonais: « Le clou qui dépasse est martelé. »Quand Kantra avait 2 ans, elle a couru à un garçon sur le terrain de jeu et lui a demandé de jouer. Le garçon se redressa comme un boxeur et balança son poing qui s’arrêtat à quelques centimètres de son visage souriant. Les enfants s’enfuiyaient d’elle comme si elle était King Kong. « Kowai (effrayant), » dit une fille, agrippant sa mère comme si elle voulait sauver sa vie. «Allons, allons-y,» dit Kantra en tirant le bras de la fille. C’est déchirant de voir son innocence niée.

Presque tous les jours, le message reçu par Kantra était le même: restez à l’écart. Au fil des ans, Kantra a appris à se lier d’amitié avec les mères pour jouer avec leurs enfants. Maintenant, elle est sur le point de terminer sa première année d’école maternelle. Elle ne peut pas rester assise et elle chante constamment. La vie pulse en elle. C’est épuisant pour moi, mais je ne veux pas qu’elle perde ça. À l’école, elle devait trouver sa propre voie. Elle sait déjà qu’elle est différente. « Je suis une fille brune », dit-elle. « Je suis le même que papa, mais différent de maman. »

En plus de moi, l’enseignant de Kantra est la seule autre personne noire avec laquelle Kantra interagit. Bien que nous ayons choisi l’école de Kantra parce qu’elle aurait eu la chance d’être enseignée par une Africaine noire, cela s’avérait difficile. Lors de notre première conférence parents-enseignants, ma femme et moi avons exprimé notre profonde préoccupation pour Kantra étant le seul enfant noir de sa classe. En s’arrêtant pour nous regarder, le professeur a dit: « Nous traitons tous les enfants de la même manière. »Lors d’une deuxième rencontre avec le professeur de Kantra et le directeur de l’école, j’ai essayé d’expliquer que toucher les cheveux de ma fille était une façon de lui dire qu’elle était différente. C’était après que l’école a ignoré notre demande spécifique que nous ne voulions pas que les gens touchent les cheveux de Kantra (y compris les enseignants). « Mais qu’est-ce qui ne va pas avec ses cheveux? C’est trop mignon « , me dit le directeur. Elle a ensuite commencé à atteindre et toucher les cheveux du professeur de Kantra. Embarassé, l’enseignant a esquivé et a dit, « Pas touche. » J’ai reculé et je me suis détourné.Regarder Kantra se développer a encore compliqué ma relation avec ce pays. Dernièrement, Kantra a dit: «Papa, je ne veux pas aller à l’école. Je veux rester à la maison avec toi et maman. »Souvent, à la maison, elle ne veut pas me parler de sa journée. Je ne peux pas comprendre si elle est juste fatiguée ou chancelante d’une expérience troublante.Le matin, je la fais regarder dans le miroir et dire: «Je m’aime. Je suis intelligent. Je suis beau. Je suis fort. »Pour faire face à un environnement hostile, Kantra imite mon comportement. Ma conscience de l’influencer transforme ma rage en un élastique de patience.Après presque sept ans, je me suis habitué au Japon. Les espaces inconfortables sont devenus familiers. J’aime le Japon pour m’avoir donné ma famille. Nous avons une belle vie, et ce pays est magnifique. Mais pour l’amour de Kantra, nous retournons aux États-Unis après que ma femme a obtenu un visa. Elle doit être entourée de plus de gens qui lui ressemblent. Elle a tellement de raisons d’être fière, et elle ne saura jamais vivre ici, où les noirs sont vus exclusivement à travers un filtre japonais.Pour moi, grandissant en Amérique blanche, j’avais au moins des parents noirs, des frères aînés, des grands-parents, des cousins, des oncles et des tantes. Parce que nous vivions dans un code postal majoritairement blanc, mes parents utilisaient l’adresse de ma tante pour m’envoyer dans une école maternelle à majorité noire dans une zone noire en difficulté avec des maisons bien entretenues et colorées, et tout le monde était pareil. Après l’école, je me rendais chez ma tante et cela faisait partie de mes premiers souvenirs, contrastant avec mon quartier à prédominance blanche. L’expérience de Kantra doit encore varier.Je m’inquiète de savoir comment élever Kantra pour qu’elle soit une femme noire forte tout en embrassant le pays d’où elle et sa mère viennent. Au Japon, Kantra sera toujours traité comme une outsider. Peu importe à quel point elle parle japonais. Ici, la chose la plus proche du récit de ma fille est celle d’Ariana Miyamoto, une jeune femme métisse qui était en 2015 Miss Universe Japan. Sa victoire était controversée. La plupart des habitants ne voulaient pas qu’elle les représente. Miyamoto «n’avait pas l’air japonais». C’était peut-être acceptable si Miyamoto était une fille ganguro, l’une des jeunes filles japonaises qui bronzaient leur peau pour imiter les femmes noires.Ces jours-ci, avant de prendre d’assaut la cour de récréation, Kantra se tient sur la pointe des pieds, à la recherche d’enfants qui ont l’air métissés ou non japonais. En les repérant, elle s’élance et ils jouent. Bien que Kantra semble différente de presque tous ses pairs, le Japon est aussi sa maison. Dispersés à travers cette île, il y a une petite population d’enfants comme Kantra.Ma femme et moi sommes impressionnés par la persistance de Kantra. Si elle apprend quelque chose de nous, nous espérons que c’est de l’empathie. Nous ne lui apprenons pas qu’elle est au-dessus de quelqu’un d’autre. Mais quand elle rentre de l’école et dit: «Papa, le noir est différent», je lui dis: «Non bébé, blanc est différent. »

 Un article de Tracy Jones pour le HuffingtonPost
Traduit par la Team OJAL 

 

Jorge Medina, le premier représentant noir élu de la Bolivie

 

Dans le bureau de Jorge Medina, premier afro-bolivien à occuper des fonctions politiques au Parlement bolivien, quatre tableaux sont accrochés à ses murs; Bob Marley, Kunta Kinte du roman d’Alex Haley « Roots », Malcolm X et Martin Luther King.

Il déclare que les tambours relient les descendants africains de toute l’Amérique latine et des Caraïbes avec nos racines au Sénégal, au Congo, en Guinée et en Angola, comme il le dit souvent dans son émission de radio African Roots.

Chaque vendredi, M. Medina utilise son programme de radio pour parler des problèmes affectant la communauté afro-bolivienne.

« Il y a encore de la discrimination, il y a encore du racisme, il y a encore de la xénophobie ici en Bolivie, mais si Barack Obama peut être président des Etats-Unis, pourquoi un Afro ne pourrait-il pas être au parlement ici en Bolivie? «  il demande. « Mais soyons clairs, nous ne sommes pas ici en Bolivie uniquement pour faire danser les gens sur la musique noire, nous sommes là pour faire réfléchir, avoir confiance et considérer les Noirs. » C’est « notre » éveil! « 

C’est lui Jorge Medina, qui a représenté la Bolivie au sein de l’Alliance mondiale des dirigeants et leaders africains et afro-descendants qui s’est tenu en Colombie, du 16 au 18 novembre 2017.

« C’est un honneur de représenter le pays dans un événement qui rassemble les principaux leaders et voix du mouvement africain et afro-descendant dans le monde », a déclaré Medina.

La réunion permettra de construire un agenda multilatéral public-privé et une coopération internationale pour le développement socio-économique dans les territoires avec une population africaine ou afro-descendante.

 


Grand respect à cet homme qui, tout en s’impliquant dans la vie politique de son pays, n’oublie pas d’où il vient et qui il représente. Nous espérons que son élection permettra aux Boliviens de sortir d’une éducation euro-centrée et basée sur la suprématie blanche, afin que toutes les composantes de la nation bolivienne vivent en paix. Nous avons foi, car nous savons que la politique mené par cet Etat de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques est une politique anti-capitaliste et de non-allignement aux intérêts occidentaux. Affaire à suivre …

Sources : jorgemedina.org
              hahorasecreto.blogspot.fr

Traduit par la Team OJAL

Georges Faisans, le Guadeloupéen qui fit trembler la France

Parmi nous, combien connaissent cet homme remarquable, qui grâce à un geste de révolte, réussit à mobiliser la Guadeloupe ?
Avant de devenir ce héros de  » l’Île aux Belles-Eaux », Georges Faisans est d’abord un intellectuel, , un homme de lettre, un professeur. Il est né à Pointe-à-Pitre en 1936, et comme beaucoup de Guadeloupéens de l’époque grandit assez modestement, mais entouré par un environnement familial et baigné d’une culture forte. Très vite, il se destine pour l’enseignement et en 1960, il est professeur en Algérie. Il revient en 1984 et s’engage dans le Mouvement Populaire pour une Guadeloupe Indépendante, une organisation indépendantiste guadeloupéenne. 
 
Drapeau du Mouvement Populaire pour une Guadeloupe Indépendante

L’histoire commence lorsque la même année, un Blanc, collègue professeur de Georges, agresse un élève noir du lycée de Baimbridge. Monsieur Faisans bouillonne et frappe son collègue avec le plat d’un coutelas. Suite à son acte contre un comportement racial, il a été condamné à une durée de trois ans d’emprisonnement et incarcéré ensuite en Guadeloupe. Refusant cette sentence qu’il juge injuste, il entame une grève de la faim le 3 juin 1985 en guise de protestation à l’exclusion raciale des écoliers de couleur noire ainsi qu’à la subjectivité juridique face au racisme. 

 

 

 

Le 25 juin, la décision de son transfère à la prison de Fresnes en France est décidée. Il est alors placé dans le quartier réservé aux grévistes de la faim, où il poursuit son mouvement de protestation. Sa sœur affirma dans les médias qu’il était en train de mourir, cela déclencha de violentes manifestations et blocages dans toute la Guadeloupe aux cris de « Lagé Fézan ! »

 

Le 10 juillet, après plusieurs pressions populaires, le procureur Valère accepte en Guadeloupe la libération de Georges Faisans, décision qui a été refusée par les juges français. Le père Chérubin Céleste, choqué par la décision des juges français, lancé un appel à la masse populaire pour soutenir Georges Faisans. Il participe au blocage de la rue Frébault avec plusieurs militants du Mouvement Populaire pour la Guadeloupe Indépendante tels que Djota, Gaston, Awadou Woz wojé et Marigwadlouop. Le 20 juillet 1985, le MPGI organise plusieurs rencontres et protestations, qui mènent à un déclenchement d’une grève de faim collective devant le Centre des Arts, comme action de soutien de la cause de Georges Faisans et cela avec la participation de plusieurs personnes populaires comme Aline Bolle, Francine Lande Claude de Vipart, Marigwadlouo.

 

Des affrontements sévères entre les manifestants et les forces de l’ordre vont avoir lieu un peu partout : des blocages de circulation sont érigés aux sorties de Pointe-à-Pite et sur d’autres routes. Le 24 juillet, la situation n’est plus contrôlable : Du 25 au 29 juillet 1985, se déclenche  » les Cinq Jours » : cinq jour de manifestations et de grèves totales et devant le risque d’instabilité voir de guerre civile, le gouvernement français décide de libérer Georges Faisans le 29 juillet 1985, après une période de 56 jours de grève de la faim.

 
Après ces événements, Georges décide de s’éloigner de la France et part au Burkina où il est reçu par le président Sankara. Cela peut rappeller l’histoire d’un Geronimo Pratt qui lui après son incarcération est parti vivre en Tanzanie. Georges Faisans est alors considéré comme le père nationaliste par ses soutiens, encore aujourd’hui considéré comme étant le père des « mouvements pauvres » et initiateur actif de la « Théologie de la libération ».
 
 
Il reviendra en France en 1995 où il décédera la même année. 
 
Que la mémoire de Georges Faisans et des autres combattants de la liberté de la Guadeloupe reste vive parmi la jeunesse guadeloupéenne! 
 
Team OJAL 
 
 

Les bébés seraient-ils communautaristes? Oui d’après les chercheurs!

Les chercheurs constatent que les bébés sont plus à l’aise autour des gens de leur même communauté

 

Selon des études, les nourrissons de moins de 6 mois peuvent faire preuve de partialité en faveur de la « race » dans laquelle ils sont nés. (Photo par JGI / Jamie Grill / Images de mélange / Getty Images)

 
Les bébés dont les parents ne parviennent pas à les présenter à une variété de personnes de différentes origines raciales et ethniques au début de la vie risquent de développer des préjugés envers ceux qui ne leur ressemblent pas, de nouvelles études le suggèrent. 

Des chercheurs de l’Université de Toronto et de l’Institut d’études pédagogiques de l’Ontario ont découvert que les nourrissons de 6 mois et moins peuvent manifester des préjugés en faveur de la « race » dans laquelle ils sont nés. En raison de l’exposition accablante aux personnes de leur propre « race » (communauté?) pendant leurs premiers mois dans le monde, les jeunes bébés développent naturellement le favoritisme envers les personnes qui leur ressemblent tout en développant un inconfort profond pour ceux qui sont différents. 

 

Une des deux études a révélé que les bébés plus âgés (6-9 mois) associent des visages de personnes de leur propre communauté avec de la musique joyeuse et des personnes de différentes communauté avec de la musique triste. Dans la deuxième étude, les chercheurs ont appris que les nourrissons ont tendance à se fier davantage aux signaux de leur communauté d’apprentissage qu’à ceux d’une communauté différente. 

« Les résultats de ces études sont significatifs pour plusieurs raisons« , a déclaré le professeur Kang Lee, titulaire d’une chaire de recherche du Canada de niveau 1 et auteur principal des études. « Les résultats montrent que le l’imaginaire fondé sur la race existe déjà autour de la deuxième moitié de la première année d’un enfant. Cela remet en question l’opinion populaire selon laquelle les préjugés fondés sur la race n’apparaissent que durant les années préscolaires. « 

 

Le Professeur Kang Lee

 
Lee déclare que les résultats étaient également importants car ils offraient un aperçu plus approfondi sur comment et pourquoi les préjugés raciaux se développent, et comment empêcher qu’un préjugé ne se développe avant qu’il ne devienne un véritable problème. En outre, les chercheurs ont soutenu que les résultats sont en grande partie indicatifs de la façon dont nos environnements sociaux peuvent nous conditionner pour démontrer le biais racial. 

« Si nous pouvons identifier le point de départ du préjugé racial, ce que nous avons pu faire ici, nous pouvons commencer à trouver des moyens de prévenir les préjugés raciaux », a déclaré Lee.

Naiqi (Gabriel) Xiao, co-auteur des deux études, a fait écho à l’argument de Lee, ajoutant que le biais racial n’est pas toujours causé par des expériences négatives. 

« Quand nous considérons les raison pour lesquelles quelqu’un a un préjugé racial, nous pensons souvent aux expériences négatives qu’il ou elle peut avoir eu avec des individus d’une autre race », a déclaré Xiao. « Mais, ces résultats suggèrent qu’un biais basé sur la race émerge sans expérience avec les individus d’autres races. » 

Alors, comment les parents empêchent-ils leurs enfants de développer de tels préjugés? Pour les chercheurs, la solution est simple: les exposer à des personnes de races différentes. Bien que cela ne soit pas une solution immédiate, c’est un début pour réduire l’impact de biais implicite sur nos vies quotidiennes. 

« Les préjugés raciaux implicites ont tendance à être subconscients, pernicieux et insidieux, imprégnant presque toutes nos interactions sociales, de l’amitié à la santé, aux rencontres, à l’emploi et à la politique, aux interactions entre un client et un vendeur ». « Pour cette raison, il est très important d’étudier d’où viennent ces types de biais et d’utiliser cette information pour essayer d’empêcher les préjugés raciaux de se développer. »

Source : AtlantaBlackStar.com
Traduit par la Team OJAL 

 

La lecture de livres est une clé majeure du succès. Voici comment vous en faites une habitude

Je l’ai dit plusieurs fois: lire des livres est une clé majeure du succès. Les méga-riches et réussis comme Bill Gates et Elon Musk consacrent des quantités extraordinaires de leur temps à la lecture. Musk attribue même ses connaissances sur la façon de construire des fusées à son répertoire de lecture, et des études ont prouvé que la lecture peut réduire le stress, augmenter la concentration et améliorer la mémoire à long et à court terme.

 

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Les avantages de la flexion de vos muscles de lecture sont claires. Mais la lecture prend du temps et, en tant que professionnel chevronné, il est presque impossible de trouver le temps de lire et de rester suffisamment concentré pour tirer parti des avantages lorsque les délais commencent à s’accumuler.
Heureusement, les experts de Harvard Business Review (ainsi que quelques autres) ont découvert quelques trucs et astuces pour vous assurer non seulement de faire de la lecture une habitude quotidienne, mais aussi d’augmenter radicalement la quantité de lecture et les bénéfices .

Lisez la suite pour sept façons pratiques de continuer à améliorer vos habitudes de lecture au fil du temps:

1. Acceptez que vous pouvez quitter 

Parfois, je commence un livre, seulement pour constater que je ne l’apprécie pas vraiment ou que je n’y trouve pas beaucoup de sens – mais je vais de toute façon «pouvoir», parce que je ne veux pas être un lâcheur. Gretchen Rubin, auteur du best-seller The Happiness Project et experte des habitudes chez Harvard Business Review, a trouvé que cette mentalité style «les gagnants ne quittent pas» ne fonctionnera probablement pas pour votre habitude de lecture.
Comme Rubin l’a dit, quitter une lecture tôt vous donne plus de temps pour lire de bons livres! Moins de temps à lire des livres par obligation. « Pensez-y de cette façon – environ 50 000 livres sont publiés chaque année. Pourquoi passer du temps avec des livres que vous n’aimez pas vraiment? Si finalement vous n’appréciez pas un roman, libérez-vous de la culpabilité et mettez-le de côté. »

 

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2. Il y a des minutes cachées partout 

Stephen King, qui attribue la lecture à une grande partie de son incroyable succès en tant qu’auteur, aurait dit aux gens de lire environ cinq heures par jour s’ils veulent suivre ses traces.
En tant qu’entrepreneur à court de temps, j’ai d’abord ri de cette notion. C’est jusqu’à ce que HBR a souligné combien de fois King lit réellement sur le pouce, ou à l’extérieur de sa maison. Prenez toutes les fois qu’il a été repéré lire aux jeux Red Sox, par exemple.
Pour le passant moyen, il peut sembler fou de sortir un livre au Fenway Park. Mais s’ils savaient que la même habitude aidait King à vendre plus de 350 millions de livres, ils pourraient être enclins à apporter un livre de poche la prochaine fois.
Comme l’a dit Parisha, « il y a des minutes cachées dans tous les coins de la journée, et ils ajoutent beaucoup de minutes. » Je ne dis pas que vous devriez sortir un roman à la cérémonie de mariage de votre soeur, mais il y a des opportunités de lire presque partout.

3. Gardez le calme 

La science montre que le fait de partager vos intentions avec d’autres lorsque vous travaillez sur une tâche ou un objectif peut se retourner contre vous et vous rendre moins susceptible de réussir. Une étude de 2009 a révélé que lorsque les étudiants qui voulaient devenir psychologues rédigeaient des activités qui les aideraient à atteindre cet objectif et les partageaient avec l’expérimentateur, ils étaient moins susceptibles de réaliser ces activités. Le groupe de contrôle qui n’a pas partagé la liste des activités prévues avec l’expérimentateur a passé beaucoup plus de temps à poursuivre ces activités. Lorsque les gens partagent leur objectif, ils se sentent moins motivés à travailler dur. Donc, si vous vous engagez à lire plus de livres, exprimez votre but et vos démarches pour y arriver – même écrivez-le – mais gardez-le pour vous.

4. Limiter les distractions

Neil Pasricha a fait cela dans sa maison en bannissant la télé au sous-sol et en plaçant l’étagère devant et au centre. Selon HBR, Pasricha s’est inspiré de la fameuse expérience «cookie aux pépites de chocolat et radis» du psychologue Roy Baumeister. Les sujets testés affamés ont été invités à compléter un long casse-tête, et certains n’ont reçu aucune nourriture, tandis que d’autres ont reçu des biscuits (et on leur a dit de ne pas les manger). Sans surprise, le groupe des cookies a cédé le plus tôt – ils étaient le groupe qui avait passé toute sa volonté à rester loin des biscuits.

 

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5. Lire des livres physiques 

Le même conseil sur la limitation des distractions peut être appliqué de manière importante pour favoriser les livres physiques par rapport aux e-lecteurs. Avoir une pièce de lecture tangible dans votre main – au lieu d’un appareil connecté à Internet où vous pouvez également consulter votre courriel ou consulter des recettes sur Pinterest – peut limiter la distraction et la volonté nécessaire. Mais limiter les distractions n’est qu’une des raisons de favoriser les livres physiques plutôt que les romans électroniques. À une époque où tous nos canaux de
divertissement et professionnels passent à l’écran, il est bon de rafraîchir le cerveau pour tenir un livre physique dans votre main

6. Changez votre état d’esprit

Le stratège des médias et auteur, Ryan Holiday, souligne que changer la façon dont vous pensez de la lecture est la clé pour lire davantage. « Vous devez cesser de penser à cela comme ‘une activité que vous faites’ … [elle] doit devenir aussi naturel que de manger et de respirer pour vous. Ce n’est pas quelque chose que vous faites parce que vous en ressentez le besoin, mais parce que c’est un réflexe, un défaut », dit-il.
Pour le succès, un rêve n’est pas atteint en délibérant comment l’atteindre, mais plutôt c’est un désir spécifique, bien conçu qui arrive toujours. Vous pouvez le faire aujourd’hui en transformant vos habitudes de lecture en objectifs précis et urgents, et en les plaçant tous les jours au sommet de votre liste de priorités.

7. Trouver des listes organisées

La fatigue de la décision est une chose très réelle, et elle peut ronger votre volonté en essayant d’adopter de nouvelles habitudes comme la lecture. L’effort écrasant de passer au crible des milliers de nouveaux livres chaque année peut ronger votre pouvoir mental avant de lire une page – et c’est pourquoi HBR vous recommande de trouver des listes de livres organisées. Heureusement, les méga-bosses comme Bill Gates et Mark Zuckerberg n’hésitent pas à partager leurs listes de lecture. Avec quelques minutes de recherche Google, vous pouvez suivre les habitudes de lecture des grands. Peut-être que nous ne pouvons pas tous lire 500 pages par jour comme Warren Buffett, ou finir 50 livres par an comme Bill Gates. Mais vous pouvez vous engager à utiliser ces conseils pour lire plus de livres cette année, améliorer votre capacité à absorber l’information et bénéficier des avantages scientifiques que la lecture peut apporter. Cette pièce est apparue à l’origine à La Mission.

Se souvenir de ce que l’activiste panafricaniste Walter Rodney a fait pour les Noirs.

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Walter RodneyWalter Anthony Rodney était un intellectuel, un enseignant et un activiste pendant les années 1960 et 1970. Sa vie et son travail ont une importance majeure pour ceux d’entre nous qui se soucient de la justice sociale et de la libération des Noirs aujourd’hui. Rodney incarnait les dimensions transnationales de la lutte noire et brandissait une critique acerbe de la suprématie blanche. Ses recherches sur les liens entre le colonialisme, l’esclavage et le capitalisme ont éclairé des générations de personnes qui se sont engagées à comprendre l’inégalité et à la combattre. Son analyse de classe tranchante de la société l’a contraint à appeler les leaders noirs qui ont participé à l’exploitation et à mobiliser les mouvements racistes des travailleurs. Enfin, son engagement dans des interventions dans les idées et les actions signifiait qu’il mettait sa vie en danger au service d’une population habilitée, avant son assassinat en 1980 en Guyane (son lieu de naissance). A cause de qui il était et de ses contributions, il n’a pas été oublié. Des événements et des symposiums ont eu lieu partout dans le monde, notamment à Atlanta, en Géorgie, aux États-Unis; Dar es Salaam, Tanzanie; Georgetown, Guyana; et Montréal, Canada. Cette année, nous honorons ce qui aurait été son 75e anniversaire.

L’influence de Rodney a traversé le globe. Cet article présente brièvement certains de ses travaux en Jamaïque, en Tanzanie, aux États-Unis et au Guyana. En Jamaïque, il a enseigné à l’Université des Indes occidentales et dans certaines des régions les plus pauvres du pays, notamment les Rastafaris et l’adoption d’une version caribéenne de Black Power. En Tanzanie, il a enseigné au Collège universitaire de Dar es-Salaam en 1967-1968 et de nouveau de 1970 à 1974. La Tanzanie était un foyer de mouvements de libération africains, et Rodney travaillait assidûment avec ceux qui luttaient pour libérer le continent de l’impérialisme.

 

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Aux États-Unis, il a participé à l’Institut du Monde Noir, fondé à Atlanta en 1969 sous la direction de l’historien et théologien Vincent Harding. Les participants à l’IBW se sont décrits comme une «communauté d’érudits noirs, d’artistes, d’enseignants et d’organisateurs» vouée à «une nouvelle compréhension du passé, du présent et de la condition future des peuples d’ascendance africaine.» Au milieu et à la fin des années 1970 Rodney a vécu au Guyana, travaillant sans relâche pour réunir les deux principaux groupes ethniques (personnes d’ascendance africaine et indienne), mobilisant les travailleurs dans un mouvement pour le «pain et la justice». Il a aidé à développer une coalition multiraciale qui, en 1979, s’est transformée en un parti politique, l’Alliance des travailleurs. Rodney serait tué pour ces efforts pour démocratiser le pays et se battre pour la justice économique.

Le biographe politique Rupert Lewis décrit la trajectoire intellectuelle de Rodney comme «antillais, panafricaniste et marxiste». Avec des préoccupations tels que la traite négrière atlantique et la révolution russe, la gamme intellectuelle de Rodney est remarquable. Durant ses premières années, Rodney fut encadré par plusieurs penseurs caribéens importants, dont l’historienne guyanaise Elsa Goveia à l’Université des Indes occidentales à Mona et, plus tard, par Selma James et C. L. R. James dans un groupe d’étude marxiste à Londres.

À l’âge de 24 ans, Rodney a obtenu son doctorat en histoire de l’École des études orientales et africaines de l’Université de Londres sous la direction de Richard Gray, en parlant de l’histoire de la côte de la Haute Guinée. Guinée et Guinée-Bissau) de 1545 à 1800. Son séjour en Tanzanie a finalement consolidé son rôle de panafricaniste. Il a enseigné l’histoire africaine au Collège universitaire de Dar es-Salaam pendant un peu moins d’un an avant de retourner en Jamaïque, mais la Tanzanie n’en avait pas fini avec lui.


Walter Rodney en Jamaïque

Rodney est retourné en Jamaïque en 1968 pour prendre position en tant que conférencier à l’UWI, enseignant l’histoire africaine. Là, il a été attiré par les plus marginalisés de la société et a fait une série de discours qui sont devenus la brochure politique « Groundings with My Brothers ». La fin des années 1960 a été un moment fertile pour le  Black Power dans les Caraïbes. En octobre 1968, le premier ministre Hugh Shearer du Parti travailliste jamaïcain a refusé à Rodney l’entrée en Jamaïque à son retour d’une conférence d’écrivains noirs au Canada. Shearer croyait que Rodney devait être banni parce qu’il représentait une menace pour la sécurité de l’État jamaïcain. L’État avait déjà interdit les écrits des défenseurs de Black Power, tels que Malcolm X et Stokely Carmichael, mais l’expulsion de Rodney avait provoqué des soulèvements de la part des étudiants et des citadins pauvres, près desquels Rodney s’était engagé politiquement. Les «émeutes de Rodney», comme on les appelait, représentaient une explosion de colère contre les conditions économiques désastreuses, le colorisme et l’expression des sentiments nationalistes noirs qui poussaient en Jamaïque. La vision de Rodney de Black Power en Jamaïque prônait une rupture avec l’impérialisme, le pouvoir pour les masses de Noirs (par opposition à une petite élite), et une refonte culturelle de la société. Rodney a suggéré que la Jamaïque n’avait pas de gouvernement noir. Il a souligné que les structures du pouvoir étaient blanches et que les personnes non blanches étaient «noires» – «les centaines de millions de personnes dont les terres sont en Asie et en Afrique, avec quelques autres millions dans les Amériques.» Il est important de noter que sa définition de «noir» incluait les Sud-Asiatiques des Caraïbes dont les ancêtres étaient venus en Amérique comme travail sous contrat. Cette définition flexible de la négritude fondée sur les classes lui a permis de construire avec les peuples indo-caribéens; à bien des égards, cette vision éclairerait la Révolution Black Power qui a eu lieu à Trinidad en 1970.

Révolution africaine en Tanzanie.

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Rodney est retourné en Tanzanie en 1968, prêt à s’engager dans la nouvelle vision pour l’Afrique. En 1960, année de l’Afrique, 16 pays ont accédé à l’indépendance. En 1961, Tanganyika a rejoint l’Afrique indépendante avec Julius Nyere à la barre. La Tanzanie a été formée en 1964, fusionnant Tanganyika et Zanzibar, avec Nyere comme président. La vision de Nyere pour la Tanzanie a été exprimée dans la Déclaration d’Arusha, une vision socialiste africaine pour l’autosuffisance. Rodney a choisi la Tanzanie en raison de son potentiel révolutionnaire à l’époque, la considérant comme un lieu où il pourrait apporter sa contribution et où les mouvements de libération en Afrique, dans les Caraïbes et aux États-Unis se sont rencontrés.

À Dar es-Salaam, Rodney a influencé une génération d’étudiants qui se sont engagés à réfléchir aux défis rencontrés localement et sur le continent en général. Il s’est engagé à décoloniser l’éducation et à écrire l’histoire tanzanienne d’un point de vue tanzanien d’une manière qui tienne compte des conditions locales et des distinctions de classe. Il a travaillé à la création de programmes d’études supérieures en histoire africaine, au développement d’une association d’enseignants en histoire et à l’émergence d’un esprit de débat politique sur le campus et au-delà. Il était un enseignant populaire et a participé à des débats sur le rôle de l’université dans la révolution africaine, le besoin de gouvernance démocratique, et comment recréer une société basée sur les besoins des masses.
À l’âge de 30 ans, en 1972, Rodney publie l’un de ses ouvrages les plus connus, «How Europe Underdeveloped Africa». Ce livre examine l’impact destructeur de l’esclavage et du colonialisme sur le continent et la manière dont ces forces contribuent paradoxalement au développement de l’Europe. En juin 1974, le sixième congrès panafricain s’est tenu en Tanzanie. Rodney n’a pas pu y assister, mais il a fait circuler un document controversé, «Vers le sixième congrès panafricain: Aspects de la lutte internationale de classe en Afrique, dans les Caraïbes et en Amérique», qui a été largement discuté. L’essai a mis en évidence les contradictions entre le nationalisme qui renforçait les frontières coloniales et le panafricanisme. Il a plaidé pour l’importance de représenter les mouvements de libération, pas simplement les chefs d’État. En outre, il a émis une critique cinglante de ceux qui ont conduit les États nouvellement indépendants d’une manière qui reproduisait les divisions et l’exploitation économique du colonialisme et du capitalisme moderne. Il a souligné les contradictions de classe qui affecteraient le congrès – le premier à se tenir en Afrique – si les organisateurs n’étaient pas vigilants dans la lutte contre la sur-représentation des gouvernements des États et si la libération et les mouvements populaires n’étaient pas là pour se représenter.

Rodney et l’Institut du Monde Noir (IBW): Race et Classe 

Plus tard en 1974, Rodney s’est rendu à Atlanta pour soutenir le travail de l’Institut du Monde Noir en tant que conférencier et co-coordinateur de leur symposium de recherche d’été. Le symposium de 1974 comprenait des conférences publiques, un volet de recherche de six semaines sur «La structure sociale et la lutte noire» et une conférence de trois jours pour tracer les orientations futures du Mouvement pour la liberté noire. L’historien Derrick White, auteur du livre « Le défi de la noirceur: l’Institut du monde noir et l’activisme politique dans les années 1970 », a soutenu que l’IBW était un groupe de réflexion activiste qui cherchait à établir un consensus entre les différentes luttes y compris le nationalisme noir, le marxisme et l’intégrationnisme. La Convention nationale des Noirs de 1972 (largement organisée par le Congrès des peuples africains) a attiré plus de 10 000 personnes de tout le pays. Les participants à la convention ont élaboré un «agenda noir» complet. Les militants du mouvement en viendraient à croire que certains politiciens qui ont participé ont trahi ce programme, enflammant un débat idéologique qui a intensifié les fractures dans la lutte noire américaine.

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Walter Rodney avecCheddi Jagan

Comme le démontre White, au cours des années 1970, les débats idéologiques dans le Black Freedom Movement ont souvent porté sur la race versus la classe et le socialisme contre le nationalisme noir. Ces débats idéologiques étaient également internationaux, car ils ont tourmenté le Sixième Congrès panafricain. Pour Rodney, la classe et la race étaient des catégories critiques d’analyse. Pour l’IBW dans ses tentatives d’unité à la lutte aux États-Unis et de soutien à la lutte des Noirs à l’étranger, l’économie politique était un ingrédient nécessaire à leurs analyses. Rodney – qui avait critiqué le leadership néo-colonial noir et compris profondément l’impact de la suprématie blanche et du capitalisme sur les communautés du monde entier – les a soutenus dans leur vision de tracer une nouvelle analyse à travers leur symposium de 1974. White soutient que les discussions et les conférences de Rodney ont aidé l’IBW à «élargir sa compréhension d’une économie politique racialisée».


Walter Rodney rentre à la maison en Guyane 

1974 serait aussi l’année où Rodney est rentré en Guyane. Il s’est vu refuser un emploi à l’Université du Guyana pour des raisons politiques. Il a finalement rejoint la Working Peoples Alliance, une organisation socialiste multiraciale collective. En 1979, le WPA est passé d’une alliance de plusieurs organisations à un parti politique, s’efforçant de fournir une alternative aux deux principaux partis politiques tout en se concentrant sur le travail anti-polarisation et l’éducation politique soutenue. Les organisateurs, y compris des personnalités comme Eusi Kwayana, Rupert Roopnarine et Andaiye, ont contesté les pratiques corrompues du gouvernement du Congrès national du peuple et sa politique d’intimidation tout en essayant de modeler leur vision pour la société guyanaise. Rodney a aidé à mobiliser un mouvement populaire multiracial qui a défié le gouvernement de Forbes Burnham et s’est battu pour «le pain et la justice». Ce mouvement était particulièrement important parce que les élections frauduleuses avaient permis à la PNC de maintenir le pouvoir pendant des décennies.

Les militants de l’opposition ont souvent été arrêtés et certains ont même été enlevés ou assassinés. Ils se sont battus pour le « pain » en raison de la pénurie de produits alimentaires de base et des circonstances économiques difficiles qui ont frappé les Guyanais. Peut-être le plus important, la WPA et ses alliés ont lancé un défi à la politique ethnique polarisée qui a tourmenté le pays et a abouti à des émeutes raciales entre les populations d’ascendance africaine et sud-asiatique pendant les années 1960. Rodney a joué un rôle crucial dans la lutte politique au Guyana, attirant un large public des deux groupes ethniques et s’adressant à un large éventail de personnes, notamment les travailleurs de la bauxite, les travailleurs du sucre, les étudiants, les fonctionnaires et les pauvres. Il a su inspirer ceux qui se sentaient désenchantés. Pendant ces moments, souvent sous la contrainte, Rodney a mené la recherche et a écrit son travail qui serait publié à titre posthume, « Une Histoire des Travailleurs Guyanais, 1885-1905 ». Une histoire sociale de la Guyane britannique, le livre explore l’économie politique du pays, le rôle et les luttes des travailleurs dans le développement national, les contraintes auxquelles ils sont confrontés, et comment ils ont contesté les systèmes conçus pour les contrôler.

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Pas seulement un leader

Bien que charismatique, Rodney a rejeté le concept du leader charismatique unique. Il était profondément et résolument engagé dans un leadership démocratique et centré sur le groupe. Dans un de ses discours sur le travail de la Working Peoples Alliance, il a déclaré: «Nous avons évité de nous concentrer sur une seule direction. C’est-à-dire qu’une personnalité, considérée comme le chef de file, devient le centre d’attention et, à n’en pas douter, devient le chef de file dans le style bien connu dans certains pays du tiers monde. Nous rejetons cela. Et nous pensons que, par principe, cela ne représente pas vraiment le plein développement des personnes dans n’importe quelle société.  » Dans un autre commentaire, il a maintenu ses idéaux: «Nous ne voyons vraiment pas la nécessité de suggérer au peuple guyanais qu’un seul individu, ou même une poignée de personnes, tiennent le destin du pays entre leurs mains.» Il a vécu dans le «nous « plutôt que le » je « et croyait que tout le monde pouvait contribuer à construire des sociétés plus justes.

Pouvoir populaire 

Dans un discours intitulé «Nous allons de l’avant», Rodney a noté que «la révolution est faite par des gens ordinaires, et non par des anges, mais elle est faite par des gens de tous les niveaux de la vie. -la rue. Il a écouté attentivement et a appris des communautés qu’il a engagées, souvent les personnes que l’État considérait comme des personnes qui se livraient au vol ou qui étaient importantes seulement à cause de leur travail. Leurs luttes et leurs compréhensions du monde ont joué un rôle dans son développement intellectuel et politique. Ils ont également fait de lui un croyant convaincu que les gens ordinaires pourraient fondamentalement changer leurs sociétés.

Affronter la peur

Finalement, Rodney nous a rappelé à tous de constamment affronter la peur. Dans « The Struggle Goes On », Rodney a soutenu « il faut être prêt à prendre position contre le mal et l’injustice dans la société. … Pendant trop longtemps notre nature a été vaincue par la peur; une peur justifiée. C’est vrai qu’il y a une peur de perdre des emplois. … La peur que vos enfants pourraient être victimisés et ainsi de suite. Mais il doit y avoir un point où les gens se rendent compte que même cette peur doit être surmontée. Il doit être surmonté par une nouvelle résolution parce qu’à long terme, ce n’est pas simplement que vous et moi nous battons dans des batailles individuelles. Le sens dans lequel nous pouvons nous battre dans une bataille collective est beaucoup plus important. »Il est clair qu’il est capable de parler de la peur des gens de contester le gouvernement et de s’attaquer aux problèmes omniprésents de la société. Il affronterait ses craintes à plusieurs reprises, surtout plus tard dans la vie, parce que la Working Peoples Alliance était une cible gouvernementale, et Burnham à l’époque avait ouvertement menacé la vie de Rodney. Le travail de Rodney avec le WPA mènerait finalement à son assassinat.

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Sur la mort de Rodney

Dans la soirée du 13 juin 1980, Walter Rodney était assis dans une voiture en stationnement avec son frère, Donald Rodney. Un talkie-walkie a explosé sur ses genoux et tragiquement mis fin à sa vie. Son frère a survécu, subissant des blessures mineures. L’appareil avait été construit et remis à Rodney par Gregory Smith, un expert en électronique et sergent de marine dans la Force de défense du Guyana que Rodney croyait être un allié. Peu de temps après la mort de Rodney, Smith, sa petite amie et leurs enfants, ont été sortis du pays dans un avion de l’armée.

En 2014, le gouvernement du Guyana a lancé une commission d’enquête sur la mort de Walter Rodney, 34 ans plus tard. Alors que la commission devint assez controversée, en 2016, elle compléta son rapport, concluant ce que beaucoup savaient déjà: l’assassinat de Rodney fut exécuté avec «le plein soutien, la participation et l’encouragement» de l’État, de la police et de l’armée guyanaises. Le rapport conclut: « Il n’aurait pu être tué que dans ce que nous considérons être un assassinat organisé par l’État, avec la connaissance du Premier ministre Burnham au Guyana de cette période ».

Son meurtre a laissé Patricia Rodney – sa femme depuis 15 ans qui avait lutté aux côtés de lui à travers le monde – une mère célibataire de trois enfants – Shaka, Kanini et Asha. Dans son témoignage devant la commission, elle a expliqué que sa famille avait subi tant de surveillance et de harcèlement qu’elle a dû rester avec sa famille, ses amis et dans des maisons sûres pour se protéger. Elle a témoigné que son mari s’était engagé à renforcer la solidarité entre les habitants du Guyana et a estimé qu’ils ne devraient pas céder à la peur et à l’intimidation. Cet engagement profond lui avait coûté la vie.


Walter Rodney: un intellectuel révolutionnaire

« Je pensais que le fait d’être un intellectuel révolutionnaire pourrait être un objectif auquel on pourrait aspirer, car il n’y avait sûrement pas de raison de rester dans le monde académique … et en même temps de ne pas être révolutionnaire. » Walter Rodney

Rodney passa sa vie à examiner le système capitaliste international et la formation des classes; en soulignant les façons dont la suprématie blanche a fonctionné; reconnaissant les défis auxquels les sociétés nouvellement indépendantes ont été confrontées et les luttes pour la souveraineté; la confrontation à la subordination collective dans laquelle les Noirs se sont retrouvés à l’échelle mondiale et la réalité des visages noirs et bruns qui menaient des régimes qui militaient directement contre les intérêts de leur peuple; et affirmer l’importance de la race et de la classe comme catégories d’analyse et, surtout, comme bases de l’organisation.

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À l’heure actuelle, aux États-Unis, les médias dominants mettent souvent les problèmes de classe en opposition avec les questions de race en matière de politique. Des gens comme Walter Rodney nous rappellent que la race et la classe sont fondamentalement interconnectées. Sa vie et son travail nous rappellent que nous devons prêter attention à une Afrique continentale vivante et changeante, reconnaître les interconnexions à travers la diaspora, que nous devons affronter nos peurs et participer collectivement aux luttes pour la justice.

Vous voulez en savoir plus? Si vous voulez en savoir plus, lisez quelques-uns de ses travaux, notamment «How Europe Underdeveloped Africa» ou «History of Guyanese Working People, 1881-1905». La Walter Rodney Foundation, fondée par sa famille en 2006 et basée à Atlanta, Géorgie, organise des événements en son honneur et organise une série de projets d’héritage. Sa famille a également fait don de ses papiers aux Archives et à la collection spéciale de la bibliothèque Robert W. Woodruff du Centre universitaire d’Atlanta. Cette vaste collection de ses écrits comprend également quelques bandes sonores de ses discours. Une biographie classique est la «Pensée intellectuelle et politique de Walter Rodney» de Rupert Lewis, et il y a quelques années, Clairmont Chung a édité un volume d’interviews intitulé «Walter A. Rodney: une promesse de révolution.

Nicole Burrowes est professeure adjointe au Département d’études sur la diaspora africaine et africaine de l’Université du Texas à Austin.

traduit par la Team Elimu

50 ans avant la protestation de l’hymne national de Colin Kaepernick, Walter Beach III a contesté le racisme dans la NFL

Les protestations actuelles de la NFL, lancées par l’ancien quart-arrière des 49ers de San Francisco, Colin Kaepernick, ont amené des comparaisons avec les militants noirs des années 1960. Le champion des poids lourds Muhammad Ali et d’innombrables autres titans sportifs ont sacrifié leur carrière professionnelle, leur sécurité financière et leur sécurité personnelle pour soutenir les Afrodescendants contre le racisme. Alors que Kaepernick a déjà passé un cap dans son activisme en lançant des programmes pour les jeunes inspirés des Black Panthers, rappelons nous de que plus de cinquante ans avant qu’il ne se mette à genoux pendant l’hymne national, Walter Beach III a fait ce sacrifice.

Lors d’un sommet à Cleveland en 1967, Walter Beach III s’est joint à d’autres athlètes noirs pour soutenir le refus de Muhammad Ali d’être recruté par l’armée américaine et de servir dans la guerre du Vietnam. Le casting des athlètes inclus (dans le sens des aiguilles d’une montre à partir de la première rangée à gauche) Bill Russell, Muhammad Ali, Jim Brown, Lew Alcindor; (rangée arrière) Carl Stokes, Walter Beach III, Bobby Mitchell, Sid Williams, Curtis McClinton, Willie Davis, Jim Shorter et John Wooten. (Getty Images, Robert Abbott Sengstacke)


L’arrière défensif Beach, champion de la NFL 1964 des Cleveland Browns,  dit que sa famille lui a montré et a transmis le courage requis pour soutenir la justice et défendre les Afrodescendants. Il rappel fièrement que son grand père aurait porté une arme à feu pour que sa femme Ola puisse marcher sur le trottoir, défiant les codes racistes qui exigeaient que les piétons noirs traversent dans la boue.


Cet héritage culturel a exigé que Beach refuse d’accommoder le racisme pour le plaisir de jouer au ballon professionnel. En 1962, il a officiellement défié la politique d’hébergement distincte et inégale des Patriots de Boston, qui a insisté pour que les joueurs noirs reçoivent des hôtels de mauvaise qualité et éloignés. Contrairement à un logement égal, Beach dit que la franchise qui est devenue les New England Patriots de Tom Brady lui a donné « un billet d’avion et un per diem et l’a envoyé chez lui ».

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Inébranlable, Beach reste attaché à l’art du football et à l’esprit de résistance. La saison suivante, il a rejoint le running back du Hall of Fame et activiste à vie Jim Brown, à Cleveland, et le club a remporté la couronne un an plus tard. Comme Kaepernick, Beach a été presque chassé du championnat.

 Un demi-siècle après Walter Beach III, l’ancien quart-arrière de San Francisco Colin Kaepernick continue d’être exclu de la NFL. (Facebook)

Le propriétaire des Browns, Art Modell, qui, quelques années plus tard, s’est enfui avec l’équipe à Baltimore, a modélisé les idéaux de plantation conçus pour maintenir le pouvoir blanc. Réminiscence des esclaves Noirs qui ont été délibérément maintenus analphabètes sous peine de mort, Beach mis en péril sa carrière de footballer en lisant ouvertement « Message to the Blackman in America ». Selon Beach, Modell l’a très mal pris et à placé « Message » de Elijah Muhammad sur la liste des livres interdits.

En parlant avec Atlanta Black Star, Beach a dit qu’il a dit à son patron: « Un homme ne peut pas dire à un autre homme quoi lire. … Si tu ne veux pas de moi dans cette équipe de football, rends-moi mon billet d’avion. Ne pensez jamais que vous me possédez et vous pouvez me dire quoi lire. Et bien sûr, c’était la fin de cette discussion. « 

Jim Brown, le meilleur joueur de la ligue, a protégé son ami et son coéquipier contre les actes punitifs de Modell. Mais Brown, lui aussi, se heurta à des propriétaires blancs, et il se retira brusquement après la saison 1965. Avec son allié des touch downs absent, Beach a duré une saison avant d’être viré des Browns et n’a jamais été employé pour jouer à nouveau en tant que footballer professionnel.  

En 1971, Walter Beach III a poursuivi les Cleveland Browns et la National Football League pour avoir refusé à tort son emploi. La star du gridiron à la retraite voit un parallèle avec sa carrière de footballeur et l’exilé Kaepernick. Il pense que le quarterback reste banni pour illustrer que les propriétaires blancs maintiennent la domination sur la ligue à prédominance noire.

Beach a dit à Atlanta Black Star que les opérations quotidiennes du racisme sont exposées dans la façon dont le message de Kaepernick a été diminué alors même que l’agenouillement se propage. « Tout le mouvement a été détourné. Kaepernick parlait de la brutalité policière. Kaepernick a dit, je suis debout parce que je m’oppose à ce que les jeunes hommes et femmes noirs soient assassinés par la police et vous n’avez pas entendu parler de cela. Ils parlent du Premier Amendement, de la Constitution, des anciens combattants. «  Semblable à Jim Brown et la légende de baseball Jackie Robinson, Beach a servi dans l’armée avant sa carrière sportive pro. Même après quatre ans dans l’armée de l’air des États-Unis, Beach rejette fermement les affirmations selon lesquelles le déclin de l’hymne national décriait les militaires.

Affichant une constance remarquable, Beach a pris la même position il y a cinquante ans, face à un jeune prizefighter qui a refusé d’être drafté pour la guerre du Vietnam. En 1967, Muhammad Ali s’est réuni avec Jim Brown, les icônes de basket-ball Bill Russell et Kareem Abdul-Jabbar et un petit groupe d’autres athlètes noirs dont Walter Beach III. Le refus d’Ali de voyager à travers le monde pour combattre des gens qui ne m’ont jamais appelé «nègre» a résonné avec des générations de Noirs, y compris Beach, qui ne pouvaient pas dire que ses camarades de l’Air Force blanche avaient le même record sur les insultes raciales.

Depuis la mort d’Ali l’année dernière, Beach dit qu’il est très mécontent de l’hypocrisie et de l’adoration feinte pour le prodige de boxe et ancien élève d’Elijah Muhammad. Beach, maintenant âgé de 84 ans, insiste « Les Blancs n’ont pas été impressionnés par Ali. Tous les membres du Congrès et les sénateurs qui sont allés à l’enterrement et toutes ces personnes qui parlaient de ce grand homme qu’il était en 1968, ce n’était pas leur position. Il était un nationaliste noir, militant, musulman et ils ne l’aimaient pas. « 

Témoins des décennies d’athlètes noirs transformés et éliminés par l’amusement sportif  Beach se senti obligé d’avertir les sportifs d’ancrer leur estime de soi au-delà du terrain de jeu. « Si vous êtes avec les Warriors, ou avec Cleveland, ou avec les Rams, le football est ce que vous faites. Ce n’est pas qui vous êtes. Le football est ce que j’ai fait, mais ce n’est pas qui je suis. «   

L’auteur et le champion de la NFL a répondu à beaucoup de questions lui demandant s’il aurait changé de comportement s’il avait gagné les millions de dollars que les athlètes d’aujourd’hui obtiennent. Beach est revenue une nouvelle fois à la famille. Son père, Walter Beach Jr., a souvent rappelé à son fils: «Vous faites de l’argent, l’argent ne vous fait pas». Il espère que davantage de Noirs développeront le courage de vivre leurs valeurs, même si cela coûte cher. 


Gus T. Renegade accueille le programme radiophonique « The Context of White Supremacy », une plateforme conçue pour disséquer et contrer le racisme. Pendant près d’une décennie, il a interviewé et étudié des auteurs, des cinéastes et des universitaires du monde entier.

Traduit par la Team OJAL,
Source: Atlantablackstar